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ï» chesses & leur sainteté ». Pour cette fois,eette remarque est d’un historien qui pense.
Au reste , on ne sauroit réfléchir au cultequ’on rendoit à Junon en tant de pays &avec tant d’appareil, fans en attribuerquelque chose a l'avantage de son sexe.Toute femme qui gouverne un état avecdistinction , est généralement plus honorée& plus respectée que ne l’est un homme depareille autorité. Les peuples ont transportédans le ciel cet usage de la terre. Jupiterétoit considéré comme un roi, & Junoncomme une reine ambitieuse, fiere, jalouse,vindicative , implacable dans fa colere ,d’ailleurs partageant le gouvernement dumonde avec son époux, & aílìstant à tousses conseils.
Un homme de génie du fiecle passé,pensoit que c’étoit de la même source queprovenoient les excès d’adorations où des■chrétiens font tombés envers les saints & lavierge Marie, tant en Angleterre qu’ail-leurs. Erasme lui-même prétendoit que lacoutume de saluer la sainte-Vierge en chaireaprès l’exorde du sermon , étoit contreJ’exeinple des anciens , & qu’il vaudroittnieux les imiter.
^ Au titre de reine que portoit Junon , &-a fa qualité de femme, qui augmentoit facélébrité , nous joindrons , pour comble deprérogatives, la direction en chef qu’on luidonnoit fur tous les mariages', & leurs suitesnaturelles : Lili vincla jugalia cura :, ditVirgile. Voye\ ses commentateurs , il vousindiqueront cent autres passages semblables,& vous expliqueront les épithetes de jugulis ,de pronuba , de populonia , défiO"* , dey*vn\í% f c ] e Trctpavyv.îoT , &c. qui ontété affectées à la femme de Jupiter , à causede son intendance sur tous les engagemensmatrimoniaux.
Elle avoir encore, en cette qualité, dessurnoms particuliers , fondés fur ce qa’elleprefìdoit a la conduite des nouvelles ma-riées à la maison de leurs maris, à l’oigne-nrent que faisoit la fiancée au jambage dede la porte de son époux , & finalement ausecours qu’elle accordoit à cet époux pourdénouer la ceinture virginale. Vous trou-verez ces sortes de surnoms dans ces paroleslatines, d’une priere a cette deefl'e du ma-riage. ïterducam , donuducam , unxiam ,
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cìncliam , mortelles puellce debent in nup-tias convocare , ut earum itinera protegas ,in optatas domos duc as , & quùm postesungent , faufium omen ajstgus , & cingulumponentes in thalamis , non relinquas. Cethymne est dans Maráanus Capella , deNupt. Phìlol. Ub. IL
Je n’ose indiquer les autres épithetesqu on donnoit à Junon , pour lui demanderon a istance dans le lit nuptial : la chasteté
\ ^ n0 I j e an S ue » & les égards que l’on doita la pudeur , m obligent de les taire.
Disons seulement que la superstition ro-maine étoit st grande , qu’il y avoit desfemmes qui honoroient Junon , en faisantsemblant de la peigner & de la parer , & ertlui tenant le miroir devant ses statues ; carc’étoit un proverbe , " que les coëffeuses» préfentoient toujours le miroir à Juno/z »»'etemus spéculum tenere Junoni , s’écrieSéneque. D’autres femmes , animées depallions différentes , alloient s’affeoir aucapitoîe auprès de Jupiter , dans l'espéranced’avoir ce diëu pour amant.
Je voudrois bien savoir la maniéré doncon représentoit l’auguste déesse du ciel danstous les divers rôles qu’on lui faisoit jouer.En ester , en la considérant seulement sousles titres de pronuba , d 'opigena, de februa,de fluonia , ou comme pi’ésidant tantôt auxmariages, tantôt aux accouchemens , tantôtaux accidens naturels du beau sexe , ií sem-ble qu’eîle devoir être vêtue différemmentdans chacune de ces diverses cérémonies.
Une matrone majestueuse, tenant lapique ou le sceptre à la main, avec unecouronne radiale sur la tête, & son oiseaufavori couché à ses pieds, désignoit bien lasœur & la femme de Jupiter ; ■ mais, parexemple , le croissant qu’on lui mettoit furla tête, marquoit vraisemblablement ladéesse Ména , c’est-à-dire , l’empire queJunon avoit tous les mois fur le sexe.
C’est peut-être pour la même raisonqu’on la représentoit sur les médailles deSamos avec des especes de braffelets , quipendoient des bras jusqu’aux piés, St quisoutenoieqt un croissant : peut-être auflîque ces braffelets ne font point un des at-tributs de Junon , mais un ornement demode imaginé fous son nom, parcs que