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Tome XVIII.
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étoient tellement portés par le luxe acc genre de rechercues - qu ils ne gou—toient plus les grandes tables de marbrequ arrêts , ( abacos ) ni celles qui^déco-roient leurs appartemens , si elles n’étoientpeintes ou teintes de couleurs étrangères.Les marbres de Numidie & de Synnadaen Phrygie , qui étoient les plus précieuxde tous, ne leur paroiíToient plus assezbeaux , à cause de leur simplicité. 11 falloitmarqueter , diaprer , jasper de plusieurscouleurs ceux que la nature avoit produitsd’une feule. II falloit que le marbre nu-midien íût chargé d’or , & le synnadienteint en pourpre : ut ovatus effet numidì-cus , ut purpura d'ftingueretur fynnadicus ;on sous-entend lapis , qui précede un peuplus haut. Dupinet transformant, commeun autre Deucalion , des pierres en deshommes, a pris les deux mots numidjcus& jynnadicus pour deux citoyens romains ,l’ua décoré du triomphe , qu’on appelloitovatlo , & l’autre revêtu de pourpre.

Les marbres numidien & synnadienfont les mêmes que Stace appelle lybhum,phrygiumque filìcem , dont la maison deStella Violantilla étoit toute incruste'e ,ainsi que du marbre verd de Lacédé-mone.

Hic libyens phrygiufque silex ; hic dura Laconum

Saxa virent.

Le marbre de Numidie , ovatus , signifieauratus , chargíd’or, parce qu’on doroitle marbre avec du blanc-d’œuf, comme ondore le bois avec de for en couleur.

Pour ce qui est de la teinture des mar-bres, cet art etoit deja monté à une telleperfection , que les ouvriers de Tyr & deLacédémone , si supérieurs dans la teinturedu pourpre , portoient envie à la beauté& à f éclat de la couleur purpurine qu’ondonnoit aux marbres. C’est Stace qui nousen assure encore.

Rupefque nìtent , quels purpura sapeQebalìs , 6- Tyrii moderator lìvet ahene.

Le troisième genre $ incrustât] on dontles Romains décoroient leurs bâti mens endedans & en dehors , s’exécutoit avec de3£or ou de f argent pur. Cette forte àiu~

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cruflatîon se pratiquoit en deux maniérés Jsavoir , ou par simples feuilles d’or &d argent battu , ou par lames solides de1 un & de 1 autre métal. Les Romainsfirent des depenfes incroyables en cegenre.

La dorure en feuilles du temple deJupiter Capitolin par Domitien, coûta feuleplus de douze mille talens , c’est-à-dire ,plus de trente-six millions de nos livres.Plutarque, après avoir parlé de cette doru -re somptueuse du capitule, ajoute : si quel-,qu’un s’en étonne, qu’il visite les galeries ,les basiliques, les bains des concubines deDomitien , il trouvera bien de quoi s’é-merveiller davantage.

La mode s’établit chez les particuliersde faire dorer les murs , les planchers &les chapiteaux des colonnes de leurs mai-sons. Laquearia , q u ce. nunc , & ìn privatisdomibus auro teguntur, e templo Capitolino ,tranfiere in caméras , in parìetcs qu&que ,qui jam & ipfì, tanquam vafa inaurantur ,nous dit Pline , liv. XXXV, cap. iij.

C’étoit une chose ordinaire à Rome dutems de Properce , de bâtir de marbre deTénare , & d’avoir des planchers d’ivoirefur des poutres dorées. Les deux verssui~vans l’indiquent.

Quod non Teenaris domus est mihìfulta metallìsi

Nec caméra auratas inter eburna trabes.

Propert. Eleg. fi

L a utre incrustation d’or consistoit enlames solides de ce métal, passées par lesmains des Orfèvres , & appliquées ainepoutres , lambris , solives des maisons ?portes des temples r & maçonnerie Am-phithéâtres. Ces lames d’or sont désignéesdans les auteurs par ces mots 7 ^crajjum ,vel Jolidum aurum, pour les distinguerdes feuilles d’or battu, qu’ils nommoienCbraóteas , & qui scrvoient aux simples do-rures : il faut bien que cet usage d ‘incrusta**t ion de lames d’or fut commun fous fem-pire de Domitien , puisque Stace parlantdu tems où l'ancienne frugalité régnois;encore , dit dans fa Thébaide , l ÍV . /.

Et nondìim craffo loquearia. fitlta métallo

Montibut aui late Gr-aiis effulta muiam

Airia,