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Au contraire , îes terres lígeres & sanson-neuses, qui font sujettes à se hâler , ne doi-vent être labourées qu’après la pluie , pen-dant les brouillards , ou lorsque le temps estcouvert. La raison de cette dàrence , estparce que les labours faits en été dessèchent& atténuent, au lieu que ceux d’hiver en-grainent Sc humectent la terre,ensorte qu’ilsconviennent spécialement aux terreins secs,mouvans & légers, &c.
,11 faut encore éviter àe faire îes laboursd’hiver , avant la saison des pi nies, dansles terreins trop en pentes & dans les climatsoù les pluies sont fréquentes de abondantesdans certaines faisons, parce qu’alors leseaux ne manqueroient pas d’enlever toutesles molécules terrestres qu'elles trouveroientplus faciles à délayer & à entraîner , fi ellesétoient semées & labourées, sur-tout íi ellesne l’étoient que superficiellement de troisou quatre pouces seulement, suivant la mau-vaise méthode des laboureurs. En effet, lelabour d’hiver doit être profond , pour quePeau des pluies puisse pénétrer la terre & ydéposer les principes de fécondité dont elleest remplie.Sans cette précaution, les pluiesne font que battre la terre, couler prompte-ment fur la superficie,& en entraîner promp-tement avec elles les molécules végétablesplus légeres : ce qui ne peut manquer d’ap-pauvrir le terrein en fort peu de temps : lemême inconvénient arrive lorsque la terren’est pas labourée du tout.
Le premier labour qu’on donne pour lesbleds , s’appelle par quelques-uns entre - hi-ver , lorsqu’il est donné pendant cette sai-son : il s’appelle par d’autres guereter ou le-ver les guerets, lorsqu’ il ne so í’áit qu’au moisd’avril , ou plus tard ; mais c’est une négli-gence dont le cultivateur est bien puni parla stérilité des récoltes. Ce premier ouvragemanqué dans fa saison,influe sur tous les fui-vans : il vaudroit mieux ne laisser aucun re-pos à la terre, & la fatiguer par des récoltesannuelles,que de la laisser ainfi close & ferméeaux pluies d’automne & aux influences del’hiver & du printemps , pour n’ouvrir sonsein qu’aux chaleurs qui l’épuisent & la ren-dent stérile.
En vain les laboureurs & fermiers prétex-tent-, ls le besoin de laisser ls chaume fur laterre se plus long-temps qu’ils peuvent pour
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servir de pâture à leurs troupeaux ; outrequ’il vaudroit mieux nourrir leur bétail au; sec pendant l’hiver 6t la saison des plaies ,parce que les productions aqueuses & herba-cées des jachères, pendant les brouillards &la saison des pluies, sont plus propres à en-gendrer ia pourriture qu’à servir d’alímentJc’est que les bêtes blanches préféreroient en-core les racines qu’elles trouveroient plus fa-cilement dans le Jaboii 'é des jachères, & quiseroientune nourriture plus faine, plussobf-tantieuse & moins dangereuse que routes cesmauvaises herbes qui croissent fur les chau-mes & qui ont eu le temps d’y grainer,avantque le premier labour ne soit donné ; ensortequ’il ne fait qu’enterrer les graines des mau-vaises herbes , loin de les détruire. Outreque plusieurs de ces plantes reprennent desboutures comme les gramens, í’anonis, &c.la charrue qui les coupe dans la saison où laterre est en amour , ne sert qu’à les multi-plier, ce qui cause un dommage infini. II estdonc de la plus grande importance de don-ner ce premier labour appelle par les Latinsproscindere, avant ou pendant í’hiver ou im-médiatement après, si les circonstances ci-dessus exposées ne permettent pas de lefaireplutôt.
Le deuxieme labour qu’on nomme le bi-nage , & qui se fart ordinairement au prin-temps , étoit appelle par les anciens ojfrin-gere , parce qu’il servoit à briser les grossesmottes qui avoient été élevées par le premierlabour. Le terrein gazonneux & lié par lesracines des chaumes retournés lors du pre-mier labour,doit être ameubli par le second :on sent que celui-ci ne peut tomber que versles environs de la S Jean, lorsque le premier aété donné trop tard ; parce qu’il faut un moisou six semaines d’intcrvalle entre chaque la-bour pour qu’il soit ucde , & que la terre dudessous qui a été retournée ait eu le tempsde profiter des inflences. Dans ce derniercas, ce second labour donné dans le fort deschaleurs, doit être très-peu profitable , sur-tout aux terreins secs & légers ; les sols vola-tils qui s’en évaporent ne peuvent manquerde les appauvrir encore ; au lieu que fi lepremier labour avoir été donne avant l’hi-ver, le second se feroit au printemps &n’au-roit aucun de ces inconvéniens. 11 faut eneffet bien prendre garde que lors de ce so-