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Tome XVIII.
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22.2. J E A

seroient arrêtés dans tous les Keux duroyaume indifféremment. Avant cetteordonnance il y avoit en portugal unefoule d’asyles où les criminels les plus pu-niiïàbles étoient en sûreté. Les palais desgrands íur-tout étoient autant de refugesregardés comme inviolables. L’ordonnanced u roi fit murmurer ces grands , qui feplaignirent hautement, & dirent que c’étoitattenter au plus sacré de leurs privilèges :ils craignirent des réformes encore plusgênantes ; & le duc de Bragance qui fecroyoit encore plus lésé que les autres ,pour arrêter le cours de ces innovations,fe ligua secrètement par un traité, avec donFerdinand , roi de Castille & d'Aragon.Jean II fut informé de ce traité & ne voulantpoint éclater encore contre le coupable ,époux de la sœur de la reine , il ne luicacha point qu’il étoit instruit de tout,l'avertit de renoncer â ces intrigues cri-minelles ; & à cette condition promit delui pardonner. Cet avis ne corrigea pointle duc de Bragance , il continua de cabaler:Jean le fit arrêter à Evora , où son procèsfait en três-peu de jours il eut la têtetranchée. Cet exemple inspira de la terreurauxseigneurs qui ne pouvant plusse flatterdel’impunité, cessèrent de murmurer &sur-tout de former des complots. L’und’entr’eux cependant, le duc de Viseu ,frere de la reine i fut assez téméraire pourfermer les yeux sur la sévérité de cetexemple , & assez audacieux pour entrerdans une conspiration contre la vie de sonbeau-frété. Le secret de la conspirationn’échappa point à la vigilance du roi : ilinvita le duc à venir à Setubal, sousprétexte de quelques affaires importantesqu’il avoit à lui communiquer. Le duc s’yrendit. Le roi le tirant à l’écart: Queferïez,-vous , lui dit-il , à celui qui envoudrait a votre vie ? Je le tuer ois de tnapropre main , répondit le duc : meurs donc ,répliqua le roi en lui perçant le cœur d uncoup de poignard. Le crime du duc deViseu étoit atroce ; mais faction de Jeann’est-elle pas encore plus atroce? Et châtierainsi » n’est-ce pas assassiner & non punir ?Quoi qu’il en soit, le roi donnoit dans lemême tems les preuves les plus signaléesde fon équité & de son désintéressement.

J E A

U visitoit les provinces , examìnoit par lui*même si ses sujets n’avoient pas à se plain-dre de la partialité ou de la prévaricationdes juges ; remettoit au frere du duc deViseu tous les biens confisqués fur ce der-nier , dont les complices périrent tous dansles supplices. II fit austì d’excellentes loixsomptuaires : il ne permit qu’aux femmesde porter de la soie , de l’argent & despierreries : il réduisit à la moitié les droitsd u port de Lisbonne , & y attira par cemoyen une foule de vaisseaux marchands ,qui doublèrent le revenu du produit deces mêmes droits. II alla à Setubal faireéquipper Iui-même uue flotte contre lesMaures d’Afrique , & dont il donna lecommandement à don Diegue d’AIméïda ,qui eut de grands succès à Anale, où lesMaures furent battus. A peu-près dans lemême tems , Jean 11 donna ordre à donPedre de Covillant, & à don AlphonsePayva , d’ailer par terre en Orient, des’informer exactement des productions deces pays , des choses que l’on y trouvoit &d’où on les tiroit. Ces deux voyageursréussirent, & c’est à eux que l’on futredevable de la découverte d’un nouveauchemin par mer pour aller aux IndesOrientales. On reproche avec raison a u roiJean 11 d’avoir rejette les propositions quevint lui faire le célébré Génois ChristopheColomb , qui n’ayant point trouvé âla cour de Portugal les secours qu’il devoiren attendre , s’adressa à Ferdinand &Isabelle , auxquels il procura la conquêtedu Nouveau Monde, & l’un des plusvastes empires de la terre. La puissancede Ferdinand & d’Ifabelle les avoit refroi-dis fur le mariage projette il y avoit plu-sieurs années , entre don Alphonseprince de portugal, & dona Isabelleinfante de Castille. Jean 11 desiroit beau-coup l’accompîissement de ce mariage • &pour y pai venir, il commença par fairefortifier toutes les places de son royaume,situées fur les frontières de Castille ; ii y fiebâtir aussi quelques nouvelles forteresses.Ces précautions alarmèrent Isabelle &Ferdinand, qui avoient trop d’embarrasalors pour soutenir une nouvelle guerre'Jean les laissa quelque tems dans l’incer-titude; & il leur envoya ensuite des ambass»"