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f abhorra & ne voulut plus la voir. 11 re-connut bientôt que c’etoit elle que lespeuples détestoientcar ía mort^ mit nnà tous les troubles , à tous les méconten-temens qui jusqu’alors avoient agite sonrégné. Mais elle ne mit pas fin à toutesîes fautes du roi qui se livra dans lafuite auífi aveuglement à s amour deses maîtresses, qu’il s’étoit lai fie dominerpar la reine. Les Catalans persistèrent dansleur révolté ; & ce ne fut qu’aprês avoirperdu Gironne & presque toutes leurstroupes , qui furent mastàcrés dans unebataille , où l’armée aragonoise remportaune éclatante victoire que la Catalogneentiere se fournit, à Pexception de Barce-lone , qui assiégée par mer & par terre ,& réduite aux dernieres extrémités, re-fusoit encore de se rendre. Jean II , pé-nétré lui-même de la situation des ha-bitans de cette ville, leur écrivit une lettreremplie de douceur , de tendresse, & parlaquelle il leur offroit non-seulement d’ou-blier le passé, mais de confirmer tous leursdroits, leurs privilèges , & de conserver àchacun des citoyens ses biens & ses dignités.Désarmés par tant de preuves de bonté ,les Barcelonois se rendirent par capitula-tion ; & le roi d’Aragon , pour étouffertoute étincelle de mécontentement, voulutbien consentir à reconnoître qu’ils avoienteu de justes raisons de prendre les armes >& à pardonner à tous les habitans : il fitson entrée dans la ville, & dès le lende-main il confirma leurs privilèges, ainsiqu’il l’avoit promis. Pendant que les Bar-celonois cher choient à se soustraire á lacouronne d’Aragon, les habitans de Per-pignan & d’Elne tentoient de s’afïranchirde la domination françoise , pour se re-mettre sous Pobéisiànce du roi d’Aragon ;& dans cette vue , ils maslacrerent lagarnison françoise. Louis XI assembla unepu-fiante armée pour châtier sévèrementles auteurs de ce mastàcre. Jean II serendit à Perpignan, fit rétablir les ancien-nes fortifications , & en fit faire de nou-velles. Les préparatifs de la France & Gcrainte de la vengeance de Louis XI, cons-ternèrent les habitans de Perpignan , quela présence de leur nouveau souverain nepouvoir rallùrer. Jean II les assembla dansorne XVIIL
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P église cathédrale , & leur dit que con-noistant comme eux le prince qu’ils avoientoffensé , ils n’avoient d’autre moyen d’é-viter fa colere, que celui d’opposor à sesforces la plus vigoureuse défense ; quequant à lui, il leur prométroit & juroit dene point les abandonner pendant la duréedu siégé : ce siégé ne tarda point à êtreformé. Perpignan fut investi par l’arméefrançoise , sous les ordres de Philippe ,comte de Bresse. Les Catalans^, soumisdepuis si peu de tems au roi d Aragon ,parurent les plus empressés a secourir leursouverain ; ils prirent les armes, prierentdon Ferdinand de venir se mettre a leurtête, & se mirent en campagne au nombrede vingt-cinq mille. L’armée des astiégeansétoit de quarante mille hommes ; mais JeanII défendit Perpignan avec tant de valeur,& il fut si bien secondé , qu’obligés delever le siégé , les François étoient déjatrès-affoiblis , lorsque don Ferdinand,suivi de l’armée catalane , passa les Pyré-nées , & marcha au secours de son pere.Le fiege étoit levé alors » & les Françoisse retiroient, don Ferdinand les harceladans leur retraite , & affoiblit encore plusleur armée. Louis XI, irrité contre sesgénéraux , renforça de dix mille hommescette armée , & renvoya pour la secondefois assiéger Perpignan. Jean II étoit enco-re dans cette place , & les attaques fu-rent si vives, que le roi d’Aragon , crai-gnant de succomber , eut recours à unstratagème fur lequel il ne comptoir quelisiblement, & qui pourtant lui réuffit.11 fit répandre parmi les astiégeans la nou-velle du soulèvement Lc de la réunion detoutes les places qu’ils avoient laissées furleur route & dans le voisinage. Ce fauxbruit s’accrédita & allarma fi fore les ran-cois, que, dans la crainte/etre investiseux-mêmes sous les murs de Perpignanils leverentle siégé , se retirerent en dé-sordre , & eurent leur arnere-garde fortmaltraitée. L’inutihte de cette secondeentreprise rebuta Louis XI : il proposa lapaix au roi^ d Aragon , celui-ci, l’accepta& le tiaite sut conclu a des conditionsen apparence tres-satisfaisantes. Mais JeanII qui traitoit de bonne foi, ne s’apper-çut que trop tard , que le traité que
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