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Tome dix-neuvième.
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jours entretenue par leurs héros,qui savoientbien que trop de prudence émousse la forcedu courage , & qu’un peuple n'a point Jesvertus dont il n’apas les scrupules. Aussi lesSpartiates toujours impatiens de combattre,se précipitoient avec fureur dans les batail-lons ennemis, & de toutes parts environnésde la mort, ils n’envisageoíent autre choseque la gloire. ,, .

Ils inventèrent des armes qui n croientfaites que pour eux ; mais leur discipline &leur vaillance produisoient leurs véritablesforces. Les autres peuples , dit Senecjue ,couroient à la victoire quand ils la voyoientcertaine ; mais les Spartiates couroient à lamort quand elle étoit assurée : & il ajouteélégamment, turpe est cuìUbet fugijse , fa-çon! í'trò délibérasse ; c’est une honte à quique ce soit d’avoir pris la fuite ; mais c’enestune à un lacédémonien d’y avoir feulementsongé.

Les étrangers alliés de Lacédémone , nelui demandoienc pour soutenir leurs guer-res , ni argent , ni vaisseaux , ni troupes,- ilsne lui demandoient qu’un Spartiate à la têtede leurs armées& quand ils l’avoient ob-tenu , ils lui rendoient, avec une entieresoumission , toutes fortes d’honneurs & derespects. C’est ainsi que les Siciliens obéi-rent à Gylippe , les Chalcidiens à Brasidas,& tous les Grecs d’Asie à Lyfandre , à Cal-licratidas & à Agésilas.

Ce peuple belliqueux représentoit tou-tes íes déités armées ; Vénus elle-mêmel’écoit : armatam Venerem vidit Lacede-mona P allas. Bacchus qui par-tout ailleurstenoit le thyrse à la main , portoit un darda Lacédémone. Jugez si les Spartiates pou-voient manquer d’être vaillan s. Us n’alloientjamais dans leurs temples qu’ils n’y trouvas-sent une espece d’armée , & ne pouvoientjamais prier les dieux qu’en même temps ladévotion ne réveillât leur courage.

U falloit bien que ces gens-là se fustèntfait toute, leur vie une étude de la mort.Quand Leomdaspoi de Lacédémone , par-tit pour se trouver a la défense du pas desTermopyles avec trois cens Spartiates, op-posés â trois cens mille Persans , ils sb dé-terminèrent íi bien a périr, qu avant de sor-tir de la ville , on leur fit des pompes funè-bres où ils assolèrent eux-mêmes, LeonidasTome

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est ce roi magnanime dont Pausanías préféréles grandes actions à ce qu’Achille fit devantTroie , à ce qu’exécuta l’Athénien Miltiadeà Marathon , & à tous les grands exemplesde Valeur de l’histoire grecque & romaine.Lorsque vous aurez lu Plutarque fur les ex-ploits héroïques de ce capitaine , vous ferezembarrassé de me nommer un homme quilui soit comparable.

Du temps de ce héros, Athènes étoit si

convaincue de la prééminence des Lace'dé-moniens , qu’elle n’hésita point à leur céderle commandement de l’armée des Grecs.Thémistocle servit sous Eurybiades qui ga-gna fur les Perses la bataille navale de Sala-mine. Pausanías en triompha de nouveau ála journée de Platée , porta ses armes dansl’Hellespor.t, & s’empara de Bysance. Leseul Epaminondas , Thébain , eut la gloi-re , long - temps après, de vaincre lesLacédémoniens à Leuctres & d Mantinée,& de leur ôter l’empire de la Grece qu’ilsavoient conservé l’espace de 730 ans.

Les Romains s’étant rendus maîtres detoute l’Achaïe, réimposèrent aux Lacédé-moniens d’autre sujétion que de fournir destroupes auxiliaires quand Rome les en solli-cíteroit.Philoílrateracontequ’ApoIîoniusdeTyane,qui vivoit fous Domitien , se renditpar curiosité à Lacédémone ,& qu’il y trouvaencore les lois de Lycurgue en vigueur. En-fin la réputation de la bravoure des Spartia-tes continua jusques dans le bas-empire.

LesLacédémoniens se conserverentl’estímedes empereurs de Rome , & élevèrent destemples â fhonneur de Jules-César & d’Au-guste de qui ils avoient reçus de nouveauxbiensai ts.Ils frappèrent austi quelques médail-les aux coins d’Antonin, deMarc-Aurele &de Commode.M. Vaillant en cite une de Né-ron, parce que ce prince vint f; signaler auxjeux de la Grece3 mais il n’ofa jamais met-tre le pié dans Sparte,à cause de la sévéritédes lois de Lycurgue,dont il n’eut pas moinsde peur , dit-on , que des furies d’Athènes.

Cependant quelle différence entre cesdeux peuples 1 vainement les Athéniens tra-vaillèrent à ternir la gloire de leurs rivaux& à les tourner en ridicule de ce qu’ils necuhïvoient pas comme eux les lettres & laphilosophie. 11 est aisé de venger les Lacédé-moniens de pareils reproches , & j’oserai

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