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bien moì-méme I’entreprendre si on ventme le permettre.
J’avoue qu’on alîoit chercher à Athènes& dans les autres villes de Grece,des rhéto-riciens, des peintres & des sculpteurs, maison trouvoit à Lacédémone des législateurs,des magistrats & des généraux d’armées. AAthènes on apprenois à bien dire, & àSparte à bien faire; là à se démêler d’un ar-gument sophistique & à rabattre la subtilitédes mots captieusement entrelacés ; ici à sedémêler des appas de la volupté & à rabat-tre d’un grand courage les menaces de la for-tune & de la mort. Ceux-là , dit joliment laMontagne, s’embesognoient après les paro-les , ceux-ci après les choses. Envoyez-nousvos enfans, écrivait Agésilaiîs à Xénophon,non pas pour étudier auprès de nous la dia-lectique, mais pour apprendre une plus bellescience , c’est d’obéir & de commander.
Si la morale & la philosophie s’expliquoientà Athènes, elles se pratiquaient à Lacédé-mone. Le spartiate Panthoidès le fut biendire à des Athéniens qui, se promenantavec lui dans le Lycée, l’engagerent d’écou-ter les beaux traits de morale de leurs phi-losophes : on lui demanda ce quïl en pen-sait ; ils sont admirables, repliqua-t-il,maisau reste inutiles pour votre nation , parcequ’elle n’en fait aucun usage.
Voulez-vous un fait historique qui pei-gne le caractère de ces deux peuples, le voi-ci: „ Un vieillard, au rapport de Plutarque,» cherchoitplace à un des spectacles d’Athè-„ nes& n’en trouvoit pojnt;de jeunes Athé-„ niens le voyant en peine, lui firent signe;„ il s’approche, & pont lors ils se serrèrent„ & se moquèrent de lui.- le bon homme„ faisoit ainsi le tour du théâtre toujours„ hué de la belle jeunesse. Les ambassadeurs„ de Sparte s’en appercurent, & austl-tór« placerent honorablement le vieillard au>5 milieu d’eux. Cette action fut remarquée» de tout le monde & même applaudie d’un7> battement de mains général : hélas ! s’é-„ ria le vieillard d’un ton de douleur , les„ Athéniens savent ce qui est honnête,mais„ les Lacédémoniens le pratiquent r> !
Ces Athéniens dont nous parlons abusè-rent souvent de la parole , au lieu que lesLacédémoniens la regardèrent tou j ours corn-ue Fimage de Faction. Chez eux il n’ctoiê
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permis de dire un bon mot qu'à celui quimenoit une bonne vie. Lorsque dans les af-faires importantes, un homme de mauvaiseréputation donnoit un avis salutaire , leséphores respectaient la proposition ; maisils empruntoient la vok d’un homme debien pour faire pastèr cet avis ; autrementle peuple ne l’auroit pas autorisé. C’est ainsique les magistrats accoutumèrent les Spar-tiates à se laislèr plutôt persuader par lesbonnes mœurs , que par toute autre voie.
Ce n’étoit pas chez eux que manquoiele talent de manier la parole : il régné dansleurs discours & dans leurs réparties unecertaine force , une certaine grandeur, quele sel attique n’a jamais su mettre dans toutel’éloquence de leurs rivaux. Ils ne se sontpas amusés, comme les citoyens d’Athénes,à faire retentir les théâtres de satyres & derailleries ; un seul bon mot d’Eudamidasobscurcit !a scene outrageante de l’Andro-maque. Ce lacédémonien se trouvant unjour dans l’académie, & découvrant le phi-losophe Xénocrate, déjà fort âgé , quîétudioit la philosophie , demanda quiétoit ce vieillard. C’est un sage , lui répon-dit-on, qui cherche la vertu. Eh quand doncen usera-t-il s’il la cherche encore , repartitEudamidas ? Mais auílì les hommes illustresd'Athènes étoient les premiers â préférerla conduite des Laçédémoniens à toutes lesleçons des écoles.
II est très-plaisant de voir Socrate semoquant à fa maniéré d’Hippias, qui luidisoit qu’à Sparte il n’avoir pas pu gagnerun fol à régenter ; que c’étoient des gensfans goût, qui n’estimoientni la grammaire ,ni le rythme ; s’amusant à étudier {'histoire& le caractère de leurs rois , Rétablissement& la décadence des états , & autres chosesde cette espece. Alors Socrate fans le con-tredire, lui fait avouer en détail l’excellencedu gouvernement de Sparte , le mérite deses citoyens , & le bonheur de leur vieprivée , lui laissant à tirer la conclusion deFinutilité des arts qu’il professoit.
En un mot l’ignorance des Spartiatesdans ces sortes d’arts , n’étoit pas une igno-rance de stupidité , mais de préceptes , &Platon même en demeuroit d accord. Ce-pendant malgré Faustérité de leur politique,il y a eu de très-beaux esprits sortis de La-