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de la province de Xilan , en lui prédisantqu’il rétabliroit un jour !a splendeur de l’em-pire Persan. Ismaël dévelloppa une raisonprématurée & un courage héroïque qui fu-reur le présage de sa grandeur future. Sen-sible à l’oppression de sa patrie , il envoyadans toutes les provinces des émissaires poursonder les dispositions des peuples , leurannonçant qu’il étoit prêt à sacrifier sa viepour les affranchir d’un joug étranger. LesPerses sortirent de leur abattement, vingtmille se rangèrent sous les drapeaux deleur libérateur , & dès qu’il parut en cam-pagne , l’empreíTement fut fi grand , qu’ilse vit à la tête de trois cens mille combat-tans. La religion lui fournit des armes pontsubjuguer les esprits. Les Turcs , regardéscomme les corrupteurs de l’alcoran, devin-rent P objet de P exécration des peuples quicrurent servir Dieu,contre les profanateursde fa loi. Cette guerre sacrée donna desscenes d’héroïsme & de cruauté. Ismaël futproclamé roi par le suffrage de fa nation.Tous les Turcs qui tomberent entre sesmains ne rachetèrent leur vie que fous pro-messe d’embraífer la religion des Perses.Trois provinces enlevées aux Turcs qui lesavoient usurpées , formerent le nouvelempire qui prit chaque années de nouveauxaccroiíïemens. Ismaël après avoir aíluréses frontières contre les invasions desTurcs,porta la guerre du côté de POrient; il en-leva au roi des Indes la forteresse de Canda-liar , qui devint le boulevard de ses états.Cette conquête fut suivie de la soumissiond’une province voisine qui, sans attendre lefort des armes , le prévint par son obéis-sance. II retourna chargé de gloire à ïspahanpour s’y faire couronner. Cette cérémonien’est pas aussi pompeuse en Orient que dansl’Europe. On met devant le prince un tapisd’or , les grands lui présentent la couronnequ’il baise trois fois au nom de Dieu , deMahomet & d’Ali ; il l a remet au grand-maître du royaume qui la lui pose sur la tête;ensuite tous les spectateurs crient vive leroi : chacun lui baise les pieds , lui fait desprésens, & tout le jour se passe en jeux &festins. Ce fu t Ismaël qui fut P instituteur decette cérémonie. Dès que cette solemnitéfut achevée,il tourna ses armes contre le roide Géorgie , & après P avoir vaincu , il luiaccorda la paix à condition de lu; payer uq
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tribut annuel de trois cens balles de foie»Les Perses pendant cette guerre eíîùyerentde grandes fatigues; ils les supportèrent aveccette résignation qu’inspire le zele d’une re-ligion naissante. Son armée n’étoitqu’un as-semblage de fanatiques qui désioient les pé-rils & la mort, pour être couronnés de lapalme du martyre. Ismaël leur donnoit l’e-xemplede cet enthousiasme religieux;& onle regarde comme Pinstituteur de la sectequi domine aujourd’hui dans la Perse. Quoi-qu’il affectât beaucoup de respect pour tousles dogmes contenus dans Palcoran , il ne sefaisoit point de scrupule de boire du vin &de manger de la chair de porc ; & même pardérision de P aversion des Turcs pour cet ani-ma! , il en saiPoit nourir un dans fa cour qu’ilfaisoit appeller Baja\et. Ce prince dévot &guerrier mourut à Calvin à Page de quarante-cinq ans.
Ismaël II, fils de Schah-Tamas , fut lequatrième roi de Perse , de la race desSophis. Son frere aîné lui céda ses droits autrône pour vivre dans la retraite & l’austé-rité. Son pere qui avoit beaucoup de ten-dresse pour Eider , le plus jeune de ses fils,auroit bien voulu lui mettre la couronne furla tête ; mais les grands , à fa mort, ladéférèrent à Ismaël qui depuis plusieursannées étoit détenu prisonnier dans unecitadelle. Son exemple prouva que les prin-ces nourris dans l’exil & la persécution ,sont ordinairement cruels & sanguinaires.II fit mourir son frere Eider , qui pendantsa détention , s’étoit fait proclamer roianssi-tôt après la mort de son pere. Tousles parens de ce jeune prince furent enve-loppés dans fa ruine. Ceux qui avoient con-seillé à son pere de le faire arrêter , péri-rent par le fer ou le poison. Son inclinationpour la secte des Turcs , Je rendit encoreplus odieux que ses cruautés. II ne put fedissimuler combien il étoit abhorré. II usad’artifice pour connoître ses plus grandsennemis, en faisant courir le bruit de samort. Tous ceux qui eurent í’imprudencede décrier son gouvernement expirèrentdans les tourmens. Sa sœur craignant detomber sous le glaive qui í’rappoit tant decitoyens, délivra la Perse de ce fléau ; onignore quel fut le genre de sa mort, onsoupçonna qu’il avoit été empoisonné. 1!mourut le 24. Novembre 1577.