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Tome dix-neuvième.
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ble des particules nitreuscs & de principesvégétatifs , dont l’air & les vents dn nordtjui règnent dans cette saison , sont impré-gnés. La terre , ainsi soulevée , & ouverteen automne , est une éponge qui r.e perdrien des sels de l’air & des pluies ; ce quiJui vaut presqu’autant que le fumier : laneige sur-toutqui contribue si fort à engrais-ser la terre ( suivant le proverbe si connu :Nix qua caiit opimat terram ) , la pénétrébeaucoup mieux loríqu'ei-ie est ouverte &labourée j ell© s y insinue pluspiofòndfcmentque si cette superficie avoir été couverte d u-ne croûte dure & impénétrable. On ne peutpas révoquer en doute les bons effets de laneige fur les terres, quand on considéré quel’eau de neige est bien plutôt corrompue queJ’eau de fource;ce qui prouve qu’elJe contientbeaucoup plus de parties hétérogènes , hui-leuses & sujettes à la putréfaction , & parcela même , plus propres à la végétation ;c’est ce qui rend l’eau de la neige & despluies si féconde : c’est donc perdre volon-tairement les avantages de ces précieuses in-fluences , que de ne pas leur ouvrir le seinde la terre avant l'automne. Lorsque le solest dur & ferme , elles ne font que coulerfur la superficie , dont elle entraîne Jes par-ties végétales les plus déliées ; en forte que,loin d’y être utiles , elles amaigrissent &dépouillent le terrein qu’elles ne peuventpénétrer.

D’un autre côté , les racines des gazons& des mauvaises herbes étant retournées àl’air par les labours d’hiver , elles périssentpar les froids & les gelées , ainsi que lesœufs des inst ctes & vermifléaux qui y avoientété déposés ; la terre, nette de toutes herbesau printemps , ne s'épuisera pas , commecelle des guérets non retournés , en nour-rissant cette grande quantité de mauvaisesplantes qui la sucent, au détriment des grai-nes qu on y doit mettre , & qui souvent,lorsqu on retourne le guéret trop tard ,ont le temps de répandre leurs semencespour tapister la terre, pendant toute l’année,des sombres. ,

Le labour qn on nomme anthiver , rendles fui van s bien plus aises , les terres fortesse menuifent & deviennent bien plus meu-bles , que si elles étoient aftaislees par lespluies qui battent le tetrem lans le pénétrer,

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lorsqu’iî n’est pas ouvert par le foc ; au lieuque le chaume qu'on renverse soulevé la ter-re & en soutient les grossies mottes qui nes’affaissent qu’en se pulvérisant; en sorte quele gel , la neige & les pluies pénètrent &s’insinuent plus profondément , & pourris-sent le chaume qui sert d’engrais en ce cas.Si 1 on omet par négligence ce labour d’au-tomne, on fera obligé d’en donner plusieursautres pour remplacer celui-là, afin d’assou-plu la terre & dedetruire les mauvaises her-bes que le seul labour d’hiver auroitíàitpérir.Les méchantes graines gagnant une lois ledessus fur le froment, non-seulement elleslui dérobent la nourriture , mais encore el-les r étouffent faute d’air. II est donc bienintéressant d’en purger la terre par des la-bours frtquens , mais sur-tout à propos j &c’est cequ’opare merveilleusement le labourd’hiver.

Le plus grand avantage que l’on retired’anthiverner les terres, c'est que le secondlabour se trouvant pour lors au printemps ,le troisième précede de fort près les semail-les , an moyeu de quoi on évite de labourerpar la sécheresse & les chaleurs de Vête ; cequi est toujours nuisible, à cause de l’évapo-ration des principes volatils & des sucs de laterre , occasionnée par la chaleur , ainsi quenous Lapprend Hésiode, dans le plus ancienouvrage que nous ayons fur l’agricultnre.Zaterre , dit-il, remuée pendant les chaleursde l’éte\ efl toujoursJlérile. EtJlenhs tellustnedio versata sub aftu.

Cependant , comme il n’y a aucun axio-me ni aucune réglé fans exception , sur-touten fait d’agriculture, les terres fortes & com-pacles qui conservent trop long-temps Vhu-midité ^peuvent être labourées en été\ il faut,selon Virgile , que Le té poudreux les calci-ne : Pulverulenta coquat maturis solibusa ft as. Ces sortes de terres glaiseuses ne doi-vent jamais être labourées par la pluie , nilorsqu’elles font astèz mouillées pour se paî-trir & se corroyer ; car, au lieu de s’atténuerpar le labour , on n’en feroit que de fortesmottes qu’il feroit impossible de menuisierautrement que par plusieurs autres laboursdonnés en saison plus convenable. II ne fautdonc labourer ces sortes de terres qu’cntemps sec; c’est à elles que convient spécia-lement la maxime, Nudus ara , sere nuáus.