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ne voit & n’envisage ni le rang , ni la qua-lité des personnes. Les Egyptiens faisoienrses statues fans tête , voulant signifier parce symbole , que les juges dévoient se dé-pouiller de leur propre sentiment, poursuivre la décision des lois.
Hésiode assure que la justice , fille de Ju-piter , est attache'e à son trône dans le ciel,& lui demande vengeance , toutes les foisqu’on blestè les lois & l’équite'. V r oye\ As-TR-liE , DlCÉ , ThÉMIS.
Aratus dans ses phénomènes , peint d’unstyle mâle la justice déesse , se trouvantpendant l’âge d’or dans la compagnie desmortels de tout sexe & de toute condition.Déjà pendant l’âge d’argent, elle ne parutque la nuit , & comme en secret , repro-chant aux hommes leur honteuse dégénéra-tion ; mai s I’âge d’airain la contraignit parla multitude des crimes , à se retirer dans leciel, pour ne plus descendre ici-bas fur laterre. Ce dernier trait me fait souvenir dubon mot de Bautru , à qui l'on montrouun tableau , dans lequel pour exprimer lebonheur dont la France alloit jouir , onavoit peint la Justice & la paix qui s’embras-soient tendrement : « ne voyez-vous pas,„ dit-il à ses amis , qu’elles se disent un„ éternel adieu »?(£)./.)
JUSTICE , ( Jurìspr. ) est une des quatrevertus cardinales : on la définit en droitune volonté ferme & constante de rendre àchacun ce qui lui appartient.
On la devise en deux especes : justicecommutative , & jujìice distributive. V’oy.ci-après JUSTICE COMMUTATIVE , &c.
Le terme de justice se prend aussi pourla pratique de cette vertu , quelquefois ilsignifie bon droit & raison; en d’autres occa-sions il signifie le pouvoir de faire droit i cha-cun , ou l’administration de ce pouvoir.
Quelquefois encore justice signifie le tribu-nal où l'on juge les parties, & souvent la justi-ce est prise pour les officiers qui la rendent.
Dans les fiecles les moins éclairés & lesplus corrompus , il y a toujours eu des hom-mes vertueux qui ont conservé dans le cœurl’amour de la justice , & qui ont pratiquécette vertu. Les sages & les philosophes enont donné des préceptes & des exemples.
Mais soit que les lumières de la raison nesoient pas également étendues dans toqs les
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hom'mesjsoítque la pente naturelle qu’íls ontpour la plupart au vice , étouffe en eux lavoix de la raison , il a fallu employer l’au-torité & la force pour les obliger de vivrehonnêtement, de n’offenser personne , Lcde rendre à chacun ce qui lui appartient.
Dans les premiers temps de la loi natu-relle , la justice étoit exercée fans aucun ap-pareil par chaque pere de famille fur sesfemme , enfans & petis-enfans , & fur sesserviteurs. Lui seul avoit fur eux le droit decorrection : fa puiílànce alloit jusqu’au droitde vie & de mort ; chaque famille formoircomme un peuple séparé, dont le chef étoittout-à-Ia-fois le pere , le'roi & le juge.
Mais bientôt chez plusieurs nations onéleva une puissance souveraine au-dessiis decelle des peres ; alors ceux-ci cesserent d’ê-tre juges absolus comme ils l’étoient aupa-ravant à tous égards. II leur resta néanmoinstoujours une espece de justice domestique ,mais qui fut bornée au droit de correctionplus ou moins étendu , selon l'usage de cha-que peuple.
Pour ce qui est de la justice publique , ellea toujours été regardée comme un attributdu souverain ; il doit la justice à ses sujets >& elle ne peut être rendue que parle princemême , ou par ceux fur lesquels il se déchar-ge d’une partie de cette noble & péniblefonction.
L’administration de la justice a toujourspara un objet si important, que dès le tempsde Jacob le gouvernement de chaque peu-ple étoit considéré comme une judicature.D un judicabit populum fuum , dit la Genè-se , ch. xlix.
Moïse , que Dieu donna aux Hébreuxpour conducteur & pour juge , entrepritd’abord de remplir seul cette fonction péni-ble ; il donnoit audience certains jours de lasemaine , depuis le matin jusqu’au soir ,pour entendre tous ceux qui avoient recoursi lui;mais la seconde année se trouvant acca*blé par le grand nombre des affaires , il éta-blit , par le conseil de Jethro , un certainnombre d’hommes sages & craignans Dieu ,d une probité connue , & sur-tout ennemisdu mensonge & de l'avarice, auxquels iîconfia une partie de son autorité.
Entre ceux qu’il choisit pouf juges , lesuns étoiçnt appçllés centiiripiif , parcs