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jets da dehors : I’amour » la coîere, ledésir violent lait fur le sang Peffet d unechaleur ardente ; la frayeur , celui d ungrand froid. De-là toutes ces métaphoresde brûler de colere , d’impatience & da-mour , d’ètre glacé d’essroi, de frissonnerde crainte. Voilà ce que j’entends par laressemblance d’esset. C’elì sous ce rapport,que me semble auflì juste qu’ingénieuse laréponse de Marius , à qui l’on reprochaitd’avoir , dans la guerre des Cimbres , don-né le droit de bourgeoisie à Rome, à milleétrangers , qui s’étoient distingués. Lesloix, lui disoit-on , défendent pareillechose. II répondit que le bruit des armesPavoit empêché d’entendre ce que disoientdes loix.
2°. Une ressemblance de mouvement.On vient de voir que la premiere analogiedes images porte sur le caractère des sen-sations. Celle-ci porte fur leur duree, &leur succession plus lente ou plus rapide.Si nous observons d’abord une analogienaturelle entre la progression de lieu & laprogression de tems, entre l’étendue suc-cessive & Pétendue permanente, l’une peutdonc être Ytmage de l’autre , & le lieunous peindra le tems. Un sourd & muetde naissance , pour exprimer le passémontroit P espace qui étoit derriere lui ;& I’efpace qui étoit devant, pour ^expri-mer Pavenir. Nous 4es désignons à-peu-prês de même : les tems recule's , f avancéen âge , les anne'es s'e'coulent. Quoi de plusclair & de plus juste que cette image dontse sert Montagne pour dire qu’il s’occupeagréablement du passé fans s’inquiéter dePavenir, les ans peuvent m'entraîner , maisà reculons ?
Cette analogie est dans la nature , parceque les objets se succèdent pour moi dansl’efpace comme dans la durée , & que mapensée opéré de même pour les concevoiràns leur ordre , soit qu’ils existent en-semble en divers lieux ; ou soit que dansun me me lieu ils existent en divers tems.
U y a de plus une correspondance natu-relle entre la vitesse ou la lenteur desmouvemens des corps , & la vitesse ou laSenteur des mouvemens de l’ame , & en«Tf r k^sique & le moral, Pintellectuel
le sensible ont une parfaite analogie en-
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tr e fi X * ^ P ar conséquent un rapport na-turellement établi entre les idées & sesimages, rayez. Analogie. )
Mais souvent la facilité d’appercevoirune idee sous une image est un effet deI habitude , & suppose une convention,De-là vient que toutes ses images ne peu-vent ni ne doivent être transplantées d’unelangue dans une autre langue. ; & lors-qu’on dit qu’une image ne sauroit se tra-duire , ce n’est pas tant la disette de m,otsqui s'y oppose , que le défaut d’exercicedans la liaison de deux idées. Toute imagetirée des coutumes étrangères , n’est reçueparmi nous que par adoption ; & si lesesprits n’y sont pas habitués , le rapporten fera difficile à saisir. Hospitalier exprimeune idée claire en françois comme en latin ,dans son acception primitive : on dit , lesDieux hospitaliers , un peuple hospitalier’,mais cette idée ne nous est pas assez fami-lière pour se présenter d’abord , à proposd’un arbre qui donne asyle aux voyageurs :ainsi Vumbram hofpìtalem d’Horace , tra-duit à la lettre par un ombragé hospitalier ,ne seroit pas entendu fans le secours de laréflexion.
II arrive aussi qne dans une langue,l’opinion attache du ridicule ou de la bas-sesse à des images , qui , dans une autrelangue, n’ont rien que de noble & de dé-cent. La métaphore de ces deux beaux versde Corneille,
Sur les noires couleurs d!un Jì triste tableau ,
11 faut passer T éponge , ou tirer 1e rideau ,
n’auroit pas été soutenable chez les Ro-mains , où l’éponge étoit un mot sale.
Les anciens se donnoient une licenceque notre langue n’admet pas : des qu unmême objet faisoit fur les sens deux im-pressions simultanées , ils attnbuoient in-distinctement l’une à l’autre : par exemple,ils disoient à leur choix , un ombrage frais,ou une fraîcheur sombre : frìgtts opacum :ils disoient d’une forêt, qu’eîie étoit obs-curcie d’une noire frayeur , au lieu de direqu’elle étoit effrayante par son obscurité'profonde : caligantem nìgrd formìdìne lucu?n:c est prendre la cause pour l’effet. Noussommes plus difficiles.; & ce qui pour eux
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