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Le nom même de Jupiter , selon Cice-íon , vient des deux mots latins, jupanspater , c'est-à-dire,pere secourable.
Son titre de Ktncu£a.T>i{ n’est pas moinscommun dans les livres & fur les médailles.
Ii signifie simplement descendantsur la terre ,fi l’on ne s’arrête qu’à la grammaire ; maiss usage dérerminoic ce mot à l'appellationde foudroyant , tenant la foudre , quoiqu’ilne fût pas censé descendre toujours fur laterre pour punir : M. Burman a démontrétout cela dans une dissertation exprest'e ,intitulée hZt km* fant , Jupiter fulgu-rator. Cette dissertation parut a Utrecht entyoo : c’est l’affaire des littérateurs de laconsulter.
Les historiens & les philosophes font bienplus embarrassés dans l'explicarion des con-tes ridicules que les poètes débitent fur lesouverain des dieux , & qui servirent de fon-dement à la religion du paganisme.
Diodore de Sicile prétend que Jupiterjétoit un mortel de grand mérite , d’un ca-ractère si différent de son pere, que sa dou-ceur & ses maniérés lui firent déférer par lepeuple la royauté dont Saturne fut dépouillé.Ï1 ajoute, qu’il usa merveilleusement de sonpouvoir; que son principal soin fut de punirles scélérats, 6c de récompenser les gensvertueux ; enfin , que ses grandes qualitéslui acquirent après la mort, le titre de z iitde Jupiter; & que les peuples qui l’a dorè-rent fur la terre , crurent qu’ils dévoientde même Padorer dans le ciel, & lui donnerie premier rang parmi les dieux.
11 manquoit à Diodore de prouver cequ’il avançoit par des monumens histori-ques , & d’indiquer les sources de tant devices & de crimes dont les poètes avoientfouillé la vie de cet illustre mortel.
La difficulté d’expliquér les fictions poé-tiques par des allégories ou des dogmes dephysique, étoit encore plus grande. Si d’uncôté l’on est surpris de la licence avec la-quelle les poètes se font joués d’une matièrequi méritoit tant de respect , de l’autre onest affligé de voir des philosophes, tels queChrysippe, perdre un temps précieux àchercher des mystères dans de pareilles fa-bles , pour les concilier avec la théologiedes Stoïciens.
En rejettaot les dieux des poètes, dieux
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vivans &. animés , & en leur substituant cesdieux qui n’avoient ni vie, ni connoistànces,ils tomboient également dans l’impiété. Dèsqu’une fois ils regardoient Jupiter pour'cether pur, & Junon pour l’air qui nousenvironne, il ne falloit plus adrester de priè-res , ni faire de sacrifices à l’un& à l’autre ;le tels actes devenoient ridicules, & !a re«ìgion établie crouloìt en ruine. C’est ainsicependant qu’ils firent des prosélytes , &qu ils accoutumèrent les hommes à Drendrepour Junon l’air grossier , simili tudo ce ché-ris , cum eo intimé conjuncla , & pour Ju-piter, la voûte azurée que nous voyons furnos tètes : Ennius en parle fur ce ton dansCicéron , de Nat. deor. lib. I. cap. xj.
Aspice hoc
Sublime candens , quem invocant omnesJ op em !
Et Eurypide dans le même auteur , hb.II. cap. xxp. , s’exprime encore plus élo-quemment & plus fortement.
Videssublime fusum,immoderatum cetheraQui tenero terram circomjeclu ampleSitur ,Hune summum habeto divum ì hune perhi -beto Jovem ! {D. J.)
Jupiter Capitolin, temple deQHist.Rom .) ce fameux temple de Rome , vouépar Tarquin,fils de Demaratus, fut exécutépar Tarquin le Superbe, son petit-fils, &entièrement achevé fous le troisième con-sulat dePublicola.
Ce temple étoit situé dans cette partiedu capitule qui regardoit 1 c forum olitoriumou le marché aux herbes , aujourd’hui lapia^a Montanara. II occupoit un ter reinde huit arpens , & avoit deux cens pies delong , fur 18; de profondeur. Le devantetoit orné de trois rangs de colonnes, &l escotes de deux ; la nef contenoit trois gran-des chapelles , celle de Jupiter au milieu ,celle de Junon a gauche, & celle de Mi*nerve à droite. II fut consacré par Horaceconlul, la troisième année de la soixante-j^’j^eme olympiade, 504 avant J. C. &brûle la deuxieme année de la cent-soixan-te-quatorzieme olympiade , 81 ans avant lanaissance de notre Sauveur: il dura donc423 ans.