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Tome dix-neuvième.
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La matière des julep s doit être distinguéeen excipient & en hase , c’est-à-dire, en li-queur qui reçoit , qui étend , qui délaye , &en médicament principal, soit liquide, soitsolide, qui est reçu , étendu , délayé.

L’excipient des juleps est premierement.seau commune , ou des eaux distillées desplantes inodores ; telles que l’eau de chico-rée , de laitue , de coquelicot, de bourra-che , d’oseiîle , Ùc. L’eau commune vautmieux que ces eaux distillées , qui ont tou-jours un goût fade & une certaine odeur defeu , & qui d’ailleurs ne poííèdent aucunevertu réelle ; voye\ Eaux distillées.Secondement, les eaux distillées aromati-ques , dont le parfum est doux & agréable ,ou qui font véritablement actives , commeï’eau-rofe, l’eau de fleur d’orange , l’eaude chardon-bénit, Ùc. Troisiemement, lesinfusions des fleurs & des especes aromati-ques , comme d’œillets, de violettes , dethé , de vulnéraires de Suisse, Ùc. Quatriè-mement, les décoctions légeres & qui n’ontpoint de saveur désagréable , clarifiées ; tel-les que celles d’orge , de riz, de pruneaux,de raisins secs, de pommes, de corne decerf, ùc. enfin l’excipient peut être formédu mélange de ces diverses liqueurs.

La base du julep est, ou des fyrops agréa-bles & parfaitement solubles , ( cette der-niere qualité exclut celui d’orgeat, dont ladissolution dans l’eau fait une émulsion ,voye\ ÉMULSION ) comme celui d’œillet,de capillaire, de limon , de coin, de mûre,d’épinevinette , de framboise , Ùc. ou dessucs des fruits doux & aigrelets , tels queceux dont nous venons de parler ; celui decerises, de pommes , de groseilles , Ùc. lesxobs, les gelées , les marmelades, telles quele cotignac , la gelée de groseilles , la mar-melade d’abricots , le sucre , soit pur, soitaromatisé sous forme d 'oleo - saccharum.( Nota. Les sucs , les fyrops , les robs , ge-lées, marmelades & le sucre exigent qu’onfiltre le julep, si on veut l’avoir clair & aussiélégant qu’il peut l’être , ) le vinaigre, l’ef-prit de vinaigre & les acides minéraux, lesesprits ardens , soit purs , soit aromatiquesdistillés; on introduit aussi quelquefois dansles juleps quelques sels neutres principale-ment, & même presque uniquement Je ni-tre. On y.mêle aussi quelquefois les confec-

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tions alkermesSt d’hyacinthe : mais dès-Iorson a proprement une potion , voye\ Po-tion ; & ce n’est qu’inexactement qu’onappelle un pareil mélange julep.

On volt par l’idée que nous venons dedonner du julep , que la limonade est un vé-ritable julep ; que nos liqueurs spiritueusesaromatiques & sucrées, nos ratafias étendusdans plusieurs parties d’eau seroientde vraisjuleps. De plus , la limonade & ce derniermélange fourniroient des juleps éminem-ment conformes à la réglé de Part qui dé-fend de multiplier les ingrédiens des reme-des , & sur-tout dans ceux qu’on veut ren-dre agréables. II ne faut donc jamais s’écar-ter de cette réglé dans la prescription desjuleps : la limonade & la dissolution du ra-tafia de cerises dans l’eau en sont de fortbons modelés. Voye% LIMONADE.

La proportion des divers ingrédiens d’unjulep , est telle que pour une livre de méde-cine ou douze onces d’excipient, on prenneenviron deux ou trois onces de syrop ou desucs , gelées, ùc. ou une once & demie desucre ; on peut encore se régler sur le goûtdu malade, & déterminer la dose de ces in-grédiens par le dégré d’agréable douceur.Les acides se dosent toujours par le pointd’agréable acidité. Les esprits ardens nedoivent pas y excéder la quantité d’une oncepar livre d’excipient. Le nitre est en fusil-lante quantité à la dose de demi-gros, d’ungros tout au plus.

La dose générale du julep ne doit se pres-crire que pour la journée , quoique cettepréparation ne soit pas aussi sujette à s’alté-rer que Pémulsion. Sa quantité se réglé surla soif du malade, & sur l’intention du mé-decin. Mais elle doit toujours être considé-rable : une feule dose de julep rafraîchiíïàntou fortifiant, donnée dans la journée & or-dinairement le soir , comme le pratiquentquelques médecins , est un remede à peu-près inutile. En général, les remedes doux& purement altérans , comme ceux qu’ondonne communément fous la forme des ;u-leps , ne peuvent agir que par les dosesré i-térées. 11 est pourtant permis de préparer unseul verre de julep , quand on veut en fairele véhicule d’un narcotique qu’on donneune fois seulement à l'heure du sommeil j