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roi, qui, paslànt le Tage sur une barque,gagna le château de Montalban. A peineil y étoit arrivé , qu’il y fut assiégé par leconnétable & don Henri ; mais ces deuxhardis factieux , informés que don Juansuivi de nombreuses troupes , venoit ausecours du roi , leverent le íìege & fe re-tireront précipitamment f un & l’autre.Jeun II fentoit toute l’obligation qu’ilavoit à don Juan ; mais n’ayant pas plusd’envie de tomber en fa puissance , que derentrer sous l’oppreffion dont il venoit des’assranchir , il accueillit avec distinctiondon Juan ; mais ne voulut point lui per-mettre de rester à fa cour, & le renvoya,après lui avoir ordonné de licencier sestroupes. L’infant hors d’état de résister ,obéit ; mais Henri furieux leva le masque &excita des troubles ; afin de maintenir soncrédit , il avoit épousé , pendant la dé-tention du roi , l’infante dona Catherinesœur de ce monarque , & il s’étoit fait ac-corder pour dot de son épouse , la ville deVilîena avec ses dépendances, fous le titrede duché. Cette ville n’ayant point encoreété cédée , Henri voulut de force s’enmettre en possession , fuite de ce nouvelattentat ; Jean IL révoqua la donationqu’il avoit faite de Villena, & détenditLUX habitans de reconnoître d’autre sei-gneur que lui. Henri continua d’user deforce ; maïs ses entreprises ne lui réussi-rent point ; la plupart des seigneurs l’a-bandonnerent &c s’attacherent au roi, qui,vivement indigné de ses violences , l’ofclilgea de fe retirer , & ne voulut pas mêmele voir » lorsque forcément soumis, Henrivint pour lui témoigner son repentir &í’assurer de son obéissance. Cette sévéritéqui ne sut à la vérité que momentanée ,ne rendit le calme ni a la cour ni àl’état. L’infant Henri toujours inquiet ,factieux, persista dans ses intrigues, lescabales & ses complots \ le roi lui ordonnade venir se justifier ; & l’infant aptes avoirdemandé , avant que d’obéir , des suretes& des otages , apprenant qu’on se difpo-soit a marcher contre lui les armes á lamain , fut à Madrid fe présenter au roiqui ne voulut lui donner audience qu’aumilieu de son conseil. Henri ne pouvantfaire autrement, y parut ; & sur les ac-
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dilations qui furent portées contre íui Jprouvées par ses propres lettres , il futarrêté & étroitement renfermé. Sa cap-tivité ne fit que donner plus de violenceaux troubles : Henri avoit en Castille ungrand nombre de partisans , & son írere ,don Alphonse , roi d’Aragon , paroistòitdisposé à embrasser sa cause. Car Jean IIlui ayant fait demander tous les seigneursCastillans qui s’étoient retirés à fa cour »ainsi que la princesse fa sœur , Alphonsedemanda à son tout la liberté de sonfrere j elle ne lui fht point accordée ,& les deux rois également mécontensl’un de l’autre , se préparèrent à laguerre. Ce íut au sein de ces agitationsque naquit l’infant don Henri , que leroi son pere fit reconnoître huit joursaprès pour prince héréditaire , & qui eneffet, régna pour le malheur de ses sujets»Cependant le roi d’Aragon fe disposant àemployer la force pour délivrer son frere,les états de Castille approuvèrent l’empri-sonnement de ce prince, & s’obîigerentà fournir aux dépenses de la guerre queJean avoit à soutenir , si don Alphonseexécutoit ses menaces. Cet orage alloitéclater lorsque don Juan , frere de donHenri , fut appelle au trône de Navarreaprès la mort du roi don Carlos , & duchef de la reine Blanche , T épouse dedon Juan , & héritière de don Carlos»La couronne de Navarre Battoir beau-coup moins don Juan que le crédit pres-que fans bornes qu’il avoit en Castille ;il n’en méfusa point dans cette occasion ,& avant que d’aller prendre possession dusceptre il ménagea un accommodemententre les rois de Castille & d’Aragon ?les conditions de ce traité furent que donHenri seroit remis en liberté, & que tousfes domaines luiferoient rendus ; qu’il prê-teroit un nouveau serment de fidélité àJean II , & qu’Alphonse n’auroit aucunressentiment contre tous ceux qui , soitpour servir leur maître , soit pour d’au-tres motifs , avoient eu part à l’emprifon-nement de don Henri. Quand les grandsd’un état , íur-tout tous un toi fòible ,fe sont livrés une fois à l’efprit de discorde td’intrigue , de faction , il est bien diffi-cile de les engager à rentrer dans le de-