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changemens qui s’y font, comme dans Mars,soit par faction des rayons du soleil, soitpar celle de quelque matière qui pénétré laplanète. On voit ces bandes se rétréciraprès plusieurs années ou s élargir, s’inter-rompre & se réunir ensuite. il s’en formede nouvelles, il s’en efface : changemensplus considérables , que fi I’Océan inondoittoute la terre ferme } & laiffoit à fa placede nouveaux continens. Les taches qui fontplus près du centre apparent de Jupiter ,ont un mouvement plus prompt que les au-tres , ayant un plus grand cercle à parcou-rir en même temps. On les voit aller del’Orient à l’Occident , disparaître , puisreparaître après neuf heures $ 6 minutes ;d’où l’on conclut que Jupiter tourne fur sonaxe en ce même temps.
Quand les satellites font en conjonctionavec le soleil , ils empêchent un cône delumière d’aller jufqu’à la planète , & c’estune ombre qu’ils jettent fur elle; cette om-bre est une efpece de tache mobile fur Ju-piter c’est une éclipse. Et si la terre n’estpas dans la même ligne , nous la voyonscette éclipse , ou cette obscurité changean-te, parcourir le disque de Jupiter d’Orienten Occident. Quelquefois les satellites pa-raissent plus ou moins grands , fans êtreplus ou moins éloignés. Cela vient apparentment de ce qu’ils ont leurs taches , leursparties obscures, leurs endroits plus oumoins propres à réfléchir la lumière. Quandils tournent vers nous leurs parties plus so-lides & plus propres à renvoyer la lumière,ils paraissent plus grands. Mais s’ils nousprésentent des parties capables d’abforberla lumière, ils en paraissent plus petits ,parce que la lumière réfléchie trace furl’or-gane de la vue une plus petite image. Voye\Satellites. M. Formey.
Jupiter , ( Mythol. ) fils de Saturneèç. de Rhée selon la fable , & celui que Pan-tiquité payenne a reconnu pour le plus puis-sant de ses dieux,- c’est , disent les poètes,le roi des dieux & des hommes, qui d’unsigne de fa tête , ébranle f univers.
Sa naissance, la maniéré dont il futalaité,son éducation , ses guerres , ses victoires,ses femmes, ses maîtresses, en un mot toutçe qui Je regarde dans la mythologie, est siconnu de tout le monde, que je me ferais
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un scrupule d’en ennuyer le lecteur.
Son culte, comme on fait, a été le phjs-solemnel & le plus universellement répandu,De-là le Jupiter Sérapis des Egyptiens ; leJupiter Belusdes Assyriens ; le Jupiter Ce-ins des Perses ; le Jupiter Assabinus desEthyopiens; le JupiterTaratms des Gaulois}le Jupiter de Crète , le plus célébré de tous,& tant d’autres.
II eut trois fameux oracles , celui de Do-*done, celui de Lybie & celui de Tropho-nius. Les victimes qu’on lui immoloit,étoient la chevre , la brebis & le taureau ,dont on avoit foin de dorer les cornes.Souvent fans aucune victime , on lui offraitde la farine, du sel 8c del’encens, Personne,dit Cicéron, n’honoroit ce dieu plus parti-culièrement & plus chastement que les da-mes romaines ; mais il n’eut point de tem-ple plus renommé que celui qu’on lui fit bâ-tir fur le mont Lycé dans l’Arcadie. Parmiles arbres , le chêne & l’olivier qu’il difpu-toit à Minerve, lui étoient singulièrementconsacrés.
On le repréfentoit le pins ordinairementfous la figure d’un homme majestueux avecde la barbe , astis fur un trône , tenant lafoudre de la main droite , & de I’autre unevictoire ; à ses piés est une aigle avec ses ai-les ép'oyées. On trouve dans les monumensde l’antiquité quantité d’autres symboles dece dieu , fruit du caprice des artistes, oude l’imagination de ceux qui en faisoientfaire des statues.
Les anciennes inscriptions ne font pleinesque des noms & des surnoms qu’on lui adonnés. Les uns tirent leur origine deslieux où on l’honoroit ; ses autres de diffe-rens peuples qui prirent son culte ; d’autresdes grandes qualités qu’on lui attribuoit,d’autres enfin des motifs qui avoient fournil’occasion de lui bâtir des temples, des cha-pelles & des autels.
On s’adreffoit à lui fous les titres magni-fiques de SancHtad Jovis , ou Jovi Op t*Max. Statori , Salutari , Feretrio, Jnven-tori , F o nanti , Fulguratorí , &c. Jupitertrès-bon, très-grand protecteur à Pami-tié , hospitalier , dieu des éclairs & du ton-nerre , & fi quoi aliud tibi cognomen at —toniti tribuant Poe tue , dit plaisammentLucien, s’adressant à ce dieu.