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Tome dix-neuvième.
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nous procurant de très-bonne tortue , duJamentin , des coquillages , du poisson dedifférentes especes , & en abondance : ontrouve auílì fur les bords de la mer du corailblanc, qui n’a d’autre propriété que celle defaire de très-bonne chaux pour bâtir. Onvoyou pareillement au temps de 1 etabliííe-ment de cette iste , de la tortue de terre ;mais P efpece en est entièrement détruite ,& on est actuellement obligé d’en envoyerchercher à Rodrigue. C’est une petite isteéloignée d’environ cent lieues de celle-ciqui en fournit en quantité ; le bouillon enest très-bon, & les scorbutiques y trouventen peu de temps une parfaite guérison.

Quoique ce pays-ci soit très-chaud , ilfembleroit qu’il dût y avoir beaucoup d’ani-maux nuisibles à l’homme & aux troupeaux,il n’y en a cependant aucun,c’est-à-dire qu’onn’y voít pas une feule couleuvre ni de cro-codiles, non plus que de lions, ni de tigres;il y a feulement une efpece de petits scor-pions , mais la piquure en est très-peu sensi-ble & n’est aucunement dangereuse.

Comme mes opérations m’obligent à par-courir toute Piste & à monter fur le sommetde, presque toutes les montagnes ( & lesinégalités ) , tant pour y faire des observa-tions , que pour tâcher de découvrir les en-droits de Piste qui ne font point encore con-nus, j’ai remarqué que Pefcarpement desmontagnes & les inégalités du terrein pro-viennent de ce qu’il y a eu autrefois ici unvolcan. Voici comment j’en juge ; on voitça & là aux environs du milieu de Piste main-tes cavernes d’une profondeur énorme , lesunes pleines d’eau & les autres feches, qui àleurs embouchures montrent des pierres to-talement dénaturées & fondues comme sielles avoient pafle vingt-quatre heures dansun fourneau le plus ardent : on y trouve pa-reillement, des morceaux de mine dé fer ,qui du côté où le feu paroît les avoir tou-chés , font voir un fer aussi épuré que l’estcelui qui fort des fourneaux après douzeheures de fusion , tandis que la partie oppo-sée ne paroît nullement endommagée , &e st très-saine. J’ai aussi remarqué que la terredes environs de ces cavernes refíèmbloit àcelle que l’on voit dans les endroits ou on afait cuire du charbon j’en ait fait tamiser,& j’y ai trouvé des grains de fer très-purs ;

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on trouve aussi aux environs de ces méméscavernes , & au bas de quelques montagnes,une efpece de pétrification très-poreufe &Cprefqu’aussi légere que la pierre de ponce ,a certe différence près, qui est que la pierrede ponce que l’on trouve ici ne plonge ja-mais dans Peau, & que cette pétrificationfe précipite, mais ce n’est qu’après avoirnagé au moins sept à huit heures fur la super-ficie. J’ai comparé dernierement un de cesmorceaux avec un que l’on m’apporta deBourbon, qui provenoit d’une crastè que levolcan dépose ; il s’est trouvé être la mêmechose & n’en différer qu’en grosseur , & en,ce que celui de Bourbon qui étoit de peu dechose moins gros que le mien , fe précipitad’un quart d’heure plutôt. Je crois , mon-sieur, que toutes ces choses bien examinées»prouvent assez que cette iste a porté autre-fois un volcan.

N’ayant pu , dans le détail que je viensde vous faire , insérer le commerce que l’onfait ici des esclaves ni la maniéré dont onles traite , je vais tâcher de vous en donnerune idée. La compagnie arme ordinairementtrois ou quatre vaisseaux par an, pour allerchercher de ces noirs dans différons pays ,tels que Madagascar , Mosambique & la côtede Malabar. Les vaisseaux qui viennent deFrance & qui relâchent en Guinée , nousen apportent du Sénégal; de même queceux qui reviennent de l’Inde nous en ame-nent du pays. Ces noirs se troquent dansles endroits où on les prend , pour des cou-teaux, des fusils, de la poudre à canon , despetis miroirs, de la toile bleue, de Peau-de-vie& quelques piastres , de forte,que chaqueesclave ne coûte pas plus de 2 5 à 30 livres furle lieu de l’achat. Quand un vaisseau en a facargaison qui peut montera cinq ou six cens,on les met tous aux fers pour prévenir lesrévoltés , car ils ont en idée qu’on ne lesachete que pour les manger ; on les nourritcomme les matelots jufqu’au liéu de leurdestination , & lorfqu’ils font débarqués ,on en fait la vente aux particuliers qui lesachetent depuis 200 livres , les enfans, jusi-qu’à 5 co & 600 les plus beaux. Quand cesnoirs font fur les habitations , on occupe scomme je P ai déjà dit, la plus grande partieà la culture des terres , & les autres au ser-vice de k maison ; pour lors ils fe nourris»