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dans l’humeur vindicative & inexorabled’Acliilíe, qui ne lui permet pas de se ré-concilier. Les pertes des Grecs & le déses-poir d’Agamemnon disposent au dénoue-ment , par la satisfaction qui en revientau héros irrité. La mort de Patrocle,jointe anx offres d’Agamemnon , qui feulesavoient été fans effet, Ievent cette diffi-culté, & font le dénouement de la pre-mière partie. Cette rnême mort est auffile commencement de la seconde partie,puisqu'elle fait prendre à Achille le des-sein de se venger d’ríector ; mais ce héross’oppose à ce dessein, & cela forme laseconde intrigue , qui comprend le combatdu dernier jour.
Virgile a fait dans son poème íe mêmepartage qu’Homere. La premiere partieest le voyage &Farrivée _d’Enéô en Italie ;ia Seconde est son établissement. L'opposi-tion qu’il essuie de la part de Junon dansces deux entreprises, est le nœud généralde Faction entiere.
Quant au choix du nœud & à la ma-niéré d’en faire le dénouement, il e l cer-tain qu’ils doivent naître naturellementdu fond & du sujet du poème. Le P. leBossu donne trois maniérés de former lenœud d’un poème ; la premiere est celledont nous venons de parler ; la secondeest prise de la fable & du dessein du poète ;ia troisième coníiste à former le nœud ,de telle sorte que le dénouement en soitune suite naturelle. Voye ^CATASTROPHE'& Dénouement.
Dans le poème dramatique, ì’intrigueconsiste à jeter les spectateurs dans l’incer-titude sor le sort qu auront les principauxpersonnages introduits dans la scene ; maispour cela elle doit être naturelle, vrai-semblable & prise, autant qu’il se peut ,dans le fond même du sujet. i°. Elle doitêtre naturelle & vraisemblable; car uneintrigue forcée ou trop compliquée, au lieude pro luire d ms l’esprit ce trouble qu’exigeFaction théâtrale, n’y porte au contraireqne la confusion & l’obscurité , & c’estce qni arrive immanquablement, lorsquele poète multiplie trop les incidens ; carce n’est pas tant le surprenant & le mer-veilleux qu’on doit chercher en ces occa-sions , qne le vraisemblable ; or rien n’est
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plus éloigné de la vraisemblance que d’ac-cumuler dans une action, dont la duréen’est tout au plus supposée que de 2.4.heures, une foule d’actions qui pourroientà peine se passer en une semaine, ou en.un mois. Dans la chaleur de la représen-tation ces surprises multipliées plaisentpour un moment, mais à la discussion onsent qu’elles accablent l’esprit, & qu’aufond le poète ne les a imaginées quefaute de trouver dans son génie les res-sources propres à soutenir Faction de sapiece par le fond même de sa fable. De-îàtant de reconnoissances, de déguisemens,de suppositions d’état dans les tragédies dequelques modernes dont on ne 'luit lespieces qti’avec une extrême contentiond’esprit; le poète dramatique doit à Ia vé-rité conduire son spectateiu à la pitié parIa terreur, & réciproquement à Ia terreurpar la pitié. II est encore également vraique c’est par les larmes, par l'incertítude >par l’espérance , par ia crainte , par lessurprises & par l’horreur, qu’il doit lemener jufqu’à la catastrophe ; mais toutcela n’exige pas une intrigue pénible &compliquée. Corneille & Racine, parexemple , prodiguent-ils à tout propos lesincidens, les reconnoissances & les autresmachines de cette nature, pour formerleur intrigue ? L’action de Phèdre marchefans interruption , & roule fur le mêmeintérêt, mais infiniment simple > jusqu’autroisième acte où l’on apprend le retourde Thesee. La présence de ce prince , &la priere qu’il fait â Neptune, formenttóut le nœud , & tiennent les esprits ensuspens. II n’en faut pas davantage pourexciter l’horreur pour Phed re, la craint»pour Hyppolks , & ce trouble inquiétantdont tous les cœurs sont agités dans Fim>patience de découvrir ce qui doit arriver.Dans Athalie, le secret du grand-prêtresor le dessein qu’il a formé de proclamerJoas roi de Juda, ['empressement d’Athalie à demander qu’on lui livre cet eníanëinconnu, conduisent & arrêtent par de-gré Faction principale, fans qu’il soit be-soin de recourir á I extraordinaire & anmerveilleux. On verra de même dansCinna, dans Rodogune , &dans toutes lesmeilleures pieces de Corneille, que LW<.