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Tome XVIII.
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6°. si la mere qu’on accuse a réellement

accouché dans le tems supposé.

J’aî déja parlé au mot AVORTEMENTdes signes qui peuvent faire distinguer lesavortons des fœtus viables ; le développe-ment des parties d’un enfant, fa parfaiteorganisation s’annoncent suffisamment parle premier coup d’œil. Tout enfant quiparvient à terme sans accident durant lagestation , fans dépravation dans les orga-nes essentiels., & qui étoit vivant dans lesein de sa mere à cette époque doit êtrecensé viable.

Les signes du fœtus mort avant /'accou-chement sont , selon Alberti , la sou-plesse & la flexibilité de son cadavre , larugosité ou la mollesse de sa peau , sa cou-leur jaune ou même livide , i’affaissementdu bas-ventre , le changement dans l'en-semble de toutes les parties qui ressem-blent plus a un adulte qu'à un enfant, lescommencemens de putréfaction , les ta-ches livides ou de différentes couleurs ré-pandues fur la peau , les crevasses ou lesgerçures , la sanie putride qui s’en écouleou qui sort par les autres ouvertures , laputréfaction manifeste vers le nombrilprincipalement, le cordon ombilical flas-que , jaunâtre , raccornî, livide & com-me dissous , la fontanelle affaissée, f anusbéant , l’aspect cachectique ou ccdéma-tei ’ x d e tout le corps du fœtus.

, . du cordon ombilical , dont Al-

berti le sert pour prouver la mort du fœ-tus dans le sein de sa mere , peut encoreinduire quelquefois en etreur. La feuleaction de l’air fur le cordon le deísedie ,le raccornî t, le rend jaunâtre ou livide &facile à déchirer.

II est toujours utile de joindre I examendu placenta & du cordon a celui de î en-fant, ils ajoutent à la certitude des signesdont je viens de parler ; & de i’ensembiede ces signes recueillis fur un enfant ré-cemment sorti, on peut conclure qu’il etoitmort avant la naissance. On n’est pourtantpas en droit de décider par la raison descontraires qu’nn foetus qui ne présentepomt les signes énoncés est né vivant.

Presque tous ces signes font fesser de laputréfaction ; or il est possible qu’un fœ-tus soit mort dan& l’utérus peu de tem$

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avant l’accouchement, indépendammentde toute cause violente & extérieure , &d’ailleurs on a une infinité d’exemplesde fœtus qui ont été conservés morts pen-dant long-tems dans la matrice, & qui ,après leur sortie, n’ont offert aucun signeévident de putréfaction (Heister , Mon-ceau Alberti, Hebenstreit ). Ces fœtusnageant dans la liqueur de flammes , &enveloppés par leurs membranes , font àl’abri de l’air extérieur , & doivent êtredans ce cas considérés comme des corpsétrangers qui , par leur position, éludentfaction de l’une des principales causes pu-tréiactives. On voit pourtant dans cesfœtus que les enveloppes & le placentaont une mollesse qui n’est pas ordinaire ton trouve du sang grumelé dans la veineombilicale , & tout le corps de ces fœtusest sec ou raccorni.

II est encore essentiel d’établir le temsdepuis lequel î’enf’an t est né ; car si í’exa-men qu’on en fait est de long-tems posté-rieur â l’accouchement, & que le climat ,la saison , le lieu ou on l’a trouvé , iqdi-quent une chaleur considérable , alors cetteputréfaction où les signes qui fannoncentpourront être un accident étranger à lamort dans flutérus , & feront auíîì juste-ment imputés à ces causes extérieures.L’enfant peut dans ce cas être né vivant,& présenter tous les signes d’un enfantmort avant la naissance.

Les épanchemens de sang qu’on trouvedans quelques enfans ne sont pas toujoursune preuve qu’ilssont nés vivans , on faitque la putréfaction dénature peu-à-peules parties , elle opéré for-tour for lesvaisseaux veineux qui contiennent le sangaprès la mort ; ces vaisseaux font astèzsouvent rompus par flair qu elle dégagele liquide contenu s’épanche par ces ou-vertures , & l'on voit quelquefois 3e sangdes parties les plus éloignées se porter in-sensiblement vers flissne cjui lui est offerte,& rendre 1 extravasation tiès-considéra-ble ; il n’est pas rare de voir dans des ca-davres des hémorrhagîes considérables fefaire par le nez , la bouche & les autresorifices. De-là réfoìtoit jadis flopinionabsurde de fhémorrhagie comme indicecontre un accusé.