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Jurisprudence féodale c’est l'u-sage que l’on suit dans la décision des ques-tions concernant les fiefs. (-^)
Jurisprudence militaire * c’estl’aífembîage des lois & des réglés que l’onfuit pour la discipline des gens de guerre.Voye\ Code militaire. {A)Jurisprudence moyenne , juris-prndent/a média , est celle qui tient le mi-lieu entre l’ancien usage & le dernier étatde la jurisprudence. Justinien dans le §. 3aux institûtes de legitimâ agnacorum suc-cejjione , appelle de ce nom les réponses desjurisconsultes qui formoient une partie dela jurisprudence romaine , & il en donne laraison au même endroit ; savoir, que cettejurisprudence des jurisconsultes étoit legeduodeçim tabuLirum junior , imperiali au-tem dispositione anterior. ( A )
JURISTE, f. m. ou LÉGISTE , ( su-ri sp ru d. ) signifie en général quelqu’un versédans la science du droit & des lois ; pré-sentement , on n’applique plus guere cettedénomination qu’aux étudians en droit.Voye\ Jurisconsultes o« Légistes.(A)
IVROGNERIE , f. f. {Morale.) appétitdéréglé de boisions enivrantes. Je conviensque cette forte d’intempéranee n’est ni oné- 1rente, ni de difficile apprêt. Les buveursde profession n’ont pas le palais délicat ;», leur fin, dit Montagne , c’est l’avaler», plus que le goûter; leur volonté est plan-„ tureuse & en main ». Je conviens encoreque ce vice est moins coûteux à la cons-cience que beaucoup d’autres ; mais c’estun vice stupide , greffier , brutal, qui trou-ble les facultés de l’ame, attaque & ren-verse le corps. II n’importe que ce soit dansdu vin de Tockai ou du vin de Brie quel’on noie fa raison ; cette différence dugrand seigneur au savetier ne rend pas levice moins honteux, Auffi Platon , pour encouper les racines de bonne heure , privoitïes enfans , de quelque ordre & conditionqu’ils fussent, de boire du vin avant la pu-berté , L il ne le permettoit à l’âge virilque dans les fêtes & les festins ; il le défendaux magistrats avant leurs travaux aux af-faires publiques, & à tous les gens mariés,la nuit qu ils destinent à faire des enfans.
J1 est vrai néanmoins que l’antiquité n’a pas
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généralement décrié ce vice , & qu’elîe enparle même quelquefois trop mollement.La coutume de franchir les nuits à boire ,régnoit chez les Grecs , les Germains & lesGaulois ; ce n’est que depuis environ qua-rante ans que notre noblesse en a raccourcisingulièrement l’usage. Seroit-ce que nousnous sommes amendés ? ou ne seroit-cepoint que nous sommes devenus plus foíbles,plus répandus dans la société des femmes ,plus délicats , plus voluptueux ?
Nous lisons dans Phistoire romaine , qued’un coté L. Piton, qui conquit la Thrace,& qui exerçoit la police de Rome avec tantd’exactitude ; & de Pautre , que L. Cossus,personnage grave , se laistòient aller tousdeux à ce genre de débauche , fans toute-fois que les affaires confiées â leurs foins ensouffrissent aucun dommage. Le secret detuer César fut également confié à Caffiusbuveur d’eau , & à Cimber qui s’enivraitde gaieté de cœur ; ce qui lui fit répondreplaisamment, quand on lui demanda s’ilJ agréoit d’entrer dans la conjuration : « que» je portaííè un tyran, moi qui ne peut» porter le vin ».
II ne faut donc pas s’étonner de voir sou-vent dans les poètes du siecle d’Augustel’éloge de Bacchus couronné de pampre,tenant le thyrse d’une main, & une grappede raisin de Pautre. Un peu de vin dans latête , dit Horace, est une chose charmante ;il dévoile les penlees íecretes ; il met laposseffion à la place de P espérance ; il ex-cite la bravoure ; il nous décharge du poidsde nos soucis ; & fans étude , il nous rendsavans. Combien de fois la bouteille de sonsein fécond n’a-t-elle pas versé Péloquencesur les levres du buveur ? Combien de mal-heureux n’a-t-elle pas affranchi des liens dela pauvreté ?
Operta recludit,
Spes jubé t esse ratas , ad prcelia. truditinerte m ;
Sollicitis animis anus eximit, addocctartes , &c.
Ep. V. lib. I. v. 16.
Si ces idées poétiques font vraies d’uneliqueur enivrante qu’on prend avec modé-ration , il s’en faut bien qu’elles convien-