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Tome XVIII.
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La réunion de plusieurs voyelles repre-sente une diphthongue ou un son simple ,dans le premier cas, c’est proprement unediphthongue ; mais dans le iecond ce n eltpoint une diphthongue , & il y a une véri-table antilogie à dire que c’est une diph-thongue impropre. J’avone cependant qu’ily a pour les yeux une apparence réelle dediphthongue , puiíqu’il y a les signes deplusieurs sons individuels ; c’est pour-quoi je pense que l’on peut donner à cesassemblages de voyelles le nom de diph-thongues oculaires , & alors la dénomi-nation de diphthongues auriculaires con-vient très-bien par opposition aux diph-thongues propres. Ces dénominations sem-blent présenter à l’esprit des notions plusprécises , plus exactes , & même pluslumineuses , que celles propres & d'im-propres.

2°. M. Restaut établit sept sortes de pro-noms , & ceux de la septième espece sontles indéfinis, qu’on appelle encore , dit-il,( VII. Ed. pag. 154. ) pronoms impropres ,parce qu’il y en a plusieurs qu’on pourroicaussi bien regarder comme des adjectifs quecomme des pronoms.

Je ne dis rien ici de la division des pro-noms , adoptée par cet auteur & par tantd’autres qui n’ont pas plus approfondi quelui la nature de cette partie d’oraison. Voy.Pronom. Je ne veux que remarquer com-bien leur langage même est propre à les ren*dre suspects de peu d’exactitude dans leursidées & dans leurs principes. Comment sepeut-il faire en effet que des mots soienttout-à-la-fois pronoms & adjectifs, c’est-a-dire , selon les notions qu’ils établissenteux-mêmes, qu’ils tiennent la place desnoms , & qu’ils soient en même tems in-séparables d’un substantif? De quels nomstiennent-ils donc la place , ces prétendusPronoms qui n’osent paroítre fans êtreí^? m P a 8 n és par des noms ? La dénomi-on de pronoms impropres que leuronnent ces Grammairiens , est un aveureel de leur depîacement dans la classe despronoms , & tous leurs efforts pour les yétablir ne peuvent leur ôter cet air étran-Spr qu’ils y conservent, & qui certifieinconséquence des auteurs dans la distri-bution des eQpeces. Enfin , ces mots font

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pronoms ou ne le font pas ; dans 1s pre-rnier cas , ils font des pronoms piopres ,c elt-a-dire vraiment pronoms ; dans lesecond cas, il faut les tirer de cette classe& les placer dans une autre , où ils neferont plus rangés improprement.

3 0 . On appelle encore terme impropretout mot-qui n’exprime pas exactement lesens qu’on a prétendu lui faire signifierce qui fait, comme on volt, un véritablevice dans l’élocution.Par exemple , il fautchoisir entre éledìon & choix : " ces deux,, mots dit le P. Bouhours ( Rem. nouv.,, tome I, pag. 170. ) , ne doivent pas set> confondre. Eh dieu se dit d’ordinaire» dans une signification passive , & choix» dans une signification active. lé éledìon» d‘un tel marque celui qui a été élu , let> choix d’un. tel marque celui qui choisit.7) L’élection du doge a e'té apprcuve'e de» tout le peuple de Venise ; le choix du» sénat a e'té approuvé généralement ».Dans ces exemples les mots éledìon &choix font pris dans une acception propre ;mais ils deviendroient des termes impro-pres , si l’on disoit au contraire le choix dudogme ou sélection du sénat. Le purismedu P. Bouhours lui-même ne l’a pas tou-jours sauvé d’une pareille méprise. En ex-pliquant ( ibid. pag. 2.2.8. ) la différencedes mots ancien & vieux , voici comme ils’énonce : « on dit, il est mon ancien clam" lc parlement, c’est-à-dire qu’ il est reçu" ocvant moi , quoiqu’il soit peut-être” plus jeune que moi n. Devant est iciun terme impropre ; il falloit dire avant.T. Corneille montre bien clairement laraison de cette différence , dans fa notefur la remarque 274 de Vaugelas ; &M. l’abbé Girard la développe encore da-vantage dans ses synonymes jrempois. Voy .

PROPRIETE. , r r

Ce n’ est que dans ce troisième sens queje trouverois convenable que le mot im-propre sec regarde comme un terme tech-nique de grammaire. Une ìdse ne ìaissijpas d’être exprimee par un terme impro-pre , quoiqu’il manque quelque choie à lajustesse ou â la vérité de l’expreffion -mais une diphthongue impropre n’est noireune diphthongue, & un pronom imLpren est point un pronom. " *

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