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Tome dix-neuvième.
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n*nt aux excès de cette liqueur. La vapeurlégere qui jette la vivacité dans l’esprit,devient par l’abus une épaisse fumée quiproduit la déraison, l’embarras de la langue,le chancellement du corps , Pabrutissementde l’ame, en un mot les effets dont Lucrècetrace le tableau pitoresque d’après nature ,quand il dit :

Consequititr gravitas membrorum , prœpe-diuntur . j

Crura vacillanti ; tardescit lingua , madet

Nant oculi ; clamor , Jinsultus 3 jurgiagliscunt.

Ajoutez le sommeil qui vient terminerla scene de ce misérable état, parce quepeut-être le sang se portant plus rapidement au cerveau , comprime les nerfs , &suspend la sécrétion du fluide nerveux ; jedis peut-être , car il est très-difficile d’assi-gner les causes des changemens singuliersqui naissent alors dans toute la machine.Qu’on roidisse fa raison tant qu’on voudra,la moindre dose d’une liqueur enivrante suf-fit pour la détruire. Lucrèce lui-mêmebeau philosopher , quelques gouttes d’unbreuvage de cette espece le rendent in-sensé : eh ! comment cela ne seroit-il pas ?L’expérience nous prouve si souvent quedans la vie l’ame la plus forte étant de sensfroid , n’a que trop à faire pour se tenir furpié contre sa propre foibleíse.

Le philosophe doit toutefois distinguerVivrognerie de la personne , d’une certaineivrognerie nationale qui a sa source dans leterroir , & à laquelle il semble forcer leshabitans dans les pays septentrionaux.~ lVr °gnerie se trouve établie par toute la^- a ? S proportion de la froideur &du climat. Passez de l’équa-í, eu 1 qu a notr e pôle , vous y verrezLí - r . ie J^gmenter avec les degrés de

latitude ; passez du même équateur au pôleoppose , vous y trouverez l 'ivrognerie allervers le midi , comme de ce cóté-cí elle

avoit été vers le nord.

II est naturel que là où le vin est contraireau climat, & pat conséquent à l a santé ,F excès en soit plus severement puni qu,_dans les pays où. Y ivrognsrìc 2 psu de mau-

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vais effets pour la personne, où elle en apeu pour la société , où elle ne rend pointles hommes furieux , mais seulement stu-pides ; ainsi, les lois qui ont puni un hommeivre , & pour la faute qu’il commettoit, &pour l’ivresse , n’étoient applicables qu’à1 , ivrognerie de la personne, & non à l’ ivro-gnerie de la nation. En Suisse , Yivrognerien’est pas décriée ; à Naples , elle est en hor-reur ; mais au fond laquelle de ces deuxchoies est la plus à craindre , ou Pintempé-rance du fruste , ou la réserve de l’italien ?

Cependant cette remarque ne doit pointnous empêcher de conclure que Y ivrogne-rie en général & en particulier ne soit tou-jours un défaut, contre lequel il faut êtreen garde ; c’est une breche qu’on fait à laloi naturelle , qui nous ordonne de conser-ver notre raison ; c’est un vice dont l’âgene corrige point, & dont l’excès óte toutensemble la vigueur & P esprit , & au corpsune partie de ses forces. {D. J.)

IVROIE , f. f. ( Botan. ) Yivroie , engrec «/pet , en latin lolium , fait dans lesystème botanique de Linnaeus un genre deplante particulier , dont voici les caractèresdistinctifs. Le calice est un tuyau contenantles fleurs rassemblées en maniéré d’épis fansbarbe. La fleur est formée de deux segmens,dont l’inférieur est étroit, pointu , roulé ,& de la longueur du calice ; le segment su-périeur est plus court, droit, obtus , &creux au sommet. Les étamines font troisfils fort déliés , & plus courts que le calice jles bostettes des étamines font oblongues Jle germe du pistil est d’une forme turbinée ;ses stiles font au nombre de deux , chevelus& réfléchis. La fleur environne étroitementla graine : elle s’ouvre dans le temps conve-nable , & la laisse tomber. La graine est:une , oblongue, convexe d’un coté , appla-tie & sillonnée de P autre.

Les botanistes comptent quatre ou cinqespeces à'ivroie : mais nous ne décrironsque la plus commune , nommée simplementlolium ou lolium album , & par Tourne-fort , gramen loliaceum , spicd longiori.

Sa racine, est fibreuse avec des filamenstrès-fins ; fa tige est haute de deux ou troiscoudées , aussi épaisse que celle du froment,un peu plus petite , ayant quatre ou cinqnœuds qui poussent chacun une feuille %

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