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Tome XVIII.
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que jo prends pour h vérité, vous proscrira.

Ceíiez d’étre violens, ou cessez de re-procher la violence aux Payens & auxMusulmans.

Lorsque vous haïssez votre frere, &que vous prêchez la haine à votre prochain,est-ce Pesprit de Dieu qui vous inspire ?

Le Christ a dit : mon royaume n’efi pas dece monde ; & vous, son disciple, vousvoulez tyranniser ce monde !

II a dit, je fuis doux & humble de coeur ,êtes-vous doux & humble de cœur ?

II a dit : bienheureux les débonnaires., lespacifiques, ti les miséricordieux. Soudez !votre conscience , & voyez h vous mentezcette bénédiction ; êtes-vous débonnaire,pacifique, miséricordieux ?

II a dit, je suis f agneau qui a été mené d laboucherie fans se plaindre 5 & vous êtes toutprêt à prendre le couteau du boucher, &à égorger celui pour qui le sang de l’agneaua été versé.

II a dit, fit on vous persécute, faye^; &.vous, chassez ceux qui vous 1 aillent dire,& qui ne demandent pas mieux que de paî-tre doucement à coté de vous.

II a dit : vous voudrie\_ que je fisse tomber lefeu du ciel sur vos ennemis : vous nesavc^ quelesprit vous anime ; & je vous le répeteaveclui, intolérans , vous ne savez quel espritvous anime.

Ecoutez S. Jean : mes petits enfans,aime^-vous les uns Us autres.

Saint Aihanase-, » s’ils persécutent, celaj) seul est une preuve manifeste qu’ils,) n’ont ni pitié ni crainte de Dieu. C’est„ le propre de la piete, non de contrai n-„ dre, mais de persuader, à Pimitation du„ Sauveur , qui laissoit à chacun la liberté„ de le suivre. Pour le diable, comme 1!„ n’a pas la vérité, il vient avec des haches,) & des coignéex. »

Saint Jean Chrisofiome : ,, Jefus-Christr> demande à ses disciples s’ils veulent s’en„ aller austì; parce'que < o doivent être,, les paroles de celui qui ne lait point de„ violence, n

Salvien : t> Ces hommes font dans l’er-» reur, mais ils y son■ fans le savoir. Ils„ se trompent parmi nous, mais ils ne se„ trompent pas parmi eux. Ils s’estiment íì» bons catholiques qu’ils nous appelem hé-

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» rétiques. Ce qu’ils font à notre égard,>} nous le sommes au leur ; ils errent, mais» à bonne intention. Quel fera leur fort à» venir? il n’yaque le grand juge qui le» sache. En attendant, il les toléré.

S. Augustin : „ Que ceux-là vous maltrai-« tent, qui ignorent avec quelle peine on» trouve la vérité, & combien i! est difR-i> cde de se garantir de l’erreur. Queceux-■>1 li vous maltraitent , qui ne savent pas,, combien il est rare & pénible de sur-» monter les fantômes de la chair. Que>5 cenx-là vous maltraitent, qui ne savent” Pas combien il faut gémir & soupirer” pour comprendre quelque chose de" Dieu. Que ceux-là vous maltraitent,« qui ne sont point tombés dans l’erreur.»

S. Hilaire. Vous vous serves de la con-trainte dans une ca se où il ne faut que laraison ; vous employé{la force où il ne faut quela lumière.

Les constitutions du pape S. Clément.Le Sauveur a laissé aux hommes l’usage de leurlibre arbitre , ne les punissant pas átune morttemporelle , mais les assignant en f autre monde ,pour y rendre compte de leurs allions.

Les peres d’un concile de Tolede. Nefaites à personne aucune sorte de violence , pour1‘ amener a la soi ; car Dieu fait miséricorde aqui il veut, & il endurcit qui il lui plaît.

On rempliroit des volumes de ces cita-tions trop oubliées des chrétiens de nosjours.

S. Martin se repentit toute sa vie d’a-voir communiqué avec des persécuteursd’hérétiques.

Les hommes sages ont tous désapprouvéla violence que l’empereur Justinien fitaux Samaritains.

,Les écrivains qui ont conseillé les loixpénales contre I incrédulité, ont été dé-testés.

Dans ces derniers temps l’apologiste dela révocation de l’édit de Nantes, a passépour un homme de sang, avec lequel ilne falloit pas partager le même toit.

Quelle est la voie de l’humanité ? est-cecelle du persécuteur qui frappe , ou celledu persécuté qui se plaint ?

Si un prince incrédule a un droit in-contestable à l’obéillance de son sujet, »n1 sujet méçroyant a un droit incontestable à