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gue est aussi simple dans son principe, queíeconde dans ses suites. z°. Elle doitnaître du fond du sujet autant qu’il se peut;car lorsque la fable ou le morceau d’hiftoireque l’on traits, fournit naturellement lesincidens & les obstacles qui doivent con- .traster avec faction principale, qu’est-ilbesoin de recourir à des épisodes qui nefont que la compliquer, ou partager &refroidir l’intérêt ? Princip. pour la lect. desPoètes, tom. 11 .
Supplément à l'article de M. l’abbê Mazl et.
Dans faction d’un poème on entend parYintrigue une combinaison de circonstances& d’incidens , d’intéréts & de caractères ,d’où résulte, dansl’attente de l’événement,l’incertitude , la curiosité , l’impatience ,l’inquiétude, &c.
La marche d’un poème, quel qu’il soit,doit être celle de la nature , c’est-à-dire ,telle qu’il nous soit facile de croire que leschoses se sont pastees comme nous lesvoyons. Or, dans la nature les événemensont une fuite , une liaison , un enchaîne-ment; l 'intrigue d’un poème doit donc ctreune chaîne dont chaque incident soit unanneau.
Dans la tragédie ancienne Yintrigue étoitpeu de chose. Aristote divise la fable enquatre parties de quantité : le prologue ,ou f exposition ; fépifode, ou les incidens ;l’exode, ou la conclusion ; & le chœurque nous avons supprimé , otiosus curatorrerum. II parle du nœud & du dénouement;mais le nœud ne l’occupe guere. II distin-gue les fables simples Lc les fables implexes.il appelle simples , les actions qui étantcontinues & unies, siniííent fans recon-noiffance & fans révolution. II appelleimplexes , celles qui ont la révolution ou la
reconnoistance , ou mieux encore toutesles deux. Or , la feule réglé qu’il prescriveà f une & à l'autre espece de fable, c’eslque la chaîne des incidens soit continue ;,qu’au lieu de venir l’un après l’autre ilsnaissent naturellement les. uns des autres,contre l’attente du spectateur & qu’ils amè-nent le dénouement. Et en effet, dans sesprincipes il n’en falloir pas davantage, puif-qu’il ne demandoit qu’un événement quiJaissât le spectateur pénétré de terreur & de
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compassion.Ce n’est donc qu’au dénouementqu’il s’attache. Mais quel fera le pathétiqueintérieur de la fable ? C’est ce qui f intéressepeu.
On volt donc bien pourquoi fur le théâtredes Grecs, la fable n’ayant à produire qu’unecatastrophe terrible & touchante , ellepouvoit être si simple ; mais cette simplicitéqu’on nous vante , n’étoit au fond que levuide d’une action stérile de fa nature. Eneffet, la cause des événemens étant indé-pendante des personnages , antérieure àfaction même , ou supposée au dehors,comment la fable auroit-elle pu donner lieuau contraste des caractères & au combat despassions ?
Dans Y(Sdipe, tout est fait avant quefaction commence. Laïus est mort ; (Sdipea épousé Jocaste : il n’a plus, pour êtremalheureux, qu’à se réconnoître inceste &parricide. Peu à peu le voile tombe, lesfaits s’éclaircissent , (Sdipe est convaincud’avoir accompli f oracle, & il s’en punit.Voilà le plan du chef-d’œuvre des Grecs.Heureusement il y a deux crimes â décou-vrir , & ces éclairciffemens, qui font frémirla nature, occupent & remplissent la scene.Dans YHécube , dès que sombre d’Achille ademandé qu’on lui immole Polixene , il n’ya pas méme à délibérer : Hécube n’a plusqu’à fe plaindre , & Polixene n’a plus qu’àmourir. Aussi le poète , pour donner à fapiece la durée prescrite , a-t-il été obligéde recourir à fépifode de Polidore. DansYlpkigénie en Tauride, il est décidé qu’Orestemourra , même avant qu’il arrive : fa qua-lité d’étranger fait son crime. Mais com-me la piece est implexe , la reconnoissanceprolongée remplit le vuide & supplée âfaction.
- Comment donc îes Grecs , avec un évé-nement fatal, & dans lequel le plus souventles personnages n’étoient que passifs, trou-voient-ils le moyen de fournir à cinq actes?Le voici : i°. On donnoit fur leur théâtreplusieurs tragédies de fuite dans le mêmejour; Dacier prétend qu’on en donnoitjusqu’à seize. 2. A Le chœur occupoit unepartie du temps, & ce qu’on appelle unacte n’avoit besoin que d’une scene. 3°. Desplaintes, des harangues, des descriptions »des cérémonies, des déclamations, des dit