j $6 J U B
lege,&donne le nom singulier S ambonodas-tes, ou briseurs de jubés , à ceux qui les dé-molissaient , ou qui en permettoient la des-truction que la vivacité de son zele n’a pour-tant point empêchée. Voye^ AmBoN.Voyer aujjí nos PI- d'Archi te B.
JUBE TA , s. m. ( HiJl mu. Bot. ) c’estun arbre du Japon , de la groíïèur du pru-nier, dont les fleurs & les baies ressemblentà celles du troesne. Son écorce est verdâtre.Ses feuilles font en grand nombre , dispo-sées l’une vis-à-vis de l’autre , de figureovale , tendres & sujettes à se flétrir bien-tôt. Le noyau est blanc , d’un goût astrin-gent & caustique. Ses baies passent pourvenimeuses.
JUBILÉ , f. m. ( Théo!. ) se disoit chezles Juifs de la cinquantième année qui sui-voit la révolution de sept semaines cl’an-nées , lors de laquelle tous les esclavesétoient libres, & tous les héritages retour-noient en la posseíïïon de leurs premiersmaîtres. Voye\ Année & SABATH.
Ce mot, suivant quelques auteurs, vientde l’hcbreu j obéi, qui signifie cinquante ;mais c’est une méprise , cáh le mot hébreuj obéi ne signifie point cinquante , ni fes let-tres prises pour des chiffres , ou , selon leurpuissance numérale , ne font point 50, mais10, 6, 2 & 30, c’est-à-dire 48. D’autres di-sent que j obéi íignifioit un bélier , & qu’onannonçoit le jubilé avec un cor faitd’unecorne de bélier , en mémoire de celui quiapparut à Abraham dans le buistbn. Masios' croit que ce nom vient de Jubal , qui fut lepremier inventeur des instrumens de musi-que , auquel, pour cette raison , on donnason nom. Delà ensuite les noms de j obéi &de jubilé pour signifier l’année de la déli-vrance & de rémiífion , parce qu’on Tan-nonçoit avec un des instrumens qui ne fu-rent d’abord que des cornes de bélier &fort imparfaits. Diction, de Trévoux.
II est parlé assez au long du jubilé dans lexxv. chapitre du lévitique , où il est com-mandé aux Juifs de compter sept semainesd’année , c’est-à-dire , sept fois sept , quifont quarante-neuf ans , & de sanctifier lacinquantième année. Les chronologistes neconviennent pas si cette année jubilaireétoit la quarante-neuvieme ou la cinquan-tième. Les achats qu’on faisoit chezles Juifs
J U B
des biens & des terres, n’étoient pas à per -petuité , mais seulement jusqu’à Tannée dujubilé. La terre se reposoit aussi cette an-née-lá, & il étoit détendu de la semer & dela cultiver. Les Juifs ont pratiqué ces usagesfort exactement jusqu’à ía captivité de Ba-bylone. Mais ils ne les observèrent plusaprès le retour , comme il est marqué dansle talmud par leurs docteurs, qui assurentqu’il n’y eut plus de jubilés fous le secondtemple. Cependant R. Moïse , fils de Mai-mon , dans son abrégé du talmud, dit que lesJuifs ont toujours continué de compter leursjubilés ,parce que cette supputation leur ser-voit pour régler leurs années , & fur-toutchaque íeptieme année , qui étoit la sabba-tique , & certaines fêtes qui dévoient régu-lièrement revenir à des temps marqués. M.Simon , Suppl. aux cérémon. des Juifs.
On donne aujourd’hui le nom de jubilé kune solemnité ou cérémonie ecclésiastiquequ’on fait pour gagner une indulgence plé-nière que le pape accorde extraordínaire-ment à régisse universelle , ou tout aumoins à ceux qui visitent les églises de S,Pierre & de Saint-Paul à Rome. Voye\Indulgence.
Le jubilé fut établi par Boniface VIIITan ï 300 , en faveur de ceux qui iroient adlimina apoftolorum , & il voulut qu’il ne fecélébrât que de cent en cent ans. L’annéede cette célébration apporta tant de riches-ses à Rome , que les Allemands Tappel-loient Vannée d’or , & que Clément VIjugea à propos de réduire la période du jubi-lé à cinquante ans.Urbain VI voulut qu’on lecélébrât tous les trente - cinq ans, & SixteIV tous les vingt-cinq ans, pour que cha-cun pût en jouir une fois en fa vie.
On appelle ordinairement ce jubilé } lejubilé de Tannée sainte. La cérémonie quis’observe à Rome pour Touverture de ce ju-bilé, consiste en es que le pape , ou pendantla vacance du siège , le doyen des cardinaux,va à S. Pierre pour faire Touverture de laporte sainte qui est murée , & ne s’ouvrequ’en cette rencontre. II prend un marteaud’or , & en frappe trois coups en disant,aperite mihi portas juftitiœ , &c. puis onachevé de rompre la maçonnerie qui bou-che la porte. Ensuite le pape se met à ge-noux devant cette porte,pendant que lespi-