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Tome dix-neuvième.
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& en prenent à peu-près la figure, en sorte |que là seule inspection fait juger que ce sontde petits corps d’insectes , en quelque e'eat Iqu’ils soient ; ce sont eux qui donnent à la "lacque la teinture rouge qu’elle semble avoir;car quand elle en eít absolument dépouilléeou peu fournie , à peine en a-t-elle une lé-gers teinture. ,

Il parok donc que la lacque n’est qu’unesorte de cire , qui forme pour ainsi dire ìe ecorps de la ruche , & cette cire eít d une jbonne odeur quand on la brûle. Mais pource qui eít des petits corps qui font renfer-mes dans les alvéoles , ils jettent, en brû-lant , tine odeur désagréable , semblable àcelle que rendent les parties des animaux.Plusieurs de ces petit; corps font creux ,pourri ou moisis; d’amres font pleins d’unepoudre où l'on découvre,à l’aide du micros-cope , quantité d'msectes, longs , transpa-rens , à plusieurs pattes.

• On peut comparer la lacque qui et sules bâtons chargés d’aîvéoles , â fa cire denos mouches, & dire que fans les fourmis ilréy anroit point de lacque ; car ce font ellesqui prennent foin de la ramasser , de Ja pré-parer & de la travailler pendant huit moisde Tannée pour leur usage particulier , qmest la production & la conservation de leur 1 -petits. Les hommes ont aussi mis à prouecette lacque , en l’employant pour la belleteinture des toiles qui se faitaux Indes, poutîa belle cire à cacheter dont nous nous ser-vons , pour les vernis & pour la peinture.

On a établi diiiérentes sortes de largues.Premièrement, la lacque en branches , doncon peut distinguer deux especes ; une decouleur d’ambre jaune, qui porte des alvéo-les remplis de chrysalides , dont la couleurest grise , c'est la lacque de Madagascar :Fiacourt en a parlé le premier , & elle nemente aucune estime.

La seconde espe ce est d’une couleur plusobscure a j extérieur ; mais entièrementrouge , lorsqu’on regarde la lumière à tra-vers. Cette b~be couleur lui vient de ce queses alvéoles sont oten remplis , & q U e lesparties animales y etant en abondance , ontcommuniqué leur teinture a la cire à l’aidede la chaleur çu soleil. On peut dire quec’est la lacque dans fa maturité ; aussi Est-elle pesante , plus sorr;e & plus solide que

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la précédente ; c’est-ià îa h or. ne lacque.

Les Indiens , íùr-tout les hahitans dePetfgaîe , qui en connoiílènt tout le prix ,& combien les Européens i’estnnent , sontattentifs á fa préparation. Pour cet effet, ilsenfoncent en terre d 3 n s les lieux où se trou-vent ies insectes qui la forment, quantitéde petites branches d’arbres ou de roseaux,de la maniéré qu’on rame les pois en France.Lorsque ces insectes les ont couvert de lac-que , on fait paffer de î’eau par-dessus , &on la laisse ainsi exposée quelque temps ausoleil , où elle vient dure & seche tellequ’on nous l’apporte en Europe.

Cette gomme bouillie dans T eau avecquelques acides , fait une teinture d’un très-bcau rouge. Les Indiens en teignent cestoiles peintes fi sévèrement défendues, &U fort à la mode en France , qui ne perdentpoint leur couleur à Veau : les Levantins enrougissent aussi leurs marroquins. Elle doitêtre choisie la plus haute en couleur, nette,claire , un peu transparente , se fondant furle fou , rendant, étant allumée , une odeuragréable , & quand elle est mâchée tei-gnant la salive en couleur rouge.

Quelques autours de matière médicalelui attribuent les vertus d’étre incisive ,apéritive , atténuante , de purifier le sang ,u’cxcker les mois aux femmes , la transpi-ration & la sueur ; mai? ces vertus font fipeu confirmées par l ! expérience , que Tusagede cette drogue est entièrement réservépour les arts.

. La lacque en grain est celle que l’on afait pasler légèrement entre deux meules ,pour en exprimer la substance la plus pré-cieuse ; la lacque plate est celle qu’on gfondue & applatie sur un marbre : elle res-semble au verre d’antimoine.

Tout le monde sait que la lacque en grainest employée pour la cire à cacheter , domcelle des Indes est la meilleure de routesc’est de la bonne lacque liquéfiée & coloréeavec du vermillon. Les Indiens font encore.vec leur lacque colorée une pâte très-dure,d’un beau rouge , donc ils forment des bra-celets appeliés manilles.

Pour tirer la teinture rouge de la lacque,au rapport du P. Tachard , 011 la sépare de;branches , on la pile dans un mortier, onla jette dans de l’eau bouillante ; & quand

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