Band 
Tome XVIII.
Seite
970
JPEG-Download
 

5>7o I N T

sons accumulées dans le cœcum, que lemouvement direct y avoit transportées. Ily a lieu de croire que le mouvement directfait arriver l’aliment de la bouche au rectum,a peu près en vingt-quatre heures ; les flui-des cependant avancent plus vîte , & lesgraisses p ! us lentement ; elles parodientaffaiblir le mouvement péristalrique , endiminuant l’irritabilité.

Le mouvement renversé ou antipéristal-tique, est plusfoible, puisque les alimensarrivent malgré lui aux gros intestins ; ilexiste cependant , & dans les insectes , &dans les animaux plus composés , & dansl’homme même. C’esl ce mouvement quiporte à la bouche les lavemens poussés dansle rectum, les excrémens méme. Cetteterrible force de mouvement est ordinaire-ment Feffet d’un obstacle quelconque qu’é-prouve la masse des alimens dans son pas-sage. Entre ces obstacles , il en est un quenous avons appris à imiter par l’art ; c’estl’entrée d’un intestin dans F autre : elle esttrès-commune dans l’homme. On a vu degrandes portions à'intestin s’inflnuer dans letube de Vintestin voisin , l’iléon retomberdans le colon, & le colon dans le rectum.Je l ai vu moi-même.

Quand la partie supérieure de Vintestins’engage dans l’inférieure , & que du restel’intesim est libre & fans gonflement, lemal n’est pas considérable. J’ai vu de cesmtus-susceptions dans quantité d’animaux&de so)ets _ humains, fans aucun vestiged inflammation.

Le mal est plus grand , quand c’est lapartie inférieure de Vintestin qui rentre dansla partie supérieure; son épaisseur s'opposealors à la marche des alimens ; il peut ysurvenir du gonflement, de l’inflammation& la gangrené même.

J’ai dit qu’on peut produire ces volvuîuspar l’art ; rien n’est plus aisé. On irriteavec le scalpel, dans l’animal, dans la gre-nouille, par exemple, un point de l 'intestin.II se contracte & se rétrécit ; il rentre aussi-tôt dans la cavité de Vintestin le plus proche& qui n’a point été contracté. La sectiondes deux intestins est alors composée dedeux cercles concentriques, dont la portionla plus étroite est l’intérieure. Pour dissiper

I N T

cette intus - sissception , on souffle Vin-teflìn , on dilate la partie resserrée, &elle sort fur le champ de Vintestin qui l’en-fermoit.

Un autre effet de la constriction de Vìn-testin , c’est son hernie ou son appendice.Ce mal est assez commun ; je ne fais si cen’est pas Riolan qui en a parlé le premier.L’/Vue/?i/?,affoibl 1 dans un de ses points,pouliepeu à peu , par la partie qui résiste moins,une bosse qui se prolonge peu à peu , &fait à la fin , avec le reste de l 'intestin , lafigure d’un T : c’est l’effet contractif desfibres annulaires. Les appendices font pluscommunes dans Vintestin grêle ; on en a vucependant dans le colon , dans le rectummême. On fait le mauvais effet que fontles appendices dans les hernies ; elles s’yengagent, l ’intestin reste libre en quelquemaniéré, & la matière alimentaire a soncours , & cependant 1 appendice peut êtreétranglée & se gangrener.

Un autre effet du mouvement péristal-tique est plus salutaire ; c’est le recoquille-ment de la tunique veloutée.

Quand on ouvre ou que l’on coupe Vin-testin. d’un animal vivant; la veloutée seretourne sur elle-même , embrasse la mem-brane externe , & forme comme deuxlevres bombées & rouges : c’est là l’artificepar lequel la nature a souvent guéri lesplaies de Vintestin. Ces portions de veloutée-humides & gluantes se sont collées auxlevres de la plaie extérieure , & ces levresont fermé la plaie de l 'intestin.

Pour connoitre encore mieux le mécha-nifme par lequel la masse alimentaire des-cend par cette longue suite des intestinsgrêles, il faut suivre cette marche dans1 animal vivant. Le duodénum se rapprochedu pylore ; pendant que celui-ci se con-tracte , il va au devant de ce qne Pestomaclui envoie ; il s’en ' éloigne quand il l’ areçu. Bientôt après, la partie du duodénumla plus dilatée se contracte & se déchargede ce qu’elle a reçu ; elle le renvoie enpartie du côté du pylore , & en partie lefait avancer du côté du colon.

La partie la plus voisine du duodénum ,se rapproche de la partie contractive &cva au devant de ce que celui-ci lui envoie ;