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Tome XVIII.
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les dieux infernaux , Pluton , Proserpi-ne ; ceux de la mer , comme The'tis ,Amphitrite , les Néréides , Glaucus ; puisles Driades , les Naïades, les dieux desjardins , ceux des bergers. 11 y en avoirpour chaque profession , pour chaqueaction de la vie , pour les enfans , pourles filles nubiles , pour les mariées , pourles accouchées ; on eut le dieu _Pet. Ondivinisa enfin les empereurs : ni ces em-pereurs , ni le dieu Pet , ni la deeíie I er-tunda , ni Priape , ni Rumilia la deessedes tetons , ni Stercutius le dieu de lagarde-robe , ne surent à la vérité regardéscomme les maîtres du ciel & de la terre.Les empereurs eurent quelquefois destemples ; les petits dieux Pénates n’eneurent point ; mais tous eurent leurfigure , leur idole.

Côtoient de petits magots dont on or-nait son cabinet ; c’étoient les amusemensdes vieilles femmes & des enfans , quin’étoient autorisés par aucun culte public.On laissoit agir à son gré la superstition dechaque particulier : on retrouve encoreces petites idoles dans les ruines des an-ciennes villes.

Si personne ne fait quand les hommescommencerent â fe faire des idoles , on faitqu’tlies sont de l’antiqulté la plus haute ;Tharé pere d’Abraham en faisoit à Ur enChaldée : Rachel déroba & emporta lesidoles de son beau-pere Laban ; on ne peutremonter plus haut.

Mais quelle notion précise avoient lesanciennes nations de tous ces simulacres ?Quelle vertu , quelle puifiance leur attri-buoit-on ? Croira-t-on que les dieux def-cendoient du ciel pour venir sc cacherdans ces statues ? ou qu’ils leur commu-rfquoient une partie de lefprit divin? ouqu’ils ne leur communiquoient rien dutout ? C’est encore fur quoi on a tres-inu-tilement écrit ; il est clair cjue chaquehomme en jugeoit selon le degre de faraison , ou de fa crédulité, cu de son fa-natisme. II est évident que les prêtres atta-choient le plus de divinité qu’ils pouvoientà leurs statues , pour s’attirer plus d’of-frandes ; on fait que les Philosophes dé-testoient ces superstitions ; que les guer-riers s’en mocquoient : que les magistrats

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les toléroient, & que le peuple toujouráabsurde ne savoir ce qu’il faisoit : c’est enpeu de mots l’histoire de toutes les na-tions à qui Dieu ne s’est pas fait connoître.

On peut sc faire la même idée du culteque toute TEgypte rendit à un bœuf , &que plusieurs villes rendirent à un chien ,à un singe , à un chat, à des oignons. Il ya grande apparence que ce furent d’aborddes emblèmes : ensuite un certain bœufApis, un certain chien nommé Anubïs ,furent adorés. On mangea toujours dubœuf &des oignons; mais il est difficile desavoir ce que pensoient les vieilles fem-mes d’Egypte , des oignons sacrés & desbœufs.

Les idoles parlòient assez souvent : onfaisoient commémoration à Rome le jourde la fête de Cyhele , des belles parolesque la statue avoir prononcées lorfqu’onen fit la translation du palais du roiAttale :

Jpfa petî velui , ne fìt mora , tiûtte volentcm »Dignus Roma hais quo deus omnis eat.

» J’ai voulu qu’on m’enlevât, emme-v nez-moi vite ; Rome est digne que» tout dieu s’y établisse

La statue de la fortune avoir parlé ; lesScipions , les Cicérons , les Césars à lavérité n en croyoient rien ; mais la vieille àqui Encolpe donna un écu pour acheterdes oies & des dieux, pouvoir fort bienle croire.

Les idoles rendoient austì des oracles »& les prêtres cachés dans le creux des sta-tues parlòient au nom de la divinité.

Comment, au milieu de tant de dieux,& de tant de théogonies différentes & decultes particuliers , n’y eut-il jamais deguerre de religion chez les peuples nommésidolâtres ? Cette paix fut un bien qui na-quit d’un mal de Terreur méme : car cha-que nation reconnaissant plusieurs dieuxmffricurs , trouvoit bon que ses voisinsciment atifTi les leurs. Si vous exceptezCambise , 2 . tjui on reproche d’avoir tuéle beeuf Apis , on ne volt dans l’histoireprofane aucun conquérant qui ait maltraitéles dieux d’un peuple vaincu. Les Gentilsn’avoient aucune religion exclusive ; &les prêtres ne songèrent qu’à multiplier lesçí£:andes & bs sacrifices»