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de l’accouchement ; & pour rendre I’ex-cuse plus plausible , il faut encore qu ellesoit incertaine sur le tems de la grossesse ,ou qu’elle l’ignore , ou bien que par dé-faut d’expérience elle n ait point connois-sance du cems de I’accouchement & desdangers qui en résultent. Ce concours sup-posé , il paroît encore très - difficile decroire qu’une mere bien intentionnée soitréduite au point d’abandonner son enfantaprès savoir mis au monde, & de le laisserpérir d hémorrhagie , de froid, par unechute ou toute autre cause semblable.
11 arrive quelquefois que l'accouche-ment est accompagné de pertes excessives,de syncopes , de convulsions qui précé-dent même l’instant de la sortie de 1 en-fant ; ces accidens persévérant encore âpresPaccouchement , il est clair que la merene jouit point de ses sens ; elle peut etredans rimpoffibilité de prendre une^ situa-tion favorable qui prévienne la chute dePensant lorfqu’il fera sorti de la matrice ;fi ces défaillances ou ces convulsions du-rent encore , il pourra s’écouler un temssuffisant pour que l’hémorrhagie ou le froidportent une atteinte mortelle à Pensant.Mais tous ces cas font extraordinaires , &ne doivent être admis q u'avec des preu-ves suffisantes. II est possible de s’assurerpar P examen de la mere si P accouchementa été accompagné de pareils accidens ; ilslaistent des vestiges qui les annoncent : lapâleur,la foiblesse, l’œdeme,les évanouisse-mens font leurs suites ordinaires ; l’état dupouls, celui des parties de la génération ,le volume de Pensant & de Parriere-faix ,le tempérament de la mere, son genrede vie sur-tout , & la quantité de sangqu’elle a perdu dans Paccouchemenc com-parée aux pertes ordinaires , portent leplus souvent le jour le plus complet danscette recherche.
oi ces indices manquent , & s’il n’estpas clair q Ue l es accidens ont été suffisanspour ôter toute connoissance à la mere ,il me paroît qu’elle est criminelle d’avoirresisté à l’impulsion si naturelle & si pres-sante qui la portoit à donner des secoursa Pinfortuné qu’elle a mis au monde.
Ce tendre mouvement que la natureexcite dans toutes les meres pour la con-
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fervation de leur fruit , est une espece denécessité physique inhérente à leur être ;P amour maternel se peint avec douleurdans les animaux les plus féroces leurvigilance est extrême , leurs efforts éton-nans lorfqu’ils défendent leurs petits , Scle désespoir le plus vif les accable lorfqu’ilsdeviennent la proie d’un aggresseur. Nosfemmes qui vivent en société & sous laprotection desloix , font presque toujoursà P ab ri de la cruelle nécessité de défendre
leurs enfans contre de pareilles attaques jles secours mutuels qu’elles se donnentsuppléent aux soins que chaque mere doitprendre dans l’institution primitive , maiscet arrangement de convention ne dé-truit point le désir intérieur qu’elle sentd’être utile par elle-même. Ce sentimentest aussi involontaire & aussi indépendantque celui qui rapproche les deux sexes.C’est en vain que l’usage force une mere àse reposer des petits foins desson fruit fui*des femmes mercenaires qui l’entourent ,elle veut le contempler , le presser contreson sein , & l’arroser de larmes délicieusesqui effacent fa peine passée , & font lesceau de Punion qu’elle contracte.
La foiblesse qu’éprouve une femme quivient d’accoucher , ne suffit pas pouréteindre le charme que procure l’ídée d’a-voir un enfant , il semble au contrairequ’elle reprend ses forces, & que l’instinctqui l’attire vers ce nouvel être est en mê-me proportion que la peine qu’il a causée.
On me pardonnera de m’arrêter sur unevérité de sentiment qui tient de si près àl’ordre. Si je parois exagérer ce principe &lui donner trop d’instuencedans cette quesition , n’en accusons que la funeste habi-tude où nous sommes de ne juger que parle fait & de ne croire aux impu.fions na-turelles qu’avec les modifications que leurdonnent les préjugés de 1 éducation.
Dans tous les cas d"infanticide on a pourPordinaire plusieurs objets à discuter à-îa-foís : i°. si Pensant étoit capable de vieaprès la naissance ; z°. s’il étoit mort ouvivant avant l’accouchement ; 3°, s ’jlné mort ou vivant, & s’il a vécu aprèsl’accouchement ; 4 0 . quelles font les cau-ses de fa mort ayant ou après l’accouche-ment ; 5 0 . depuis quel tems il est né ; &O 0 0 o z