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ves incursions en Catalogne. La Sardaigneagitée demandoit du secours ; la Siciledroit toujours exposée aux fureurs de laguerre • la reine Violante gouvernoit sousle nom’ de son époux , & celui-ci plusempressé de jouir des plaisirs qui! pouvoitprendre qu’ambitieux de régner , écoutoitíes remontrances des états, & leur répon-doit de la maniéré la plus honnête & laplus satisfaisante ; estimoit, protégeoit,avançoit ceux qui lui parloient avec le plusde force & de vérité des devoirs & desfonctions de la royauté ; ne vouloit mé-contenter personne , mais aussi ne vouloitfe priver d’aucun de ses plaisirs : celui quiavoit pour lui le plus d'attraits, étoit lachasse , & il lui fut fatal ; un jour qu’il s’ylivroit avec ardeur , il tomba de cheval,& fa chute fut si cruelle, qu’il en mourutíe 19 mai i zy; , dans la neuvieme annéede son régné & la quarante-cinquieme deion âge. Les éditeurs du Dictionnaire. deJlloreri , toujours profondément instruits,& toujours fort prompts à juger, disent,fur la foi d’un historien , imhoff, quepersonne ne consulte , & d’un autre histo-rien , Zurita, que personne ne croit, quela fòibleíTe de Jean I le rendit méprisableâ ses sujets , & que les premieres années deson régné furent remplies de séditions &de troubles. Ces deux assertions font deuxerreurs : il n’est pas vrai que les premieresannées du régné de ce Prince aient été trou-blées par aucune sédition , par aucun sou-lèvement ; & Jean , si l’on en excepte lesadhérens & les complices de la reine Sy-bille , n’eut ni rebelles à poursuivre , nitraîtres à punir. II est plus faux encore queJean 1 se soit rendu méprisable à ses su-jets : ils l’aimerent , le chérirent & ferme-rent les yeux fur son extrême confiancepour Violante son épouse. Quand on veutjuger les rois d’Espagne , je pense que ced'après Imhoff, ni d’après Zuritaqu’il faut íe décider ; je ne voudrois pasmême toujours prononcer d’après Mariana.{L. C.)
Jeam II , roi d’Aragon , ( Histoiref Espagne. ) Supposez à un miles vertusjes plus éminentes , les plus brillantes qua-1 S û tOUS * es ta ^ ens de !'esprit , l’ame laplus belle , le coeur le plus magnanime \
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fupposez-le équitable , courageux , libé-ral , magnifique , plein de valeur dans lescombats , doux , bienfaisant , aimabledans la societe. Avec toutes ces grandes &rares qualités, ne lui supposez qu’un dé-faut , une foiblesse , un penchant irré-sistible pour les femmes , & trop d’atta-chement à celles pour lesquelles il s ’estune fois déclaré ; dês-lors ce roi, modelsde toutes les perfections humaines, courtgrand risque de ne plus être qu’un princemalheureux, si même il est possible qu’ilne devienne pas un médiocre ou méchantroi, injuste , efféminé , avare , dur, som-bre & inaccessible. Ainsi le plus petitnuage peut obscurcir Ie soleil le plus ra-dieux. En effet, il est bien difficile qu’unroi , quelqu’cclairé qu’il soit, ait la forcede résister ou de rejettes perpétuellementles conseils imprudens ou intéressés d’unemaîtresse qui l’enchaîne , qui régné fur sessens & son ame avec plus d’empire qu’ilne régné lui-même fur ses peuples. II meparoît bien mal-aisé de se défendre perpé-tuellement , & toujours avec succès, desinspirations d’une maîtresse idolâtrée. Ilsfont donnés avec tant d’art ces dangereuxconseils ; ils font donnés & répétés dansdes momens si doux , si enchanteurs ;limante qui íes donne paroît si désinté-ressée , animée de tant de bonne foi, ins-pirée elle-méme par* de si bons motifs ,qu’on croiroit fe manquer à soi-même ,que de ne pas les suivre ; & s’ils font écou-tés & suivis , que devient ce roi sage ,courageux , bienfaisant , libéral , juste ,doux ? Que deviendra l’état lui-même ? Aquelle cause le souverain trop crédule &trop confiant attribuera-t-il les revers qu Aéprouvera ? Et à quelle autre cause qu’a ionaveugle complaisance pour la f eine ' ean ~ne , & pour ses maîtresses qui e trom-poient ? Jean II put-il rapporter les mal-heurs de son régné , Ies troubles qui agitè-rent ses états, Ies disgrâces qu u éprouvalui-mérne , Ies injustices qu 11 six ^ quoi—qu’il sot par caractère & par principe le plusjuste des hommes ? Il étoit couraseux &en Plus d’une occasion il lut surpris ítLmeme de manquer de fermeté : il aimoica verser des bienfaits , &, fans le ■soir,.il refusa plus d’une sois de réc
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