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l’eau est bien teinte , on en remet d’autre,jusqu’à ce qu’elle ne teigne plus. On faitévaporer au soleil la plus grande parue dePeau ; on met ensuite cette teinture epaiíîìedans un linge clair ; on 1 approche du feu ,& on l’exprime au travers du linge. Cellequi a passé la premiere est en gouttes trans-parentes , & c’est la plus belle lacque. Cellequi fort ensuite par une plus forte exprelíion,& qu’on est obligé de racler avec un cou-teau , est plus brune , & d'u n moindre prix.Voilà la préparation de la lacque la plussimple , qui n’est qu’un extrait de la couleurrouge que donnent les parties animales.
C’est de cette premiere préparation ,dont les autres qui se sont introduites de-puis par le secours de Fart, ont prises leurnom. De-Ià , toutes les lacques employéesdans la peinture, pour peindre en miniature& en huile , qui font des pâtes seches , sux-quelies on a donné la couleur de la lacque ,selon les degrés nécessaires pour la grada-tion des teintes,
Ce mot de lacque s’est ensuite étendu àun grand nombre d’autres pâtes seches , oupoudres de différentes couleurs, & teintesavec des matières bien différentes. Ainsi ,la la.cque fi.ne de Venise est une pâte faiteavec de la cochenille mesteque qui resteaprès qu’on en a tiré le premier carmin. Lalacque colombine , ou lacque plate , est unepâte qu’on préparoit autrefois à Venisemieux qu’ailleurs, avec des tontures deFécarlate bouillie dans une lessive de soudeblanchie avec de la craie & de l’alun. La lac-que liquide est une certaine teinture tiréedu bois de Brésil ; toutes ces lacques s’em-ploient dans la peinture & dans les vernis.
Divers chymistes, en travaillant la lacque,ont observé qu’elle ne se fond ni ne se liqué-fie point dans de l’huile d’olive , quoiqu’onles échauffé ensemble fur le feu ; l’huile n’enprend même aucune couleur , & la lacquedemeure au fond du vaisseau, en une subs-tance gommeuse , dure, cassante, grume-leuse , rouge & brune ; ce qui prouve en-core chimiquement que la lacque rÌQÏk pointune résine.
Les mêmes chymistes ont cherché curieu-sement à tirer la teinture de la lacque , &l’on ne sera pas fâché d’en trouver içi le
L AC
| meilleur procédé : c’est à Boerhaave qu’on' le doir.
Prenez de la lacque pure , réduiscz-Ia enune poudre très-fine , humectez-la avec dePhuile de tartre par défaillance , faites-enune pâte molle , que vous mettrez dans unmatras: exposez ce vaisseau sur un fourneauà une chaleur suffisante , pour sécher peu-â-peu la massa que vous aurez formée. Retirezensuite votre vaisseau , !aistèz-Ie refroidiren plein air , l’huile alkali ne se résoudra derechef ; remettez la masse sur le feu une se-conde fois, retirez une seconde fois le vais-seau , & réitérez la liquéfaction ; continuezde la même maniéré une troisième fois ,desséchant & liquéfiant alternativement, &vous parviendrez finalement à détruire laténacité de la gomme, & à la mettre en uneliqueur d’une belle couleur purpurine. Faitessécher derechef , & tirez la masse sechehors du vaisseau ; cette masse ainsi préparée& pulvensee, vous fournira îa teinture avecPalcohol.
Mettez-la dans un grand matras, versezdessus autant d’alcohol pur qu’il en fautpour qu’il surnage ; fermez votre vaisseauavec du papier ; remettez-le su r votre four-neau , jusqu’à ce que y ayant demeuré deuxtrois heures , l’alcohol
ou
commence a
bouillir ; vous pouvez le faire fans danger ,à cause de la longueur A de I’étroitesse ducol du matras. Laissez refroidir la liqueur,ôtez la teinture claire , en inclinant douce--ment le vaisseau que vous tiendrez bienfermé : traitez le reste de la même maniersavec d’autre alcoliol, & continuez jusqu’áce que la matière soit épuisée , &: ne teigneplus l’alcohol,
C’est par ce beau procédé qu’on peuttirer d’excellentes teintures de la myrrhe ,de l’ambre , de la gomme de genievre &autres, dont l’efficacité dépendra des vertusrésidantes dans les substances d’où on lestirera , & dans l’esprit qui y sera secrète-ment logé.
Ce même procédé nous apprend i°- C I° unalkali , à F aide de Fair & d’une chaleur di-gestive, est capable d’ouvrir un corps dense,& de le disposer à communiquer ses vertusà l’alcohol ; i°, que Faction de la déificationfur le feu & de la liquéfaction à l’air,faites alternativement, agit lut les parti#.