iy6 J U G
nomment le droit par lequel chacun peu-voit tuer sur le champ celui qui chez les an-ciens Hébreux renonçoit au culte de Dieu ,à sa loi, ou qui vouloir porter ses compa-triotes à l’idolâtrie. Grotius cite , pourprouver ce droit, le chapitre ix. du Deu-tcronome ; mais ce savant homme s’esttrompé dans supplication, car la loi duDeutéronome suppose une condamnationen justice , & elle veut seulement que cha-cun se porte pour accusateur du crime dontil s’agit.
Si Pliinées exerça le jugement de \elt ,Comme il paroît par les Nombres, ch. xxv.v. 7, il faut remarquer que le gouvernementdu peuple d’ísraël n’étoit pas alors bienformé.
L’exemple des éphores qu’on cite en-core pour justifier que même depuis les éta-blissemens des tribunaux civils, les simplesparticuliers ont conservé , dans les pays po-licés , quelque reste du droit de punir quechacun avoir dans Indépendance de l’état denature ; cet exemple , dis-je , ne le démon-tre pas , parce que quand les éphores fai-soient mourir quelqu’un sans autre formede procès , ils étoient censés le faire par au-torité publique , supposé que cette préroga-tive fût renfermée dans l’étendue des droitsdont Lacédémone les avoit revêtus, expres-sément ou tacitement. Mais pour abréger ,îî vaut mieux renvoyer le lecteur à la disser-tation de M. Buddeus , de jure \elatorumin gente hebrœâ. {D. J.)
Jugement Universel , ( Peint.) cemot désigne en peinture la représentationdu jugement dernier prédit dans l’évangìle.Plusieurs artistes s’y font exercés dès le re-nouvellement de sart en Italie , Lucas Si-gnorellià Orviette,Lucas de Leyde en Hol-lande, Jean Cousin à Vincennes,le Pontormeà Florence , & Micheî-Ange à Rome. On a
déjà parlé , au mot ÉCOLE FLORENTINE,du tableau du jugement de Michel - Ange ,dans lequel il étalé tant de licences & debeautés :
Lavarum omnigenas fpecies , & ludicramiris ,
Induxitportenta modis'.Jìygiasquesorores,Infanumque senem 3 contosimulacra cien-tem 3
Jd.tva.da ceruhvis sulcantemlivida remis.
J U G
Cependant le premier qui ait bazardé de re-repre'senter ce sujet, est André Orgagna, néà Florence en 1329 : doué d’une imagina-tion vive & d’une grande fécondité pourl’expression , il osa peindre dans la cathé-drale de Pise le jugement universel , auflìfortement que singulièrement. D’un côté,son tableau représentoit les grands de lacerre plongés dans le trouble des plaisirs dusiécle ; d’un autre côté , régnois une solitu-de , où S. Magloire fait voir à trois rois ,qui font à la chaste avec leurs maîtresses ,les cadavres de trois autres princes ; ce quel’artiste exprima si bien , que l’étonnementdes rois qui aboient chastànt, étoit marquéfur leur visage ; il y en avoit un qui, ens’écartant, se bouchoit le nez pour ne passentir la puanteur de ces corps à demi-pourris. Au milieu du tableau , Orgagnapeignit la mort avec fa faulx , qui jonchoiola terre de gens de tout âge & de toucrang , de l’un & de l’autre sexe , qu’elleétendoit impitoyablement à ses pies. Auhaut du tableau , paroistòit Jesos-Christ aumilieu de ses douze apôtres , assis fur desnuages tout en feu: mais l’artiste avoit prin-cipalement affecté de représenter , d’unemaniéré ressemblante , ses intimes amisdans la gloire du paradis , & pareillementses ennemis dans les flammes de l’enfer. 11a été trop bien imité fur ce point par desgens qui ne font pas peintres. (D. J.)
Jugement & Jugé , ( Médecine. ) cemot signifie la même chose que crise , doncil est la traduction littérale : mais le dernierqui est grec , & qui a été adopté par les au-teurs latins & françois , est presque le seulqui soit en usage , tandis que l’ad)e&ifjitg/ tdérivé du mot françois jugement , est aucontraire d’un usage très - commun ; ainsil’on dit d’une maladie, qu’elle est terminéepar une crise , ou qu’elle est jugée au sep-tième ou au onzième jour , ùc. VoyezCrise. ( b )
JUGERE , s. m. ( Littérat. ) mesure ro-maine en fait de terre ; c’étoit originaire-ment la grandeur de terrain qu’une paire debœufs attelés pouvoir labourer en un jour.On dit encore en Auvergne , dans le même .sens, un joug de terre.
Le jugere faisoit la moitié d’une hérédie ;Phérédie contenoit quatre actes quartés: