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Tome XVIII.
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force des contractions du cœur, qu’oncroît devoir être jointes à la vitesse pourfaire la fievre ; car par son moyen la mastè,du sang augmentera. D’où il suivroit que laíìevre sera proportionnée à la quantité delymphe qui restera dans le sang; & qu’ainsiune inflammation très-étendue ( pour nepas aller chercher d’autres exemples étran-gers , aussi contraires à cette assertion )fera toujours suivie d'une íìevre considé-rable ; & une inflammation qui occupera plusd’espace, dans laquelle peu de vaisseauxlymphatiques seront embarrastès par cesprétendues parties fibreuses , ne fera jamaissuivie de la fievre : mais la fievre aiguë quisurvient aux panaris , & mille autres obser-vations , font voir touc le faux & siususti-fance de cette théorie.

Le grand Boc-rhaave & 1 illustre Swie-ten, le commentateur de ses fameux &cobscurs aphorismes, admettent aussi à peu 'près la même opinion ; ils y ajoutent uncertain broyement du sang qui se fait dansles vaisseaux obstrués par la contraction deces mêmes vaisseaux , Sc par l’impulsion dusang qui aborde continuellement avec lamême vitesse, ou une plus grande ; dureste ; c’est encore ici un sang qui va aucœur par des chemins plus courts, dont lamasse est aussi augmentée. Il faut ,disent-ils,ou que ce sang surabondant reste dans lesvaisseaux libres, ou il doit en sortir avecplus de vitesse : l’un des deux est assurémentindispensable ; f observation & l’expérienceque le commentateur a fait sur un chien ,font voir qu’il n’y reste pas ; donc, con-cluent ils, fa vitesse augmente. D’aìlìeursla pléthore suffit, selon qu’ils l’exposentailleurs, pour déterminer le cœur à descontractions plus violentes & plus réitérées.Quoique la fausseté de cette théorie qui estpourtant encore la plus reçue dans les éco-les, appuyée du grand nom de Soerhaave ,soit assez démontrée par ce que nous avonsdit, je remarquerai que son broyement estpurement imaginaire ; que sa pléthore loinde produire la fíevre, doit retarder lescontractions du cœur; aussi voyons-nousque le pouls des personnes pléthoriques estremarquable par fa lenteur : concluons auílique suivant ces systemes, une personne.qui aura la moitié du corps gangrenée,

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par exemple, devra avoir une fievre ex-trêmement aiguë, dont la force fera enraison composée de ^augmentation des hu-meurs.& la brièveté de leur chemin. Re-marquons enfin , pour en déterminer lanouveauté , que cette stagnation d’un sangbroyé & en mouvement de nos modernesne dissete pas beaucoup de la congestiond’un sang agité Lt bouillant que Galien avoitétabli.

Les éclectiques ou animistes, avec Stahí,ou plutôt Hippocrate leur chef, voyantou croyant voir i''impossibilité de déduiretous les mouvemens humains d’un pur mé-chanisme , ont recouru à une puissancehyper - méchanique, qu’ils en ont fait lepremier auteur. Cette puissance ou facultémotrice est connue dans les ouvrages d’Hip-pocrate, Gaîien & autres illustres peres dela médecine ancienne, fous les noms denature , (s aine , de chaud inné , d’archée , dechaleur primordiale ejseclive y &c. Tous cesnoms étoient synonymes & indifféremmentemployés pour dé ligner l’ame , comme onpeut le voir par une foule de passages d’Hip-pocrate, & comme Gaston le dit expressé-ment dans le livre intitulé, mp rpofutoù il s’exprime ainíi : xatxyí <ptnn; >, -fox.»sÍíííMh tst íft», la nature St Faine ne fontrien autre chose. Dans les maladies les an-ciens croient reconnoître son ouvrage bien-faisant, eu çvtií; , dit Hippocrate , Epi d.Hv.Vl.TaniSToi t xTfoi, Lt ils la regard oient dansl’étatde santé comme unprincipe veillant àlaconservation du corps attirant ce qui luiparoissoit bon, le retenant, assimilant ce quipouvoit contribuer à la nutrition de sondomicile, & chassant ce qui ne pouvoir quelui être nuisible. Galen. de dijfer.fdir. lib. IT,cap. xj.

Stahl a renouvelle, corrigé, châtie, oupour mieux dire, habillé à la moderne lesentiment des anciens qu’on a vu depuis íeglorifier du beau nom de fìahUanijme. L ap-pui d’un si grand maître a attire beaucoupde sectateurs à cette opinion. On a cru voirí’ame ou la nature , bonne & prévoyantemère, opérer avec choix k succès, quoi-qu’à l’aveugle , guérir obligeamment desmaladies qu’elle ne connoît pas, & manieravec intelligence des ressorts dont la struc-ture k le méchanisme lui sont aussi cachés: