Band 
Tome XVIII.
Seite
187
JPEG-Download
 

ÎBO

Les premieres offrandes fureht desfraies ; bientôt après il fallut des animauxpour la cable des prêtres ; ils les égor-geoient eux-mêmes ; ils devinrent bou-chers & cruels : enfin , ils introduisirentl’uíage horrible de sacrifier des victimeshumaines , & fur-tout des enfans & desjeunes filles. Jamais les Chinois, ni lesPerses , ni les Indiens, ne furent coupa-bles de ces abominations ; mais à Hélio-polis en Egypte , au rapport de Porphire ,on immola des hommes. Dans la Taurideon sacrifioit les étrangers : heureusementles prêtres de la Tauride ne dévoient pasavoir beaucoup de pratiques. Les premiersGrecs , les Cipriots, les Phœniciens , lesTyriens , les Carthaginois , eurent cettesuperstition abominable. Les Romainseux-mêmes tomberont dans ce crime dereligion ; & Plutarque rapporte qu’ils im-molèrent deux Grecs & deux Gaulois ,pour expier les galanteries de trois vesta-les. Procope , contemporain du roi desFrancs Théodebet , dit que les Francsimmolèrent des hommes quand ils entre-rent en Italie avec ce prince : les Gaulois,les Germains, faifoient communément deces affreux sacrifices.

On ne peut guere lire l’histoire , fansconcevoir de l’horreur pour le genre hu-main. íl est vrai que chez les Juifs Jephtésacrifia sa fille , & que Saul fut prêt d’im-moîer son fils. II est vrai que ceux quiétoient voués au Seigneur par anathème ,ne pouvoient être rachetés , ainsi qu’onrachetoit les bêtes, & qu’il falloit qu’ilspéristènt : mais Dieu qui a créé les hom-mes , peut leur ôter la vie quand il veut ,& comme il le veut : & ce n’est pas auxhommes á se mettre à la place du maîtrede la vie & de la mort , & à usurper lesdroits de l’Etre suprême.

. Pour consoler le genre humain de l’hor-rible tableau de ces pieux sacrilèges , il estImportant de savoir que chez presque tou-tes les nations nommées idolâtres , il yavoit la Théologie sacrée , & Terreur po-pulaire ; le culte secret, & les cérémoniespubliques ; la religion des sages, & celledu vulgaire. On n’enfiignoit qu’un seulDieu aux initiés dans les mystères ; il n’y '* M’à jetter les yeux fur Thymus attri-

r d o 187

bus à Orphée , qifon chantent dans lesmystères de Gérés Eîeusine , fi célébrésen Europe & en Asie.

" Contemple la nature divine , illumine" ton esprit , gouverne ton cœur , mar—» che dans la voie de la justice ' que lew Jjieu d u ciel & de la terre soit toujours» présent à tes yeux. II est unique , iln existe seul par lui-même ; tous les êtres» tiennent de lui leur existence ; il J e »n soutient tous ; il n’a jamais été vu des

yeux mortels, & il voit toutes choses,».

Qu’on lise encore ce paílage du philo-sophe Maxime de Madaure , dans fa lettreà saint Augustin. “ Quel homme aster>, grossier , aílez stupide , pour douter,» qu’il soit un Dieu suprême , éternel,,, infini i & qui n’a rien engendré de sem-» blable à lui-même , & qui est le pers,, commun de toutes choses » ? II y amille témoignages que les sages abhorraientnon-feulement T idolâtrie , mais encore iepolythéisme.

Epictete, ce modeîe de résignation &de patience , cet homme si grand dans unecondition si baise , ne parle jamais qued’un seul Dieu : voici une de ses maxi-mes. « Dieu m’a créé , Dieu est au-dedans« de moi ; je le porte par-tout ; pourrois-« je le souiller par des pensées obscènes ,n par des actions injustes, par d’infâmes» désirs ? Mon devoir est de remercier» Dieu de tout , de le louer de tout, &» de ne cesser de le bénir qu’en cessant de» vivre n. Toutes les idées d’Epicteteroulent fur ce principe.

Marc-Aurele , auísi grand peut-être sucle trône de Tempire romain qu’Epictetedans T esclavage , parle souvent à la véritédes dieux , soit pour se conformer au lan-gage reçu , soit pour exprimer des efresmitoyens entre TEtre suprême & les hom-mes. Mais en combien d’endioits ne fait-ilpas voir qu’il ne reconnoit qu un Dieuéternel , infini? Psotre ante , dit-il, ej? uneeniiittíitìon de la divinité ; nies enf tns , nsottcor çs , mes esprits viennent de Dieu.

Les Stoïciens , les Platoniciens admet—raient une nature divine & universelle -les Epicuriens la nioient : les pontifes neparloient que d un seul Dieu dans les myt-teres ; ou étoient donc les idolâtres ?

A a t