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Tome dix-neuvième.
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Juge , s. m. ( Bi fi. des Israélites,) gou- îVerneur du peuple Juif avant 1 ’établiflèmentdes rois ; en effet on donna le nom de jugesà ceux qui gouvernèrent les Israélites, depuisMoïse inclusivement jufqu’à Saiil exclusive-ment. Ils font appellés en hébreu sophetimau pluriel, ècsophetzu singulier. Tertulienn’a point exprimé la force du mot sophecim,lorsque citant le livre des juges , d l’appellete livre des censeurs; leur dignité ne repon-doit point à celle des censeurs romains, maiscoïncidoit plutôt avec les fustettes de Car-thage, ou les archontes perpétuées d Athènes.

' Les hébreux n’ont pas ete les íeuls peuplesxjui aient donné le titre de suffettes ou de ju-ges à leurs souverains ; les Tyriens & lesCarthaginois en agirent de même. De plusles Goths n’accorderent dans le iv siecle àleurs chefs que le même nom ; & Athanaric•qui commença de les gouverner vers Pan3Ô9, ne voulu t point prendre la qualité de roi,mais celle de juge , par ce qu au rapport deThémistius, il regardoit le nom de roi com-me un titre d’autorité & de puissance , &celui de juge , comme une annonce de sa-gesse & de justice.

Grotius compare le gouvernement desHébreux fous les juges, à celui qu’on voyoitdans les Gaules & dans la Germanie avantque les Romains l’euíTent changé.

Leur chargen’étoit point héréditaire, elleétoit à vie ; & leur succession ne fut ni tou-jours suivie , ni sans interruption ; il y eutdes anarchies & de longs intervalles de ser-vitude,durant lesquels les Hébreux n’avoientni juges , ni gouverneurs suprêmes. Quel-quefois cependant ils nommèrent un chefpour les tirer.de Poppression;c’est ainsi qu’ilschoisirent Jephté avec un pouvoir limité ,pour les conduire dans la guerre contre lesAmmonites ; car nous ne voyons pas queJepte m Barac aient exercé leur autorité au-dela du Jourdain.

La puissance de leurs juges en général, nes’étendoit que fur les affaires de la guerre ,les traites de paix & les procès civils; toutes jles autres grandes affaires étoient du district !du sanhédrin: les juges n’étoi C nt donc , à |proprement parler, que les chefs de larépu- '

Ils n’avoient pas le pouvoir de faire de nou-velles lois,d’impoíer de nouveaux tributs. 11s.

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étoient protecteurs des lois établies , défen-seurs de la religion , & vengeurs de l’idolâ-trie ; d’ailleurs, fans éclat, fans pompe, fansgarde,fans fuite, fans équipages,à moins queleurs richesses personnelles ne les mistèntenétat de fe donner un train conforme à leurrang.

Le revenu de leur charge ne eonsistoitqu’en présens qu’on leur faiso't ; car ils n’a-voient aucun émolument réglé , & ne le-voient rien fur le peuple.

A pressent nous récapitulerons fans peineles points dans lesquels les jures des Israël!tes différaient des rois. i°. Ils .ssétoien 7 po Tnchéréditaires ; 2°. ils n’avoient droit de vie &de mort que félonies lois, & dépendammencdes lois ; 3 0 . ils n’entreprenoient point laguerre à leur gré , mais seulement quand lepeuple les appelloit à leur tête ; 4 0 . ils ne le-voientpointd’impôts;5°.ilsnesefuccédoient

point immédiatement. Quand un juge étoitmort , il étoit libre à la nation de lui don-ner un successeur sur le champ , ou d’atten-dre; c’est pourquoi on a vu souvent plusieursannées à'inter-juges , si je puis parler ainsi 36 °. ils ne portoient point les marques de sou-veraineté, ni sceptre, ni diadème; 7 0 . ensilails n’avoient point d’autorité pour créer denouvelles lois, mais seulement pour faire ob-server celles de Moïse & de leurs prédéces-seurs. Ce n’est donc qu’improprement queles/ugej font appellés rois dans deux endroitsde la bible, savoir, Juges ch. ix. & ch. xviij.

Quant à la durée du gouvernement desjuges , depuis la mort de Josué jusqu’aurégné de Saiil , c’est un sujet de chronologiesur lequel les savan»ne font point d’accord& qu’il importe peu de discuter ici. ( D.J.\, Juges, livre des ( Théol. ) livre cano-nique de l’ancien testament, ainsi nommeparce qu’il contient l’histoire du gouverne-ment des juges ou chefs principaux qui ré-girent la république des Hébreux , à comp-ter environ trente aus depuis la mort de Jo-sué jusqu’à ['élévation de Sa"l fur le trône ,c est-a-dire ['espace de plus de trois cens ans.

Ge livre que l’église reconnoît pour au-thentique & canonique , est attribué parquelques-uns à Phinès, par d’aufres à Esdrasoú à Ezéchias, & par d’autres à Samuel oua tous les juges qui auroient écrit chacun1 histoire de leur temps & de leur judicature.