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Tome XVIII.
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alloic boulverser Pétât, lorsque îa reine,après avoir pris les plus criminelles pré-cautions, changeant de ton, parut s’in-térelï'er au prince de Viane , conjura sonépoux de le mettre en liberté,& même de ledéclarer son succeííeur. Jean 11 n’eût pointhaï son fils, s’il n’eût point eu la foibleíí'ed’épouser les paillons de la reine, il renditla liberté à son fils , qui mourut ; commeJeanne l’avoit prévu , peu de jours âpresson élargissement à Barcelone, âpres avoirínííitué par son testament dona Blanche, íasœur , héritière du royaume de Navarre ;testament qui fut auíli fatal à Blanche ,que les prétentions de don Carlos avoientété funestes à lui-même , & qui exposadona Blanche à la haine & aux noirceursde la reine d’Aragon. En effet, le princede Viane eut à peine les yeux fermés,que son impatiente marâtre engagea lesétats de Catalogne à reconnoître son filsdon Ferdinand pour légitime successeurde Jean 11 , & à lui prêter serment. Lespeuples n’eurenc point la facilité des états.»ls se soulevèrent, & la révolte devintgénérale par les tracasseries de Jeanne,qui irrita contr’elle la noblesse, en pro-tégeant les vasseaux contre les seigneurs.La révolte devint íi violente, & la haineque l’on avoir pour Jeanne étoit fi forte ,que cette reine craignant pour fa vie,prit la fuite , & elle s’enferma avec donFerdinand son fils à Gironne , où bien-tôt les mécontens allerent Paisiéget. JeanII , secouru par la France , fit lever cefiege , & délivra son épouse, qui, peu sa-tisfaite de la mort de don Carlos , avoitagi avec tant d’art & de succès contre lasœur, & l’héritiere de ce prince, donaBlanche que le roi d’Aragon , effrayé descomplots dont fa fille rtoit accusée, l’avoitfait arrêter, & la faisant conduire au-delà des Pyrénées, l’avoitlivreeau comte& à la comtestè de Foix, ses deux pluscruels ennemis. Accablée des maux queíes persécuteurs lui íaisoient souffrir. Blan-che écrivit au roi de Castille , implora saprotection, & lui offrit, s’il vouloir ladélivrer de son affreuse prison , de lui cé-der ses droits fur le royaume de Navarre.Jeanne, informée de cette offre , s’excita4 de nouvelles atrocités, Elso fit transie-

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rer dona Blanche au cnâteau de Béam ;ou , après deux annees dc tourmens, cetteinfortunée princesse mourut de poison.Jean lí, qui ne fe doutoit point de ceshorreurs, & qui regardoit fa criminelleépouse comme la plus douce & la plusvertueuse des sommes , ne concevoir pasles motifs de la haine des Catalans, deleur soulèvement, du refus qu’ils faifoientde fe soumettre , de la guerre qu’ils sou-tenoient pour fe rendre indépendans : cen croie cependant point à l’indépendancequ ils aspiroient ; mais déterminés âne jamais rentrer sous le joug de la cruelleJeanne, ils offrirent leur principauté au roide Cahille, qu’ils proclamèrent à Barce-lone ; & qui , de concert avec le roi d’A-ragon, s’en étant rapporté à la décisiondu roi de France , fe désista de ses droitsà cette principauté , d’après l’arrêt du roide France , qui prononça que celui deCastille renonceroit à cette souveraineté.Alors les Catalans appellerent don Pedre,infant de Portugal, & la guerre fe rani-ma plus vivement que jamais. Don Pedremourut, institua don Juan héritier de laprincipauté de Catalogne , & les troublescontinuèrent avec la plus grande violence.Jean II fit les plus grands efforts pour sou-mettre les habitans de cette souveraineté, &il y fut merveilleusement secondé par sonépouse, qui, s’étant embarquée avec sestroupes , alla assiéger Rocès, & comman-da í’armée avec toute l’intelligence Sc.toute l’autorité d’un général accoutuméau tumulte des armes , exercé dès l’en-fànce dans Part meurtrier des combats.Epuisée cependant de fatigue , elle allase reposer à Tarragon , ou , après unelongue maladie , elle mourut, à la grandesatisfaction des peuples. On assure que dé-*vorée de remords pendant fa maladie ,elle répétoit fans cesse : Ab ! mon filsFerdinand , çue tu coûtes cher í ta mere !Et en effet, l’ambition de placer son filsfur le trône, lui avoit coûté bien des crimes.Quelques historiens assurent que dans lespremiers jours de fa maladie , ayant avouéqu’elle avoit eu part à la mort du princefie Viane , Jean 11 , saisi d’Iiorreur , &connoifiànt alors toutes les injustices qu’iîavoit faites par ses conseils & ses délations,

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