2 q 6 J E A
clamer roi. 11 n’y avoir plus de moyen dspacification entre les deux nations’; & íeroi de Castille etoit trop fier pour renon-cer à ses prétentions fur le trône de Por-tugal ; il etoit trop coupable envers le nou-veau souverain, pour lui offrir ou lui de-mander la paix. Auííì le détermina-t-ií àfaire une irruption en Portugal , & à at-taquer en même rems ce royaume par mer& par terre : il fit les plus grands effortspour réussir , mais fa flotte n’eut aucunavantage , & son armée de terre , quoi-qu’infiniment supérieure à Parmee portu-gaise , fut complètement battue , disper-sée , & tandis qu’il tâclioit d’en raíì'em-bîer les débris , les Portugais firent à leurtour une violente irruption en Castille, oùils eurent les plus grands succès. Jean 1,vaincu , mais non déconcerté , envoyades ambassadeurs au pape & à Charles VI,roi de France , pour les intéresser à fa cause& leur demander du secours. Le pape Clé-ment VII n’envoya ni argent ni secours ;mais écrivit une fort longue lettre au roide Castille , dans laquelle il lui donnoit fabénédiction paternelle , & lui offroit lesmotifs de consolation les plus édifians.Charles VI répondit plus efficacement, &promit un secours de deux mille lances.Don Juan , roi de Portugal , se ligua avecl’Angleterre ; & pendant qu’il pénétroislui-même dans la Castille , & qu’il s’em-paroit des places frontières les plus im-portantes , le duc de Lancastre débarquaen Galice , & entra fans obstacles dans laville de Saint-Jacques , où il fut reçu &proclamé roi de Castille , du chef de son. épouse , dona Constance. Il envoya en-suite un héraut d’armes à Jean I , pour lesommer de lui céder le trône de Castille.Dans toute autre circonstance , Jean eutrépondu à cette sommation par les plusviolentes hostilités > mais st etoit fatigued’une guerre meurtrière , ruineuíe^, &dont le succès même ne pouvoít qu épui-ser inutilement ses états. II envoya au ducde Lancastre le prince Jean Serrano , ac-compagné de deux savans jurisconsultes, quidéfendirent avec la plus grande chaleur lesdroits du roi de Castille ; mais qui eustentfort inutilement plaidé la cause de leurmaître, fi dans une audience particulière,
J E A
Serrano n’efit proposé au duc un moyende conciliation, qui parut ttès-propre àterminer cette contestation. Ce moyen futda marier dona Catherine , fille du duc ,avec l’infant don Henri , fils & héritierdu roi de Castille. Le duc de Lancastre fefût hâté d’accepter cette proposition; maisson alliance avec le Portugal, ne lui per-mettant point encore de íe rendre à cesoffres, il fit une réponse honnête , & parlaquelle il témoignoit combien il desiroitde suivre cet avis de pacification. Cepen-dant les hostilités continuèrent encorequelque tems : les Anglois même, liésayee les Portugais , firent une irruptionen Castille, ou évitant de leur donner ba-taille , Jean I les harcela si vivement, &les fatigua si fort, qu’ils fe retirerent enPortugal, d’où le duc de Lancastre retournaen Gascogne, après avoir fait prier Jean 1de lui envoyer ses plénipotentiaires áRayonne. Ils s’y rendirent ; & le traité,tel que Jean Serrano en avoir formé leplan , fut conclu : en forte qu’il fut con-venu que l’infant don Henri feroit mariéà dona Catherine ; que s’il mourois avantla célébration du mariage , don Ferdinandson frere , la prendroit pour épouse ; quela Castille céderait cinq villes avec leursterritoires & leurs revenus à dona Cons-tance , duchesse de Lancastre , du chef delaquelle , le duc & dona Catherine avoientdes prétentions à la couronne Castillane ;& qu’au moyen de ces conditions , la du-chesse & son époux se départiraient detous les droits qu’ils avoient fur ce royau-S’ 6 àns ce même traité qu’il futstatue qu a 1 avenir l’héritier présomptif dela couronne de Castille porterait le titrede prince des Afluries. Vraisemblablementce traité déplut au roi de Portugal, quieut bien defiré de continuer la guerre ; &qui pourtant, ne pouvant seul en soutenirle poids , ne consentit qu’avec beaucoupde peine , & après bien de difficultés , àrenouveller la treve qu’il y avoit eu entreles deux nations, & que cette contesta-tion avoit interrompue. Cependant quel-que satisfaction que donnât à Jean I lapaix qu’il venoit de procurer à fes sujets,il ne put songer sans douleur à l’énormitédes dépenses occasionnées par cette der-