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JUGA , s. f. (Bot.) genre de plante dontla fleur est monopétale , en entonnoir , &porte un tuyau frangé. II s’cteve du fond ducalice un pistil qui est attaché comme unclou à la partie postérieure de.la fleur, & quidevient dans la fuite un fruit ou siliqtie mol-le , charnue & contenant des semences irré-gulieres. Plumier.
* JuGA ou JuGATINE , ( Myth. ) nomque l’on donnoit á Junon , eu qualité dedéesse qui préfidoit aux mariages. II vient dejagum , joug; &Junonétoitappel!ée jugatine ,du joug que l’on plaçoit furies époux dans lacérémonie du mariage. Junon , jug.i ou juga-tine, avoit un autel à Rome dans une rue ditede cette circonstance viens jugatius .
11 y avoit deux dieux jugatins l’un pourles mariages auxquels il préíìdoit ; l’autreainsi nommé des sommets des montagnes.
JUGE , f. m. ( Droit moral. ) magistratconstitué par le souverain , pour rendre lajustice en son nom à ceux qui lui sont sou-mis.
Comme nous ne sommes que trop exposésà céder aux influences de la passion quand ils’agit de nos intérêts , on trouva bon , lors-ctue plusieurs familles fe furent jointes en-semble dans un même lieu, d’établir desjuges, & de les revêtir du pouvoir de vengerceux qui auroient été oison lés ; de forte quetous les autres membres de la communautéfurent privés de la liberté qu’ils tenon n t desmains de la nature. Eníuite on tâcha de re-médier à ce que l’intrigue ou l’amitié , I’a-mour ou la haine , pourroient causer desfautes dans l’efprit des juges qu’on avoit nom-més. On sic à ce sujet des lois qui réglèrentla maniéré d’avoir satisfaction des injures, &la satisfaction que chaque injure requéroit.Les Juges furent par ce moyen soumis auxlois ; on lia leurs mains , après leur avoirbandé les yeux pour les empêcher de favori-ser personne ; c’est pourquoi, selon le stylede la jurisprudence , ils doivent dire droit,& non pas faire droit. Ils ne font pas lesarbitres , mais les interprètes & les défen-seurs des lois. Qu’ils prennent donc garde desupplanter la loi, sous prétexte d’y suppléer;les jugemens arbitraires coupent les nerfsaux lois , & ne leur laissent que la parole ,poi.r m’exprimer avec le chancelier Bacon.
Si c’est une iniquité de vouloir rétrécir les
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limites de son voisin , quelle iniquité feroit-ce de transporter despotiquement la postest-sion & la propriété des domaines en desmains étrangères ! Une sentence injuste ,émanée arbitrairement, est un attentat con-tre la loi, plus fort que tous les faits des par-ticuliers qui la violent; c’est corrompre lespropres sources de la justice, c’est le crimedes faux monnoyeurs qui attaque le prince& le peuple.
Personne n’ignore en quoi consistent lesautres devoirs des juges , & je fuis dispensed’entrer dans ce détail. Je remarquerai feu-lement que le juge ayant rapport avec le sou-verain ou le gouvernement , avec les plai-deurs , avec les avocats , avec les subalter-nes de la justice, ce font autant d’efpeces dedevoirs distërens qu’il doit remplir. Quantaux^ parties, il peut les blesser , ou par desarrêts injustes & précipités^ ou par de longsdélais. Dans les états où régné la vénalité descharges de judicature , le devoir des jugesest de rendre promptement la justice,- leurmétier est de la différer , dit la Bruyere.
Un juge prévenu d’incíínation en faveurd’une partie , devroit la porter à un accom-modement plutôt que d’entreprendre de lajuger. J’ai lu dans Diogene Laërce que Chi-lon fe sic récuser dans une affaire, ne voulantopiner ni contre la loi , ni décider contrel’amitié.
Que 1 Q juge fur- tout réprime la violence,.& A opposé à la fraude qu’il découvre ; ellefuit dès qu’on la voit. S’il craint que fini—quité Finisse prévaloir ; s’il la soupçonne ap-puy f. du crédit , ou déguisée par les détours,de f. chicane , c’est à lui de contrebalancerces sortes de malversations, & d’agir de sonautorité pour mieux faire triompher l’inno-cence.
En deux mots, » le devoir d’un juge est" de ne point perdre de vue qu’il est homme,» qu’il ne lui est pas permis d’excéder fa" commission ■ que non-feulement la puis-” lance lui est donnée, mais encore la con-" fiance publique ; qu’il doit toujours faire’> une attention sérieuse , non pas à ce qu’il” veut, mais à ce que la loi, la justice & la» religion lui commandent ». C’est Cicéronqui parle ainsi dans son oraison pour Cluen-tius, & je ne pouvois pas supprimer un íìbeau passage. (D. J.)