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Tome XVIII.
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niere guerre ; l’épuisement de ses coffres &les abus multipliés & toujours inévitablesdans les teins orageux , qui s’etoient in-troduits dans I’adminiíîration des finances,lui causerent le chagrin le plus amer ; ilcompara la situation actuelle du royaume ,avec son état florissant pendant les dernie-res années du régné de son pere, & le ré-sultat de ce parallèle l’affligea profondé-ment. II devint triste & mélancolique : ilaimoit ses sujets en pere ; & n’ayant pu lessiendre austì heureux qu’il Peut désiré &qu’il s’en étoit flatté , il convoqua les états ;

& quoique l’infant don Henri n’eut encoreque dix ans il sit part aux états du des-sein où il étoit d’abdiquer la couronne, &de remettre le gouvernement à un conseilde régence , dont la sagesse & les lumièrespussent rétablir les affaires. Jean 1 neconsoltoit, en se déterminant à ce géné-reux sacrifice , que sa tendresse pour sespeuples ; & il ne connoifíoitpoint la force& Pétendue de Pattachement quesessujetsavoient pour lui. Les états refusèrent dedonner leur consentement à cette abdica-tion : ils remercièrent le roi des motifsqui lui en avoient inspiré le projet, & ilslui représenteront qu’une pareille résolu-tion étoit communément suivie des plusgrands inconvéniens ; que la situation duroyaume n’étoit rien moins que déplora-ble ; qu’ils fe chargeroient volontiers ,pour soulager leur maître , de Padminis-tration des finances ; qu’il espérât mieuxde lui-même & du zele , ainsi que de Pin-vioîable fidélité de ses sujets ; qu’ils étoientpersuadés enfin , qu’en très-peu de rems ,le bon ordre se rétablirent dans toutes lesparties du gouvernement, qui ne pouvoittarder à fleurir fous les loix d’un monarqueauffi bienfaisant. Ces preuves de confiance& d’attachement ranimèrent les espéran-ces du roi de Castille : il ne songea plus àquitter les rênes de l’état, & ne s’occupaque des moyens de remédier aux maux quele royaume avoit soufferts pendant les der-îiieres guerres. Deux événemens heureuxarrives en me me tems , comblèrent lesvœux de ce bon monarque : le roi de Gre-nade lui envoya des ambassadeurs, char- ■fsoso soi offrir de magnifiques présens , &

Sfi lui demaqder se renouvellyrnçjat de la I

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trêve, qui fut volontiers accordée pourplusieurs années. Ces ambassadeurs étoientencore a la cour de Castille , lorsque leroi de Portugal lui envoya auffi demanderla prolongation de la treve : c’étoit là toutce que desiroit Jean / ; & il l» eut deman-dee lui-meme , s 1 1 n eut craint que cettedémarche n’eut été prise pour un aveu defa foiblesse. Enchanté de ce double évé-nement , & voulant donner aux grands unnouveau motif d’émulation , il institua unnouvel ordre de chevalerie, fous le nomd 1 ordre du Saint-Esprit , & dont les attri-buts étoient une colombe entourée derayons, suspendue à un collier d’or. Lafortune paroiffòit seconder dans leur exé-cution tous les projets de ce bon souve-rain : les finances étoient sagement admi-nistrées ; Pagriculture & le commerceavoient de'ja repris leur ancienne activité ,trop long-tems engourdie ; les arts étoientcultivés, les loix respectées , la justice exac-tement rendue ; mais la Castille paya chefce bonheur renaissant. Jean 1 , informéqu’il y avoit à Maroc plusieurs chrétiensEspagnols , qui , soit par mécontente-ment , soit pour d’autres raisons , avoientquitté leur patrie, où ils desiroient ardem-ment de revenir , mais qui n’osoient de-mander leur retour, s’intéressa pour euxauprès du roi de Maroc , & le fit prier depermettre à ces fugitifs de repasser en Es-pagne. Le roi de Maroc consentit au re-tour de ces cavaliers Espagnols, ils fe hâ-tèrent de s’embarquer , arrivèrent fur lescôtes d’Andalousie , où le roi voyageoitalors, & desirerent de le voir & de soitémoigner leur reconnoisiànce. Jean sa-chant que ces cavaliers excelloient dansl’art de l’équitation , fut curieux de leurvoir faire l’exercice ; & comme û étoitlui-même excellent cavalier , « iortit acheval d’Alcala , suivi de I archevêque deTolede & de toute facoun I! étoit montefur un cheval rrês-vif ; & a 1 exemple descavaliers Africains, ayant animé son che-val , & I’ayant pouffe imprudemment dansdes terres récemment labourées l’iné'-galité du terrein & !a profondeur des sil-lons firent broncher le cheval, qui tombasi rudement qssi! écrasa le roi par fkchute j, dle fut fi etudìe. ,; cga’il mourut $