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Tome XVIII.
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c'est pour cela qu'en parlant d'un hommeexact: dans les plus petites choses, on ditqu’il met les points fur les i.

Les Imprimeurs appellent ï tréma , celuifur lequel on met deux points disposes ho-riíontalement : quelques Grammairiensdonnent à ces deux points le nom de dié-rèse ; Sc j’approuverois assez cette déno-mination , qui ferviroit à bien caractéri-ser un signe orthographique , lequel sup-pose effectivement une séparation, unedivision entre deux voyelles ; -se eujurif ,dh'ifio , de <f taipía , divido. Il y a deuxcas où il faut mettre la diérèse sur unevoyelle. Le premier est, quand il faut ladétacher d’une voyelle précédente , aveclaquelle elle feroit une diphtongue sanscette marque de séparation : ainsi il fautécrire Laïs , Moïje , avec la diérèse, afinque son ne prononce pas comme dans lesmots laid, moine.

Le second cas est , quand on veut indi-quer que la voyelle précédente n’est pointmuette comme elle a coutume de hêtre enpareille position , & qu'elle doit se faireentendre avant celle où Ion met les deuxpoints : ainsi il faut écrire aiguille , contigui-té, Guise (ville) avec diérèse, afinqu’on lesprononce autrement que les mots anguille ,guidé , guise , fantaisie.

Il y a quelques auteurs qui se serventde Yï tréma dans les mots où l'usage le plusuniversel a destiné l’y à tenir la place dedeux ii : c'est un abus qui peut occasion-ner une mauvaise prononciation ; car si aulieu d’écrire payer , envoyer , moyen , ontciit paier , envoïer , moïen , un lecteurcronsequent peut prononcer pa-ïer , envo-ïer,zno-ïen ) de meme que l’on prononce pa-ïen , a-ieux.

C’est encore un abus de la diérèse quede la mettre siïl' un / à la suite d’un eaccentué , parce que l’accent suffit alorspour faire détacher les deux voyelles ;ainsi il faut écrire , athéisme , réintégra-tion , déifié, & non pas athéisme, réinté-gration , dé.fie.

Notre orthographe affiqettit encore lalettre ì à bien d’autres usages , qu e l a rai-son mên e veut que l'on suive, quoiqu’elleïes desiq prouve comme inconsequens.í°. Dans la diphtongue oculaire A1 3

ï

on n’entend le son d'aucune des deuxvoyelles que l’on y voit.

Quelquefois ai se prononce de mêmeque l’e muet ; comme dans faisant , nousfaisons , que l’on prononce fefant , nousfesons : il y a même quelques auteurs quiécrivent ces mots avec l’e muet, de mê-me que je ferai , nous ferions. S’il s’écar-tent en cela de l'étymologie latine facere ,ÔC de l’analogie des temps qui conserventai , comme faire , fait , vous faites , Lee.ils se rapprochent de l’analógie dé ceuxoù l’on a adopté universellement l’e muet,& de la vraie prononciation.

D’autres fois ai se prononce de mêmeque l’e ferme ; comme dans \adorai , jecommençai , adorerai , je commencerai, &les autres temps semblables de nos verbesen er.

Dans d’autres mots , ai tient la placed’un è peu ouvert ; comme dans les motsplaire , faire , affaire, contraire , vainement ,&c en général par-tout où la voyelle de lasyllabe suivante est un e muet.

Ailleurs ai représente un é fort ouvert ;comme dans les mots dais , faix , mais ,paix , palais , portraits , souhaits, Au reste,il est très-difficile, pour ne pas dire imposesible , d’établir des régies générales deprononciation , parce que la même diph-thongue, dans des cas tout-à-fait sembla-bles , se prononce diversement : on pro-nonce je fais, comme je (es ; & \e jais 3comme j efés.

Dans le mot douairière , on prononce aicomme a , douarière.

C’est encore à-peu-près le son de l’e plusou moins ouvert, que représente la diph-thongue oculaire ai , Ionique suivie d’unem ou d’une n , elle doit devenir nasale ;comme dans faim , pain , ainji, mainte-nant , &CC.

2 °. La diphtongue oculaire EI est à-peu-près asiujettie au même uíàge queAI, si ce n’est qu’elle ne représente ja-mais l’e muet. Mais elle se prononce quel-quefois de même que Yé fermé ; comme

dans veiné , peiner , seigneur , & tout au-tre mot où la syllabe qui suit ei n’a paspour voyelle un e muet. D’autres fois eise rend par un è peu ouvert, comme dansveine , peine , enseigne , di tout autre moî