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Tome XVIII.
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violemment agite par les troubles , í’arnbi-tion & la licence des factieux. Le,roi yvint , & l’armée qui l’accompagnoit enimposa aux rebelles ; I’infant don Henrise soumit, évacua toutes les places qu’iltenoit, &: parut déterminé à ne plus re-muer. Pendant que Jean II s’occnpoit aíçumettre les rebelles , il fe paíîòir à Gre-nade une révolution qui rendoit inutile. Iaglorieuse guerre que les Castillans avoie.nt

’íàite dans ce royaume; Joseph-Ben-Mu-

ley mourut& Mahomet le Gaucher ,qui depuis si peu de tems avoir perdu lacouronne , se présenta , fut reconnu , re-monta fur íè trône , & le roi de Castillefut obligé de diffimuler , les circonstances

ne lui permettant point d'allër donneraux Maures de Grenade un nouveau sou-verain : car alors il avoir à dissiper &à punir une conjuration nouvelle. Bien-faiteur de don Frédéric , comte de Luna ,& fils naturel de don Martin , roi de Si-cile ; & qui avoir éré Ten des prétendansà la couronne d’Aragon , il ne s’atrendoítpo nt à trouver en don Frédéric , un in-grat & un traître. Mais Frédéric , fansmœurs & fans principes , épuisé ,, appauvripar ses prodigalités, forma de concertavec. quelques scélérats , le complot des’emparer de Séyiîfe , d’y porter lè fer &la flamme , de piller pendant le tumulteles richesles dés citoyens & des marchands,ensuite d’équipper une flotte & d’aller in-fester les. mers. Cette trame fut décou-verte peu de tems avant le moment fixépour son exécution. Les complices deFrédéric périrent fur, l’échafaud, & Fré-déric Jui-même. eut expiré dans les suppli-ces fi la haine que Jean lui connoiíïbìtpour le roi d’Aragon ne; lui eût sauvé lavie :.rôn fe contenta.de t enfermer a per-pétuité. Cette conjuration diinpee , ie roide Castille recommença la guerre contre

les Maures de Grenade ; & ann de laidonner plus d’autorité & de pouvoir yemployer toutes,fés forces, il conclut apreSbien des difficultés & une longue négocia-tion , un traité de paix avec les rois. d’A-ragon & de Navarre. L'une des conditionsde cette paix étoit que le prince des. Astu-ries., don Henri, épouseroitl’infantedonaBlanche 3 "Hé du roi de. Navarre ,. cette

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clause fut la premiere remplie, Stfinfantadona Blanche la plus belle personne d’Es-pagne , fut unie au prince des Asturies ,,qui ne pouvant également accomplir ce ;mariage , fur obligé dans la fuite de con-sentir à fa dissolution. ( Voyez, HENRI.IV , tìïfi. JEfpagne. ) Libre de route in-quiétude à croyant se calme rétabli dans,ses états , Jean II ne songea, plus qu’à,continuer la guerre contre les Maures deGrenade ; mais au moment d’entrer en-•campagne, fa surprise & 1 étonnement du..connétable don Alvar, son ministre, fu-rent extrêmes ,. lorsqu’ils apprirent que la.,plus grande partie des seigneurs étoient,allés avec leurs troupes joindre les mécon—tens qui s’étoient rassemblés & qui avoient,à leur solde une armée formidable , &,à leur tête l'infant don Henri. Le roiCastille irrité de ce nouvel obstacle, fiçles plus grands efforts pour balancer les,forces des rebelles; mais le nombre deceux-ci. s’acçroistbit chaque jour. Au mi-lieu de cet embarras, Jean II reçut une,lettre signée du rqi de Navarre , de Pinfant don Henri & des principaux d’entre,les rebelles , qui lui marquoient que ce.n’étoit point contre lui qu’íls avoient pris.les armes, mais contre don Alvar de Lu-na.qu’ils chargeoient des plus grands crimes.,,des plus odieuses déprédations. Le rai deCastille indigné , & comptant mortifier les,mécontens , nomma aux charges de la mai-son du prince des, Asturies & mit le con-nétable à ,1a tête :. mais il étoit bien loin,de fe douter que le prince des Asturieslui-rnême alloit , par les conseils de don,Juan Pachecq , sòn favori, prendre des.

, liaisons sécrétés av.ee les mécontens , ainsi: que la reine fa mere. II découvrit bien-tôt cette trame , <se il ne changea rien Ala résolution qu’iíavoir prisé de surprendreles rebelles & de punir leur audace ; maisfid-pris lui-même par les confédé-rés a Medina-del-Campo , & fe voyant;en leur pouvoir, il fut contraint d’aceep-ter les conditions humiliantes qu’ils luiimppferent & de jurer que le connétableresteroit éloigné de la cour pendant sixans , après avoir donné son fils aîné en ota-

ge. Les. rebelles dont la ligue s’ítoit enco-re. fortifiée par. le succès,. contraignirent;