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Tome dix-neuvième.
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Sent avec du manioc qui est un arbrisseaudont la feuille approche astez de celle de lavigne , mais plus veloutée & moins large ;fa racine est a peu-près laiteuse comme lefalstfis , tendre comme des navets & très—grosse;ily a de ces racines qui pèsent juíqu’àdouze & quinze livres. Pendant que tousles noirs sont au travail , il reste une né-gresse à la maison qui n’est occupée qu’àleur faire à manger , c’est-à-dire qu'elle vaarracher les racines de manioc , qu elle lesrâpe , les met en farine & en forme des ga-lettes qu’elle fait cuire fur une plaque defer , telle que celle dont se servent les cha-pelier pour fouler leurs chapeaux. C’est pour

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le moindre sujet de mécontentement, ilssavent fort bien sedémarier & se pourvoiraleur guise. En voici un exemple : il y aquelques jours que MM. les Lazaristes eu-rent la visite d’une négresse qu’ils avoientmariée avec les cérémonies ordinaires ,après l avoir instruite ainsi que son mari,surla religion catholique & sur les devoirs ditmariage : elle adressa la parole à celui deces messieurs qui lui avoir administré le sa-

| si e ™ en '; e e , !l ’i présenta l’encens qu’ilhu avoir donné en la mariant . & lui dk dele reprendre parce qu’elle nè vouloir pluspour man celui qu on lui avoir donné / &qu’elle prévoyoit être plus contente d’un

lors ce qu’on appeîl è caffave à la Martinique. I autre noir qu’elle nomma ; on lui fit toutesLorsque les noirs vont le matin au travail, j les représentations nécessaires en pareil cas,on leur donne à chacun une de ces galettes

mais tout cela fut inutile après les avoirécoutées avec toute l’attention possible ,elle jetta fa bague fur une table, & s’en futtrouver le noir qu’elle demandoit en secondenoce , & s’est mariée toute feule avec lui.Quand quelques noirs ou négresses ont com-mis quelque faute , on les fait attacher pat

pour leur déjeuner , une autre à dîner , &une autre à souper. Ils mangent avec celaune espece d’épinards qu’on appelle ici bre-des , qu’ils font cuire simplement avec del’eau ; ils y mettent pour tout assaisonne-ment un peu de sel & voilà leur nourriture..—— , .w ****>-

La compagnie, ainsi que quelques habitans les pieds & par les mains fur une echelle ,ailés, donnent deux livres de bled deTur- & on leur fait distribuer depuis vingt-cmqquie à chacun de leurs noirs par jour j cette coups de fouet, pour les petites Maures ,nourriture est plus forte que la premiere, 1 — r —’mais on prétend qu’elle est moins faine, &il y a des personnes qui y préfèrent la caf-fave.

Comme ces noirs ne mettent d’autre freinà leur passion que celui que la nature leurinspire , on les marie pour les empêcherd’aller courir la nuit, les uns pour chercherdes négresses , & les autres des noirs ; voilacomment le maître à qui ils appartiennentfak venir devant lui ceux & celles qui nesent point encore mariés il les aflòrtit lemieux qu’il lui est possible, c’est-à-dire , lesIndiens avec les Indiennes, ceux de Mada-gaícar avec celles de leur pays, ainsi des au-tres , âpres quoi il l cur demande s’ils se veu-lent pour maris & femmes : sitôt qu’ils sontconvenus , u donne à chaque couple unebouteille d eau-de-vie pour la noce, & voilatoute la cérémonie.

Quoique ces noirs croient ce mariage aussibon que celui que nous contractons en faced’église , ils n’en observent néanmoins pasles devoirs avec le me me scrupule, & pour

jufqu’à cinq cens pour les plus grandes ,• onne peut leur en faire donner davantage far scontrevenir aux ordonnances du roi ; maison peut les tenir à la chaîne autant de tempsque le juge à propos le maître à qui ils ap-partiennent : on peut auffi les faire pendrepour le moindre vol, comme pour s’êtrerévoltés contre leurs maîtres j mais c’estun abus dans lequel les habitations nedonnent guere ; ils aiment beaucoup mieuxs’en défaire au profit de quelqu’un de leursconfrères , moyennant cinq ou six censlivres , que de les mettre entre les mainsde la justice.

Isle Gorgone , {Géog. ) île de la merdu Sud au Popayan , à 3 deg. de latit. sep-tentrionale ; elle est passablement élevée ,& fort remarquable à cause de deux collinesqui sont au sommet. Cette île n’est habitéeque par de petits singes noirs , & cepen-dant elle est pourvue de toutes sortes d’ar-bres , qui ne quittent point leurs fleurs &leur verdure, II y pleut beaucoup tout lelong de l’année , & souvent comme si l’onjettoit l'eau par un crible. On y trouve