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Tome dix-neuvième.
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îa religion les lois d’épargne & d’économie.Nous présentons aux dieux des choses com-munes , dìsoif nn lacédémonien , afín quenous ayons tous les jours les moyens de leshonorer,

U renferma dans un meme code politi-que les lois , les moeurs & les maniérés ,parcs que les lois & les maniérés représen-tent les mœurs ; mais en formant les ma-niérés il n’eut en vue que la subordinationà la magistrature , & l’esprit belliqueuxqu’i! vouloir donner à son peuple, Des genstoujours corrigeans& toujours corrigés, quiìnstruiloient toujours & étoient instruits ,également íìmples & rigides , exerçoientplutôt des vertus qu'il n’avoient des manié-rés : ainsi les mœurs donnerent le ton danscette république. L’ignominie .y devint leplus grand des maux , & la foibìesse le plusgrand des crimes.

Comme J’ufage de l’or & de l’argent n’estqu’un usage funeste , Lycurgue le proscri-vit sous peine de ía vie. II ordonna quetoute la monnoie ne íeroit que de fer & decuivre : encore Séneque est le seul qui parlede celle de cuivre ; tous les autres auteursne nomment que celle de fer ,'Lc même defer aigre , selon Plutarque. Les deniers pu-blics de Lacédémone furent mis en séquestrechez des voisins, & on les faifoit garder enArcadie. Bientôt on ne vit plus à Sparte nisophiste , ni charlatan , ni devin , ni diseurde bonne avanture ; tous ces gens qui ven-dent leurs sciences & leurs secrets pour del’argent, délogèrent du pays,à furent suivisde ceux qui ne travailloient que pour le luxe.

Les procès s’éteignirent avec l’argent :comment auroient-ils pu subsister dans unerépublique où il n’y avoir ni pauvreté nirichesse , Légalité chassant la disette , &l’abondance étant toujours également entre-tenue par la frugalité ? Plutus fut enfermédans Sparte comme une statue fans ame &fans vie ; & c’est la feule ville du monde oùce que l’on dit communément de ce dieuqu’d est aveugle , se trouva vérifié. Ainsi lelégislateur de Lacédémone s’assura qa’a-près avoir éteint l’amour des richesses , iltoarneroit infailliblement toutes les penséesdes Spartiates vers la gloire & la probité.II ne crut pas même devoir assujettir à au-gustes formules les petits constats entre par-

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ticuliers. 11 IaííTà la liberté d’y ajouter oiîretrancher tout ce qui paroîtroit convena-ble à nn peuple si vertueux & si sage.

Mais pour préserver ce peuple de la cor-ruption du dehors , il fit deux choses im-portantes.

Premièrement , il ne permit pas à tousles citoyens d’aîler voyager de côté & d’au-tre selon leur fantaisie , de peur qu’ils n’in-troduisissent à leur retour dans la patrie ,des idées , des goûts , des usages, qui rui-nassent l’harmome du gouvernement établi,comme les dissonances & les faux tons dé-truisent l’harmonie dans la musique.

Secondement, pour empêcher encore avecplus d’efficacité , que le mélange des cou-tumes opposées à celles de ces lois n’altérâsla discipline & les mœurs des Lacédémo-niens , il ordonna que les étrangers ne fus-sent reçus à Sparte que pendant la solem-nité des fêtes , des jeux publies & autresspectacles. On les accueilloit alorsdionora-blement , & on les plaçoit fur des sièges àcouvert, tandis que les habitansfe mettoientoù ils pouvoient. Les proxènes n’étoientétablis à Lacédémone que pour l’observa-tion de cet usage. On ne sit que rarementdes exceptions à la loi, & seulement en fa-veur de certaines personnes , dont le séjourne pouvoit qu’honorer l’état. C’est à cesujet que Xénophon & Plutarque vantentrhospitalité du spartiate Lychas.

11 ne s’agissoit plus que de prévenir dansl’intérieur des maisons , les dissolutions &les débauch js particulières , nuisibles à lasanté , & qui demandent ensuite pour curepalliative , le long sommeil, du repos , dela dicte > des bains & des remèdes de lamédecine , qui ne sont eux-mêmes que denouveaux maux. Lycurgue coupa toutes lessources à Pintemperance domestique, enétablissant des phidities , c’est-à-dire , unecommunauté de repas publics , dans des sal-les expresses , où tous les citoyens soroientobligés de manger ensemble des mêmesmets réglés par la loi.

Les tables étoient de quinze personnes ,plus ou moins. Chacun apportoit par moisun boisseau de farine , huit mesures de vin,cinq livres de fromage, deux livres & demie,de figues, & quelque peu de monnoie defer pour acheter la viande. Celui qui faisoic