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Is roi à convoquer les états , où iî ne futrien statué que par eux : iî eut méme ladouleur de voir son fils , le prince desA'niries, venir dans le conseil ,& exigerimpérieusement qu’on chaílat de la maisondu roi plusieurs des principaux officiers ,& tous ceux que le connétable y avoirplacés. Ces-actes d’humiliation ne satisfi-rent point encore les rebelles, & le roide Castille fut gardé à vue par deux d’en-tt’eux, qui eurent ordre de ne le pointquitter: ce dernier trait le jetta dans laplus profonde mélancolie. Mais peu de temsaprès révêque d’Avila travailla avec tantde zele à lui faire rendre la liberté, qu’ily parvint , & le prince des Asturies gagnépar les conseils de Pacheco, son favori,que l’évêque à force d’argent avoir mis dansses intérêts , le détachant de la ligue avecautan t de légéreté qu'il y étoit entré , pritde fi sages mesures avec don Alvar , qu’aumoment où les deux partis étoient prêtsX combattre, le roi trouva moyen de sesauver , & alla se mettre à la tête deceux qui s’étoient déclarés pour lui;, dèsce moment la fortune abandonna la causedes confédérés , qui néanmoins voulantterminer la querelle par une action déci-sive , présentèrent la bataille à Parméeroyale. 11s furent vaincus, mis en déroute :il en périt une grande partie , & Pinfantdon Henri , le plus turbulent & le plusdangereux de tous, fut blessé , & mourutpeu de tems après. Jean 11 , vainqueur,des rebelles , envoya fur l’échafaud lesprincipaux d’entre les prisonniers de guer-re , & confisqua, les biens de tous ceuxqui avoient été pris les armes à la main.Cette victoire & la sévérité du roi eût purétablir le bon ordre, si le prince desAsturies, fous prétexte que son pere nelui avoit pas cédé quelques places , qu’ilprétendait lui avoir été promises ne se fûtretiré fort mécontent à Ségovie & n’eûtfomenté de nouvelles distendons,. Quel-que tems avant la victoire de Jean //,la reine dona Marie son épouse, étoit mor-te , & les. mécontens. avoient accuse donAlvar de l’avoir empoisonnée. Don. Alvarne jugea pas méme à propos de repousser? erte soiputation ; & son silence , ainsi quea mésintelligence qu’il y avoit.entre lui
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& la reine , semblent donner du poidsa cette grave accusation. Quoi qu’il en sokle connétable , fans consulter son maître,proposa a la cour de Portugal de le ma-rier avec dona Isabelle, fille de don Juan,infant de Portugal ; cette propositiòn sucacceptée , & ce ne fut qu’alors que donAlvar en fit part à son maître ; Jean enfut très-offensé : mais il n’osa pourtantle contredire , ni le désavouer, mais ilcommença dès cet instant, a concevoir pourlui une très-forte haine, & qui ne tardaguere à devenir fatale a P ambitieux favori.Cependant le prince des Asturies , auíHmauvais fils qu’il fut ensuite méchant roi,ne cestbit de cabaler contre son pere,blâmoit hautement sa conduite , & sedéchaînoit contre lui avec tant de licence ,•qu’on disoit publiquement qu’il ne se pro—posoit pas moins que de le détrôner, sousprétexte que le roi de Castille sccondoit &.protégeoit les déprédations du connétable-,don Alvar. L’état louffroit de cette mésin-telligence, & pour comble de malheur , les;puissances étrangères profitant de ces divi-sions, faisoient fur les frontières de cruelles,irruptions. Les Gascons suscités par le roi;de Navarre, entrerent & porterent la;dévastation fur les terres de Castille:tandis que. le roi de Grenade s’emparaitdes meilleures places & faifoit un grand-nombre d’éfclaves , appuyé en secretpar le prince des Asturies, qui pour. rendre,son pere odieux par les progrès des Maho* -metans , défendoit aux villes qui dépens -doient; de lui , de secourir aucune placerde la frontière. Pendant cet, orage , Jean-II , qui néanmoins sentoit vivement fa.si—tuztion , mais. qui craignait encore aine -' nouvelle guerre. , épousa dona Isabelle ,,fille de l’infant don Juan de Portugal, &;cette nouvelle ép.ouse qui bientôttoute sa. confiance , travailla de toute la:puissance à hâter la ruine du connétable,.,quoique ce fut a lui seul qu elle fut redc-* -vable de son mariage , tant il est vrai qu&Pambition & la reconnoissance. sont deuxsentímens incompatibles ; car dona Isa-belle voulant seule, régner, sur l’esprit d u
““M? > &. ne Pouvant y. parvenir qu’en -per on bienfaiteur , elle se décida fa—! entent H. sacrifier lç connétable, à. la t