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Tome dix-neuvième.
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dans son gouvernement. Sophie rappelfaNarsès à Constantinople , & joignant l’in-sulre à la disgrâce , elle lui manda qu’iî n’é-toit propre qu’à manier des fuseaux. Ce guer-rier offensé d’une raillerie qui lui rappelloiríà mutilation , lui manda qu’il ailoit lui our-dir une fusée qu’elle auroit bien de la peineà démêler. Les Lombards venoient d’enva-hir la Pannonie ; ce fut par ses conseilsqu’ils firent une invasion dans l’Italie dont illeur facilita f entrée. lis y fondèrent un em-pire qui subsista 204. ans depuis A’boín jus-qu'à Didier qui en sut le dernier roi. LesPerses ravagèrent en même temps les pro-vinces de rOrient ; Juflin , après avoir per-du Narsès , n’avoit plus de général à leuropposer , il étoir sujet à des accès de fréné-sie qui ne lui JaiíToient que quelques inter-valles de raison. Il mourut d’un maldepied,la onzième année de son régné, l’an 5 7 1 deJéfus-C hrist. ( T-jv. )

JUSTINE, f. f. C Commerce. ) monnoiede l’empire, qui vaut environ trente-íìxfols de France. Elle passe à Constantinople,& aux échelles du Levant pour les deuxtiers d’un asselani ; le titre en est moindred’un quart que celui des piastres févilla-nes , ce qui n'empêche pas le peuple de lesrecevoir dans le commerce.

JUSTINIEN, [Histoiredes Empereurs.)fils de la sœur de Juflin l’ancien , monta furle trône d’Orient après la mort de son on-cle. 11 e'toit né dans un village da la Darda-nte , de parens obscurs qui vivoient du tra-vail de leurs mains. Quoiqu’il paroisse queJustin l’avoit désigné son successeur quel-ques-uns lui reprochent de n’être monté surle trône que par l’assasfinat de Vitellien qui,sous le dernier régné , avoir joui de toutel’autorité dont il pouvoit abuser pour enva-hir l’empire. I! eut d’habiles généraux, Scfur-tout Béli faire & Narsès qui le firenttriompher en Orient & dansl’ltalie. Le pre-mier signala fa valeur contre les Perses dontil fit un grand carnage dans plusieurs com-bats. II les força de repasser l’Euphrate &de se resserrer dans leurs possessions. Béli—faire , pacificateur de l’Orient, entra dansConstantinople avec les honneurs du triom-phe. Ce grand capitaine fut ensuite employécontre les Goths qu’i! chassa de Rome dontils s’étoient emparés. Et après avoir détruitîeur domination^ dans l’Italie, il passa en

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Afrique contre lesVandàsqni furent pres-que tous exterminés. Gélimer , qu’il fit pri-sonnier , servit d’ornement à son triomphe.Tandis que Bélisaire rétabiissoit le calmedans la Mauritanie , Narsès , autre généralde Justinien , exterminoit les restes desGoths épars dans l’Italie. Justinien , par-tout triomphant par la valeur de ses géné-raux , voulut encore être le législateur del’empire. Les lois écoíent alors fans force &fans vigueur, parce qu’elles étoient igno-rées. Dix jurisconsultes furent chargés de lestirer de la confusion oh elles étoient tombées,& ce fut le savant Trébonien qui présida àleur travail. Tandis que l’empire triomphoitpar les armes d’habiles généraux, & queTordre étoit rétabli par la sageste des lois ,Justinien , fans génie & fans mœurs , se sai-si» t détester par ses vices. Il prit pour fem-me Théodora qui avoir monté fur le théâtre& qui s’étoit rendue moins célébré par sestalens que par les prostitutions. Sa nouvellegrandeur ne la rendit pas plus réservée. Sonmari dominé par elle, lui abandonna le soinde T empire. Les peuples asservis aux capri-ces de cette courtisanne, murmurèrent sansoser être rebelles. Les provinces gémirentfous le poids des impôts. Justinien devenuavare en vieillissant, accrédita les accusa-teurs qui supposèrent beaucoup de coupa-bles pour multiplier les confiscations. II semêla des contestations qui déchiraient lesein de Téglise , & s’étant laissé insister deserreurs d’Eutiches, il persécuta les ortho-doxes qui n’ont pas ménagé fa mémoire. IIsavoir qu’il étoit détesté , & cette idée , aulieu de le corriger, le rendit plus cruel. Lespapes Anastase , Silvestre & Vigile , ne pu-rent apprivoiser ce monstre farouche dontils essuyerent la persécution, Juftinién en-vironné d'ennemis & de mécontens , mourri1 t chargé de la haine publique à Page dequatre-vmgt-deux ans ; il en avoir régnétrente-deux. Ce fut dans son siecle que l’u-sage de la soie passa de la Perse dans laGrece.

Justinien Ií, surnommé le jeu*ne, étoit fils de Constantin Pogonat , dontil fnt le successeur à í’empire d’Orient en68$. 11 n’avoit que seize ans lorlqu il par-vint à Tempire. Son début fut marquépar des victoires dont il fouilla l’eclatpar les cruautés qu’il exerça contre scs