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Tome dix-neuvième.
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On dit aussi d’une procédure qu’elle n’estpas juridique , c’est-à-dire qu’elle n’est pasrégulière. ( A )

JURIPEBA , f. m. ( Botan. exot. ) ar-'brisseau épineux , ombrageux , & qui croîtau Brésil dans les terres sablonneuses ; fafeuille est longue , déchiquetée en plusieursendroits , lanugineuse en dessous , & ame-re au goût ; fa fleur faite en étoile , est decouleur blanche & bleue ; son fruit ressem-blant au raisin ou aux baies de genievre, estdisposé en grappes. Voye\ Pilon , Hifi.lira fil. (D. J.)

JURISCONSULTE , f. m. ( hirìspr.)est un homme versé dans la jurisprudence,c’est-à-dire dans la science des lois , cou-tumes & usages , & de tout ce qui a rap-port au droit & à l’équité.

Les anciens donnoient à leurs juriscon-sultes le nom de figes & de philosophes ,parce que la philosophie renferme les pre-miers principes des lois, & que son objetest de nous empêcher de faire ce qui estcontre les lois de la nature , & que la phi-losophie & la jurisprudence ont égalementpour objet l’amour & la pratique de la jus-tice. Aussi Cassiodore donne-t-il de la phi-losophie la même définition que les loisnous donnent de la jurisprudence. Philoso-phia , dit-il en son livre de la dialectique ,est diiinarum humanarumque reram , inquantum homini pojstbile est, probabilisfementia. Pithagore , Dracon, Solon ,Xycurgue & plusieurs autres , ne devinrentlégislateurs de la Grece, que parce qu’ilscroient philosophes.

Tout jurisconsulte cependant n’est paslégislateur; quelques-uns qui avoient partau gouvernement d’une nation , ont fait deslois pour lui servir de réglé ; d’autres fefont seulement appliqués à Ta connoissancedes lois qu’ils ont trouvé établies.

On ne doit pas non plus prodiguer letitre de jurisconsulte , â ceux qui n’ontqu’une connoissance superficielle de l’usagequi s’observe actuellement ; on peut être unbon praticien sans être un habile juriscon-sulte ; pour mériter ce dernier titre , il fautjoindre à la connoissance du droit celle de. la philosophie, & particulièrement celle dela logique , de la morale & de la politique ;il faut posséder la chronologie & í’histoire ;

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l’ìntelligence, & la juste application deslois dépendant souvent de la connoissancedes temps & des mœurs des peuples ; il fautfur-tout allier lar théorie du droit avecla pratique , être profond dans la sciencedes lois , en savoir l’origine & les circons-tances qui y ont donné lieu , les conjonc-tures dans lesquelles elles ont été faites , enpénétrer le fins & l’esprit, connoître lesprogrès de la jurisprudence , les révolutionsqu’elle a éprouvées ; il faudroit enfin avoirdes connoissances suffisantes de toutes leschoses qui peuvent faire l’objet de la juris-prudence , divinarum atque humanarumrerum scientiam , & conséquemment iffaudroit posséder toutes les sciences & tousles arts ; mais j’appliquerois volontiers à lajurisprudence la restriction que Caffiodoremet par rapport aux connoissances que doitavoir un philosophe , in quantum hominipostibile est car il est bien difficile , pourne pas dire impossible , qu’un seul hommeréunisse parfaitement toutes les connois-sances nécessaires pour faire un grand juris-consulte.

On conçoit par-là combien il est difficilede parvenir à mériter ce titre ; nous avonscependant plusieurs auteurs qui se le sont eux-mêmes attribué, tel que Dumoulin , quiprenoit le titre de jurisconsulte de France& de Germanie, & qui le méritait fans con-tredit : mais il ne sied pas á tous ceux quiont quelque connoissance du droit , de s’c-riger en jurisconsulte ; c’est au public éclairéà déférer ce titre à ceux qu’il en jugedignes.

Le premier & le plus célébré de tous lesjurisconsules , fut Moïse envoyé de Dieu,pour conduire son peuple, & pour lui trans-mettre ses lois.

Les Egyptiens eurent pour jurisconsultes& législateurs trois de leur princes , savoirles deux Mercure & Amasis.

Minos donna des lois dans Pile de Crete;mais s’ìl est glorieux de voir des rois au nom-bre des jurisconsultes , il ne Test pas moinsde voir des princes renoncer au trône pouríe consacrer entièrement à l’étude de la ju-risprudence , comme fit Lycurgue , lequel,quoique fils d’un des deux rois de Sparte ,préféra de réformer comme concitoyen,ceux

qu’il auroit pu gouverner comme roi. II alla