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Tome dix-neuvième.
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teindre en rougec’étoit pour ainsi dire lacochenille du Nord ; on y en faisoit des ré-coltes; mais ces récoltes moins abondantes,plus difficiles que celles de la véritable co-chenille , & qui donnent une drogue moinsbonne pour la teinture , ont été tellementabandonnées , que bien-tôt nous n’en con-noîtront plus Pusage que par les écrits des

savans. ,

C’est du moins ce qui est arrivé a biend’autres matières animales , qui fervoientautrefois à la teinture de pourpre , commeaussi aux insectes de la racine de pimpre-nelle , du lentisque , de la pariétaire , duplantain & de la piloselle, dont on ne parleplus. Le seul kermès du Languedoc se re-cueille encore , parce qu’on l’a ancienne-ment introduit dans deux préparations demédecine , qui , quoique très-médiocres envertu , subsistent toujours d’après les vieuxpréjugés. Nous ne manquons pas en pharma-cie d’exemples pareils ; toutes les prépara-tions guléniques font de ce nombre. (O. J.j

.<Observations furies propriétés du Kermèsdu nord.

C’est selon P observation CIV des Ephé-méridesdes curieux de la nature,par ledoc-teur Bernhardi de Bernitz , un insecte hé-miptere , petit , rond , un peu moins grosqu’un grain de coriandre , plein d’un sucpurpurin , & qu’on trouve adhérent, versla fin de juin, à la racine d’une espece derenouée ou de centinote , que Ray a nom-mée poligonum cocciferum incanum florimajori perenní , & que M. de Tournefort aregardée comme une espece de pied de lion,alchimilla gramineo folio , majore flore.Scleranthus perennis. Lmn. On en trouveaussi sur P argentine , le fraisier , la poten-tillaerecla , mais plus rarement.

Ce ^F e cochenille est aussi du genre desprogalhnsectes. Le mâle a été mqiins connuque la iemelle ; M. Bicker la décrit dans les'Transactionsphilos,pj t jq l[es ^ [ome /,//'/.Son corps & 1“ tête ont des taches d’unpourpre brun . ses ailes font blanches avecdes tac! es pourpres opaques. (/})

Selon M. Breyn, le polygonum est abon-dant dans le palatinat de Kiovse , voisin deFUI;raine , vers les villes de Lu.inow , Pi a -tka , Stobdyszce , & dans d autres lieux

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déserts ou sablonneux de I’Ukraine , de laPodolie, de la Volhinie , du grand duché deLithuanie,& même dans laPruíïè du côté deThorn. Les paysans & tous ceux qui en fontla récolte , savent que le polygonum nerapporte pas tous les ans ; la récolte manquer \j 0U u brique le temps est pluvieux &froid : ils savent aussi que c’est immédiate-

mentapres le solstice d’été , que le coccusest mur & plein d e son soc purpurin. Ils onea îa mam une petite bêche creuse , faite enforme de houlette & qui a un manchecourt ; d une main ils tiennent la plante *ils la levent de terre ; & avec l’autre main 'armée de cet instrument, ils en détachentces especes de fausses baies ou insectes ronds,& remettent la plante dans le même troupour ne pas la détruire : ils font cette ma-nœuvre avec une dextérité & une vitesseadmirables. Ayant séparé le coccus de faterre, par le moyen d’un crible fait exprès,; ils prennent foin d’éviter qu’il ne fe con-' vertiíse en vermisseau. Pour l’en empêcher,ils l’arrosent de vinaigre , & quelquefoisaussi d’eau la plus froide ; puis ils le portentdans un lieu chaud , mais avec précaution ;or. bien ils l’exposent au soleil pour le fairesécher & pour le faire mourir. S’ils étoientdesséchés trop précipitamment , ils per-draient leur belle couleur. Quelquefois ilsséparent ces petits insectes de leurs vésicu-les , en les pressant doucement avec l’ex-trémíté des doigts ; & ensuite ilsen sermentde petites masses rondes. 11 faut faire cetteexpression avec beaucoup d’adresse & d’at-tention ; autrement , le sec colorant seraitrésous par une trop forte compression , &la couleur pourpre se perdrait. Les teintu-riers achetent beaucoup plus cher cette tein-ture réduite en masse , que quand elle esteîreore en graines.

On lit aussi dans la même dissertation 'que quelques seigneurs Polonois , qui ontdes terres dans i’Ukraine , afferment avan-tageusement la récolte du coccus aux Juifs,& le font recueillir par leurs serfs ou leursvassaux ; que les Turcs & les Arméniens ,qui achetent cette drogue des Juifs , l’ern-ploient à teindre la laine , la foie , le cuir ,le marroquin , & les queues de leurs che-vaux ; que les femmes Turques en tirent lateinture avec le jus de citron ou du vin , &Tti