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Tome XVIII.
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penser des services : il étoit gai, & iltomba souvent dans la mélancolie. II suivittrop les conseils de ses maîtreíîès ; il écou-ta ses favoris , & fut trop facile à prendreles impressions qu’iîs lui donneront. Sansces fbibleíïès , qui eurent des fuites fâ-cheuses , il eut été un bon roi , & digneà tous égards de P estime, du respect & del’amour de ses sujets, t ils de Ferdinand ,infant de Castille, roi d’Aragon, & de donaLeonore d’Albuquerque , ii etoit fort jeu-ne encore, lorsque son peie 1 ayant pi o-mis en mariage à Jeanne , reine de Na-ples , & signé même le contrat, le fitpasser en Sicile : mais Jeanne, impatiented’attendre, avoit épousé Jacques de Bour-bon , comte de la Marche , lorsque I’in-fant don Juan arriva en Sicile. Mécontensde cette alliance, les Napolitains offrirentà Ferdinand de prendre les armes en fa-veur de son fils ; mais ce roi sage leur fitrépondre qu’íl avoit aster de couronnes,&c que son fils étoit trop heureux d’avoirmanqué d’époufer une reine auffi incons-tante. L’insant , auífi peu sensible que sonpere à la légèreté de Jeanne, resta en Si-cile jusques après la mort de Ferdinand :mais alors Alphonse V , son frere , roid’Aragon , le rappella , dans la crainte queles Siciliens , nation turbulente & avide derévolutions, ne voulussent le mettre fur letrône. Jean revint k la cour de son frere ,& peu de te m s après, en 1419 , il épousadona Blanche , reine douairière de Sicile& héritière du royaume de Navarre. Ellene tarda que peu d’années à jouir de sesdroits, & don Carlos le noble étant mort,Jean monta fur le trône de Navarre , où|I íe fit aimer de ses sujets, autant que lespuissances étrangères l’estimerent par fajustice & le craignirent par se valeur. Lepremier acte de royauté qu u exerça, tutde se rendre médiateur entre le roi A-ragon , son frere, & celui de Castille,prêts à se faire une cruelle guerre. Lans afuite , & lorsque par ses soins il fut parve-nu à rendre ses états fíoristàns, il accom-pagna le roi Alphonse V, son frere , dans^entreprise de la conquête du royaume deNaples , ou il se signala par sa valeur au-tant que par la prudence & futilité desqooseilsqu’il donna, Lt qui fureqt suivis,

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Ce fut encore lui qui, toujours rémplì dczele pour les intérêts du conquérant, vintde Naples en Espagne , annoncer aux étatsd’Aragon assemblés, les succès éclatans des,armes de leur souverain. D’Aragon ilpastàen Castille , où d’importantes affaires leretinrent. Ce fur pendant les troubles qu*agitèrent ce royaume , & auxquels le rojde Navarre prit peut-être trop de part ,contre les avis d’Alphonse, que mourut laréine Blanche , son épouse , dont il avoiteu trois enfans, don Carlos , prince deViane ; Blanche , qui fut mariée à Hen-ri IV , roi de Castille , & qui en fut sé-parée par l’impuiflànce de ion époux ; &Eíéonore , qui dans la fuite fut appellée autrône de Navarre. La mort de la reineBlanche fur une source de malheur pourses enfans , & de chagrin pour Jean , quiayant épousé en secondes noces JeanneHenriquez , filledel’amirantede Castille;& ne se conduisant plus que d’après lessuggestions de cette femme ambitieuse ,méchante & cruelle marâtre , écouta sesodieuses dénonciations ; & d’après ses ca-lomnies , traita don Carlos , son fils, avectant de rigueur , que les Navarrois soule-vés prirent les armes , & voulurent le for-cer à remettre le sceptre à don Carlos ,qui avoit, à la vérité , les droits les plusincontestables à la couronne du chef de famere , & en qualité de petit—fils de Char-les III, surnommé le noble. Jean , toujoursanimé par fa perfide épouse , en usa plussévèrement encore ; & le prince de Via-ne , violemment persécuté , prit les armes,moins dans la vue de détrôner son pere ,qu’il ne cessa jamais de respecter , que pourle soustraire aux fureurs de son implacablemarâtre. La Navarre étoit divisée entre lepere & le fils ; chacun d’eux étoit à latête d’une armée nombreuse , impatientede combattre : la guerre civile éclata , dé-chira le royaume , dura long-tems , futmalheureuse pour don Carlos , qui tombaau pouvoir de son pere , & fut , à l’insti-gation de Pinflexible Jeanne , renfermésdans une obscure prison , d’où, après avoirlangui pendant quelques années, il se retiraà Naples , dans l’espérance de trouver au-près d’Alphonse V , son oncle, un reposqu’il eut ey và> cherché 3 la cour de fa»