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ruines avec admiration : mais on ne tarda 'à le relever , & il fut rempli de tant de richesses , qu’on ne trouva plus de place poul-ies tableaux & pour les statues. Verres, re-venant d"Asie , ne craignit point le sort d. sTyrrheniens ; il ne fit pas scrupule de pillerce temple , & d’en emporter les plus beauxmorceaux ; les pirates n’epargnerent pasdavantage cet édifice du temps de Pompée.
Strabon l’appelle un grand temple, noseulement rempli de tableaux , mais donttoutes les galeries étoient ornees de piecesfort anciennes. C’est fans doute parmi cespieces, qu’on avoit exposé le fameux tableauqui peignoir les premieres amours de Jupi-ter & de fanon , d’une maniéré fi naturel-le , qu’Origene ne put se dispenser de lereprocher aux Gentils.
II y avoir outre cela dans le temple deJunon à Samos, une cour destinée pourles statues , parmi lesquelles on en voyoittrois coloííàles de la main de Myron , por-tées fur la même base. Marc-Antoine lesavoit fait enlever ; mais Augusto rendit aux.Samiens celles de Minerve & d’Hercule , & |se contenta d’envoycr celle de Jupiter aucapitole;pour être placée dans une basiliquequ’il fit bâtir.
De tant de belles choses du temple deJunon Samienne , M. de Tournefort netrouva fur la fin du dernier fiecle, que deuxmorceaux de colonnes,& quelque bases d’unmarbre exquis. Peu d’années auparavant,les Turcs s’imaginant que la plus haute étoitpleine d’or & d’argent, tentèrent de l’abat-tre à coups de canon qu’ils tiroient deleurs galères. Les boulets firent éclaterquelques tambours , dérangèrent les autres,
à en mirent une moitié hors de leur situa-tion.
On n e peut plus reconnoître le plan decet e ìfice qui , selon Hérodote , étoit laíeconde merveille de Samos , le temple leplus lpacieux qu’il e ût vu , & nous ignore-rions lans lui le nom de l’architecte : c’ ‘ 'unsamien appelle Rhœcus.
II ne faut pas s’en tenir au dessein de cetemple , qui se trouve sur les médailles anti-ques , parce qu’on y representoi t souventdifférens temples fous la même forme,comme par exemple , le temple dont nousparlons & celui d’Ephese, qui vraisembla-
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blement n’étoit pas du même dessein.
Pauíanias , que je cite souvent fait men-tion de trois temples de Junon dans la villede Scymphale en Arcadie ; le premier étoitappelle le temple de Junon fille ; le secondle temple de Junon mariée ; & le troisièmele temple de Junon veuve. Ces trois tem-ples lui furent érigés par Temenus , & ledernier fut bâti lorsque la déesse alla,it on , se retirer à Stymphale après sóndivorce avec Jupiter.
Cette reine des dieux recevoit aussi lesplus grands honneurs a Olympie : il y avoitdans cette derniere ville seize dames pré-posées aux jeux que l’on y célébroit à fagloire tous les cinq ans , & dans lesquels onlui consacrait un pépins, espece de robesans manches , & toute brochée d’or. Troisclasses de jeunes filles descendoient dansla carrière des jeux olympiques,y disputoientle prix de la course,& la fournissoient pres-que toute entiere. Les victorieuses obte-rioient pour récompense une couronne d’o-livier.
Carthage, fameuse capitale d’un vasteempire, passoit pour être la ville favoritede /ll/ron. Virgile ne s’est point servi desprivilèges de son art, quand il a dit en par-lant de cette ancienne ville d’Afrique , larivale de Samos dans cette occasion.
Quam Juno fertur , terris magis omnibusunam
Post habitâ coluijje Samo.
iEneid. lib. I. v. i J.
Son témoignage , fondé fur la tradition ;est appuyé par Hérodote , Ovide , Apulée& Silvius Italiens. Ce dernier peignant rat-tachement de Junon pour la ville de Car-thage, déclare en trois beaux vers , qu’ellela préférait à Argos & à Mycènes.
Hûc Juno ante Argos ( sic crtdidit alto.vetuflas )
Ante Agamemnoniam , gratìsfima teciaMycenem ,
Optas it profugis ceternam condere fedem.
Lib. I. v. 4 6.
Si nous passons en Italie , nous trouve-. tons qu’avant f existence de Rome , Junon
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