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Tome XVIII.
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étoít une élégance, seroíc pour nous un

contre-sens.

Telle image est claire comme expressioníîmple , qui s’obscurcit dès qu’on veut Té—tendre. S'enivrer de louangp , estune façonde parier familière : s enivrer est pris làpour un terme primitif ; celui qui l’entendne soupçonne pas qu’on lui présente lalouange comme une liqueur ou comme unparfum. Mais st vous suivez Vimage , &que vous disiez , un roi s enivre des louan-ges que lui versent les flatteurs , ou gîte lesflatteurs lui font respirer , vous éprouverezque celui qui a reçu s'enivrer de louangesans difficulté , fera étonné d’entendre ,verser la louange , respirer la louange , &qu’il aura besoin de réflexion pour sentirque l’un est la suite de l’autre. La difficultéou la lenteur de la conception vient alorsde ce que le terme moyen est fous-enten-du : verser & s enivrer annoncent une li-queur ; dans respirer & /enivrer c’est unevapeur qu’on fuppoíe. Que la liqueur oula vapeur soit expressément énoncée, l’a-nalogie des termes est claire & frappantepar le lien qui les unit. Un roi s'enivre dufoison de la louange que lui versent les flat-teurs ; un rai s enivre du parfum de la louan-ge que les flatteurs lui font respirer : toutcela devient naturel & sensible.

-ie nefíar que l’on sert au maître du tonnerre ,

Et dont nous enivrons tous les dieux de la terre,C est la louange , Ms. ( La Fontaine. )

Les langues , a les analyser avec foin ,ne font presque toutes qu’un recueil d’i-pidges, que l’habitude a mises au rang desdénominations primitives , & que l’on

emploie fans s’en appercevoir. 11 y en a dest hardies , que les poètes n’oseroient lesrisquer fi elîes n’etoîcnt p^s reçues. Lesphilosophes en usent eux-mêmes commede termes abstraits , perception , réflexion,attention , induction , tout cela est pris deia matière. On dit suspendre, précipiter sonjugement , balancer les opinions , les re-eue-ll r , &c. On dit que faîne séleve ,que les ide'es s'/tendent , que le genie étin-eetle , que Dieu vole fur les ailes des vents,qu il habite en lui-même , que son soufflemime la mathte , que fa voix commande au

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néant, &c. Tout cela est familier , noftwseulement à la philosophie la plus exacte »à la théologie la plus austere. Ainsi àl’exception de quelques termes abstraits »le plus souvent confus & vague , tous les-signes de nos idées font empruntés des ob-jets sensibles. 11 n’y a donc pour remploides images usitées , d’autres ménagementà garder que les convenances du style.

II est des images qu’il faut laisser auspeuple ; il en est qu’il faut réserver aulangage héroïque ; il en est‘de communesà tous les styles & à tous les tons. Maisc’est au goût formé par l’ufage à distinguerces nuances.

Quant au choix des images » rarementemployées ou nouvellement introduites,dans une langue, il faut y apporter beau-coup plus de circonspection & de sévérité.Que les images reçues ne soient pointexactes ; que l’on dise de l’eiprit , qu’/£est solide , de la pensée, qu file efi hardie , del’attention , qu 'elle est profonde \ celui quiemploie ces images n’en garantit pas la jus-tesse, & si on lui demande pourquoi il attri-bue la solidité â ce qu’il appelle un souffle-{ fpïritus ) , la hardiesse à faction depenser,( pensare) ía profondeur à la direction dumouvement ftendere a d ) , car tel est lesens primitif d’esprit , de pensée & d’at-tention , il n’a qu’un mot à répondre 1cela est reçu ; je parle ma langue.

Mais s’il emploie de nouvelles images ?on a droit d’exiger de lui qu’elles soientjustes , claires, sensibles , & d’accordavce elles-mêmes, C’est à quoi les écri-vains , même les plus élégans, ont manquéplus d’une fois.

Je viens de lire dans Brumoi , que la.comédie Grecque , dans son troisièmeâge , cessa d'être une M/gere , & devint ...quoi? un miroir. Quelle analogie y a-t-ilentre un miroir & une Megere ?

. 11 y a des images , qui , sans être pré-cisément fausses , n’ont pas cette véritésensible qui doit nous saisir au premiercoup d’œiî. Vous reptésentez-vous un jourvaste par le silence , dies per filentiumvafius ? Iî est vrai que le jour des funé-railles de Germanicus , Rome dut êtrechangée en une vaste solitude , par lesilence qui régnois dans ses murs j mais