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Tome dix-neuvième.
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fchez luî ún sacrifice , ou _ qui avoit tué dugibier à la chaste , envoyoit d’ordinaire unepiece de sa victime ou de sa venaison à latable dont il Aoit membre.

11 n ’y avoir que deux occasions, fansmaladie , où il fût permis de manger chezfoi ■ lavoir , quand on étoit revenu fort tardde la chasse, ou qu’on avoir achevé forttard son sacrifice ; autrement il falloit setrouver aux repas publics ; & cet usage s ob-serva três-longtemps avec la derniere exacti-tude ; jusques-là , que le roi Agis , qui reve-noit de l’armée, après avoir vaincu les Athé-niens , & qui se íaisoit une fête de souperchez lui avec sa femme , envoya demanderses deux portions dans la salle, mais les po-le'marques les lui refusèrent.

Lesrois seuls , pour le remarquer en pas-sant , avoient deux portions ; non pas , ditXénophon , asin qu’ils mangeastènt le dou-ble des autres , mais afin qu’ils pussentdonner une de ces portions à celui qu’ilsjugeroient digne de cet honneur. Les enfansd’un certain âge assistoient à ces repas , &on les y menoit comme à une école de tem-pérance & d’instruction.

Lycurgue fit orner toutes les salles àmanger des images & des statues du Ris ,pour montrer que la joie devoir être un desastàisonnemens des tables , & qu’elle semarioit avec Tordre & la frugalité.

Le plus exquis de tous les mets que Tonfervoitdans les repas de lacédémone , étoitle brouet noir ; du moins les vieillards lepréféroient à toute autre chose. II y eut unroi de Pont qui, entendant faire T éloge dede ce brouet, acheta exprès un cuisinier deLacédémone pour lui en préparer à fa table.Cependant íl n’en eut pas plutôt goûté ,qu’il le trouva détestable ; mais le cuisinierlui dit : « Seigneur, je n’en fuis pas surpris,*> le meilleur manque à mon brouet, & jer> ne peux vous le procurer ; c’est qu’avant» que d’en manger, il faut se baigner dans„ PEurotas. „

Les Lacedemoniens , après le repas dusoir,s’en retournoient chacun chez eux fansflambeaux & fans lumière. Lycurgue le pres-crivit ainsi , afin d accoutumer les citoyensà marcher hardiment de nuit & su fort des

ténèbres. „. ...

Mais voici d’autres faits merveilleux de

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la législation de Lycurgue ; c’est qu’elle seporta fur le beau sexe avec des vues toutesnouvelles & toutes utiles. Ce grand hommese convainquit " que les femmes, qui par-» tout ailleurs sembloient, comme les fleurs" d’un beau jardin , n’être faites que pour„ l’ornement de la terre & le plaisir des,, yeux , pouvoient être employées à un,, PÌ US 7 poble usage , & que ce sexe , avili} , & oegrade chez presque tous les peuples,, du monde , pouvoir entrer en commn-,, nauté de gloire avec les hommes • par-,, tager avec eux les lauriers qu’il leurfai-„ soit cueillir , & devenir enfin un des„ puissans ressorts de la législation. ,,Nous n’avons, aucun intérêt à exagérerles attraits desLacédémoniennesdes siéclespastès ; mais la voix d’un oracle,rapportépar Eufebe , prononce qu’elles étoient lesplus belles de Tunivers ; & presque tous lesauteurs grecs en parlent fur ce ton ; ilsuffiroit même de se ressouvenir qu’Héleneéto t de Lacédémone. Pour Tamour d’elle ,Theséey vint d’Athènes, & Paris de Troye,assurés d’y trouver quelque chose de plusbeau que dans tout autre pays. Pénélopeétoit aussi de Sparte ; & presque dans lemême temps que les charmes d’Hélene yfaisoient naître des désirs criminels dansTame de deux amans, les chastes regardsde Pénélope y allumoient un grand nombred’innocentes flammes dans le cœur des ri-vaux qui vinrent en foule la disputer à Ulyste.

Le légillateur de Lacédémone se propo-sant donc d’élever les filles de Sparte au-deslùs des coutumes de leur sexe , leur fitfaire les mêmes exercices que faisoient leshommes , afin qu’elles ne leur fustènt pointinférieures, ni pour la force & la santé ducorps , ni pour la grandeur du courage.Ainsi destinées â s’exercer à la course à lalutte , à jeter le palet & à lancer le javelotelles portoient dés habits qui leur donnoienttoute T aisance nécessaire pour s’acquitter deces exercices. Sophocle a peint T habit desfilles de Sparte ; en décrivant celui d’Her-mione , dans un fragment que Plutarquerapporte : " il étoit très-court , cet habit,„ & c’est tout ce que j’en dois dire. ,,Lycurgue ne voulut pas seulement queles jeunes garçons dansaílent nuds , mais il‘ établit que les jeunes filles , dans certaines

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